LA MOSQUEE ET LES IMAMS

1. FONDATIONS

La cité de Médina à Kaolack a été fondée dans les années 1929-1930 par Baye Niass lui même après qu’il ait décidé de quitté le quartier de Léona Niassène (fondé par son père). Il lui donna ce nom en hommage à la ville de l’envoyé P.S.L., qui a renommé Médina l’ancienne cité de Yathrib.
Il y émigra pour y consacrer ses journées et ses nuits aux travaux champêtres et à l’enseignement des sciences islamiques des sympathisants et compagnons ayant décidé de le suivre et de leur familles.
Les premières années furent très éprouvantes en raison de la pauvreté et du besoin dans lequel le Cheikh et les disciples résidaient.
L’édification et la construction de la grande mosquée de Médina a commencé en 1355 de l’hégire soit 1937, année de sa premmière sortie hors du pays pour raison de Spèlerinage à la Mecque.
L’apparence de la mosquée a constamment évolué au cours des décennies. Elle a ainsi connu de nombreux travaux de perfectionnement et une grande période d’agrandissement dans les années 50 et 60 sous l’égide de Cheikh Al Islam et après sa disparition.

Les travaux d’embellissement internes comme externes ont connu une grande avancée sous l’imamat de Cheikh Hassan Cissé (petit fils et Imam nommé par Baye Niass de son vivant). L’achèvement et l’ouverture officielle, sous la direction de Cheikh Ahmed Tidiane Cissé, est prévue en janvier 2010.

2. LISTE DES IMAMS DEPUIS 1935

CHEIKH IBRAHIMA ABDOULAYE NIASS,
SERIGNE ALIOU CISSE,
MUHAMMAD ZEÏNABOU NIASS,
CHEIKH OMAR TOURE,
EL HADJI OUSMANE FATY NIASS,
HASSANE KHADY NIASS,
CHEIKH HASSAN CISSE,
CHEIKH AKHIBOU IBRAHIMA NIASS,
CHEIKH MOUHAMMAD ALIOU CISSE,
CHEIKH OMAR GUEYE,

IMAM HASSAN CISSE

Hassan Cissé est né le 4 décembre 1945 à Kaolack. C’est à l’âge de 10 ans déjà qu’il mémorisa le saint Coran, avant de poursuivre ses études secondaires et de se rendre ensuite en Egypte où il obtient une licence en études islamiques et en littérature à Ain Shams.

Sa solide formation universitaire sera par la suite sanctionnée par une maîtrise en philosophie, obtenue en 1974 à Oxford, doublée d’une thèse de 3e cycle en études islamiques décrochée aux Etats-Unis. Son choix en tant qu’imam de la mosquée de Médina Baye a été concrétisé le 9 avril 1982, ce qui lui a valu d’ailleurs de se placer parmi les grandes figures marquantes de la famille Niassène qui incarne la tarikha Tidjanya.
C’est dans ce cadre-là que Cheikh Hassan Cissé a foulé le sol d’une grande partie de la planète : en Afrique, aux Etats-Unis, en Europe où il compte de nombreux disciples qu’il a lui-même converti à l’islam. Pour tous ceux qui l’ont connu et approché, imam Hassan Cissé était un bâtisseur de l’islam et s’investissait beaucoup dans les secteurs de l’éducation, de la santé, et également la lutte contre la pauvreté.

Avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), il a fait un long compagnonnage au front de la sensibilisation pour la survie de l’enfant. Il se distingue par sa plaidoirie au Nigeria qui fait atteindre au programme élargi de vaccination le taux couverture de 98 % dans une dizaine d’Etats de ce pays d’Afrique où, en dépit des directives des autorités de ce pays, les populations refusaient à vacciner leurs enfants.

Cet engagement en faveur de la santé de l’enfant lui vaut d’être désigné, le 14 mai dernier, ambassadeur pour la promotion santé de la mère et de l’enfant au Sénégal, pour une période de trois ans.

D’après les termes de références qui ont milité en faveur de sa nomination, l’imam Cheikh Hassan Cissé s’active depuis plus de 20 ans dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile qui touche les enfants de moins de 5 ans vulnérables face à la malnutrition et aux maladies contagieuses.

Il a fondé l’Institut islamique africain-américain qui est devenu une organisation non gouvernementale (Ong) en 1988 et dont le but est de promouvoir l’éducation, le développement durable, la protection de l’enfant. La création du village de Kossi Atlanta, à quelques encablures de Kaolack, sur la route de Passy, relève aussi de sa belle initiative et, aujourd’hui, le village est électrifié et doté d’une mosquée et d’un forage.

Et, plus récemment, le 18 juin 2008 dernier, en partenariat avec cette même Ong, imam Hassan Cissé permit au quartier religieux de Médina Baye d’être doté d’une radio sur la bande FM en fréquence 90.1. Il faut aussi ajouter à l’actif du défunt saint homme de Médina Baye l’institut islamique, doté d’une salle informatique pour les enfants avec Internet, lequel a pour objectif de lutter contre la mendicité ; la clinique « Shifa Al Asquan » pour aider les personnes démunies à accéder aux soins, mais aussi soulager les malades.

Cheikh Ahmed Tidiane Cissé, le petit frère de l’Imam Assane Cissé a hérité de la direction de la grande mosquée de Médina Baye. L’annonce a été faite par le porte-parole de la famille, Serigne Mamoune Niass, l’autre semaine. Cheikh Cissé, comme on l’appelle communément dans la cité religieuse a été à la tête du Commissariat général au pèlerinage à la Mecque pendant une année », écrivait Le Quotidien.

Désormais, il préside aux destinées de la mosquée de Médina Baye où il sera secondé par Serigne Akhibou Niass, qui est un fils de Baye Niass, Serigne Modou Cissé et Mahi Cissé, tous les deux, frères du défunt Imam et un fils de l’ancien khalife Serigne Aliou Niass.

« Je suis né à Médina BAYE le 22 septembre 1955 de Serigne Aliou CISSE et Fatimatou Zahara NIASS ( Fille aînée de Baye NIASS). J’ai entamé l’école coranique en 1962, mémorisé et récité le Coran en 1968 devant mon grand-père, Baye NIASS. Ce dernier m’a alors demandé de rester dans le Dahra (école) pour assister le maître d’enseignement coranique de l’époque. Deux ans et demi plus tard en 1971, il demanda à mon père Serigne Aliou CISSE de prendre en charge mon perfectionnement, et ce jusqu’en 1973. Toujours en 1973, Baye me récupéra, et pendant un peu plus de 3 (trois mois), poursuivit ce perfectionnement. Je suis la dernière personne que Baye a formé personnellement. Après moi, Baye n’a encadré personne. Ensuite il m’envoya au Caire pour intégrer le Collège d’Al Azhar. A la suite du test d’entrée, je fus intégré en classe préparatoire au Brevet. Je réussis brillamment mon brevet en me classant major. Baye en fut tellement fier qu’il en informa Imam qui se trouvait en France pour des soins. Il lui dit ceci « Cheikh m’a écrit pour me dire qu’il a réussi à son brevet et qu’il est sorti premier. Voilà la preuve que la formation de Médina Baye est de très haute facture. Les gens doivent comprendre qu’ils n’ont pas besoin d’aller ailleurs pour s’initier ».

« En 1981, j’obtenais ma licence à la faculté de théologie islamique de l’Université d’Al Azhar. De retour au Sénégal, je poursuivis, avec Imam, l’œuvre de nos grand-pères et pères, à savoir particper au développement de l’islam. J’accompagnais Imam Assane partout et partageais toutes ses initiatives. Je fis une petite parenthèse en 1985 pour aller apprendre l’Anglais, aux Etats-Unis, pendant six mois. Nous faisions tout ensemble. C’est ainsi que lorsque le Président Abdoulaye décida de confier à la famille le Pèlerinage à la Mecque, c’est moi qu’Imam désigna pour cette charge. Nous avions une expérience de 10 (dix) ans dans le convoyage de pèlerins à la Mecque. Nous le faisions pour aider les pèlerins sénégalais. C’est notre frère Seydina qui se chargeait de l’encadrement à la Mecque. Je fus nommé Commissaire au Pèlerinage, en 2001. »