LE SOUFISME

Vient du mot « sof « qui signifie la laine dont été confectionné le vêtement de ces soufis, ce qui était pour eux une façon de réagir contre le luxe ostentatoire des dirigeants.
Plus profondément, le soufisme est né d’une réaction contre le formalisme et la dogmatique des tenants de l’orthodoxie, mais aussi contre la conduite répréhensible des chefs.
Cela amènera les premiers soufis à être persécutés, emprisonnés et souvent exécutés, dans la mesure où leur comportement risquait de perturber l’ordre public.
Pour lutter contre l ’aspect sclérosé, obtus et desséché d ’une religion dont les représentants officiels privilégiaient la lettre sur l’esprit, les soufis vont opposer à l’interprétation littérale et extérieure du texte – le zahir – une interprétation plus intérieure, mettant l’accent sur le sens caché – le batin. Ce sens caché doit être dévoilé – il y a de nombreux voiles- non par l’intelligence pure et le mental, mais par une approche sensible du texte, qui doit parler avant tout au COEUR.
Dans le CORAN, il est dit à propos des incrédules (sourate 22, verset 46) :
« Ce ne sont pas les regards qui sont aveugles, mais les coeurs qui sont dans les poitrines «
et le prophète Mohammed répondra lorsqu’on lui demandera s’il a vu Dieu :
« Oui, avec mon coeur « .
C’est grâce à ce coeur que les voiles qui cachent la Réalité Ultime, la Haqiqa, seront ôtés, un par un, au cours d’un voyage spirituel, qui devrait amener le soufi, le dernier voile disparu, à contempler Dieu, voire s’anéantir pour se fondre en lui. Toutefois, sans pour autant avoir une vision mystique du texte coranique, les soufis, et d’autres religieux, vont interpréter les textes, dans un sens où l’esprit domine la lettre.
Exemple : C’est ainsi que la sourate IX, est une sourate qui a fait couler beaucoup d’encre. D’une part bien qu’elle soit la 9e dans l’ordre coranique, elle est en fait la dernière qui a été révélée au Prophète, à un moment de sa vie où il était chef religieux mais aussi politique.
Cette sourate – parole de Dieu – enjoint aux croyants de tuer tous ceux qui refusent de devenir musulmans (exception faite des juifs et des chrétiens)
« Combattez les idolâtres totalement « Combattez les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition et que la religion soit toute à Dieu. »
Le soufi va interpréter ces phrases comme appelant à lutter contre nos mauvaises tendances jugées inférieures, nos passions, nos instincts et c’est cela qui sera le vrai, le grand Jihad.Ce terme, qui a fait couler beaucoup d’encre, connote l’idée d’un effort. Cet effort peut avoir pour but la lutte contre l ’infidèle, pour défendre l ’Islam si celui-ci est attaqué, et le Jihad sera synonyme de guerre sainte.Mais, pour les soufis, et de nombreux musulmans, le grand Jihad sera l’effort que le musulman entreprendra contre ses penchants, ses désirs, ses tentations.
C’est donc le coeur qui va être le siège de cette perception de la religion, et c’est sur le coeur qu’il faut agir pour y arriver. Cette interprétation mystique de L ’Islam a des origines nombreuses et controversées.

Certains chercheurs ont mis en avant l ’exemple des pères chrétiens du désert, d ’autres des éléments hindouistes, car il est vrai que lors de la conquête les troupes musulmanes sont entrées en contact avec cette religion. Certains ont même établi un parallèle entre les techniques du Yoga et celles utilisées par les soufis.

Ce qui est beaucoup plus certain, car là les textes existent, c’est la très nette influence des religions persanes sur les soufis musulmans de l’Iran, et le plus célèbre d’entre eux Sohrawardi.

Cela n’a rien d’étonnant, car cette nouvelle religion, lorsqu’elle était adoptée par des gens qui n’étaient pas arabes, était perçue à travers leur culture, leurs grilles de lecture, leurs schémas intellectuels et leur langue. Et il ne fait aucun doute que, tant l’Islam que le Soufisme ont été informés (au sens étymologique du terme) par le contexte culturel du pays.
A cela il faut ajouter que le CORAN possède des éléments ascétiques et mystiques. L’accent est souvent mis sur la pauvreté, la justice et la charité, et des mots comme ceux de lumière, de feu, et d’oiseau seront des supports de méditation pour les soufis. Il est souvent mentionné que la vie de ce monde n’est que de l’eau qui coule, alors que seul Dieu demeure. Cette permanence de Dieu, face à l’impermanence de l’être humain, est au cour de la tentative du soufi, qui voudra se perdre en Dieu.
« En vérité nous sommes à Dieu et en vérité nous retournons à lui « (2-156)
« N’est-ce pas à Allah que toute chose retournera ? « (10-56)
« Et vous serez ramenés à LUI « (11-123)
« O Toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée ! Entre parmi Mes serviteurs ! Entre dans mon paradis ! « (89- 27/30)

Le SOUFI, comme tout bon musulman se doit de respecter la CHARIA, même s’il doit ensuite, en dépasser le sens littéral pour donner la priorité à l’esprit. Ce mot signifie le chemin qu’empruntaient les bêtes qui rentraient des pâturages pour se rendre à l’abreuvoir. On voit très bien ici le symbole.
La Charia, si on la suit, sans le moinde écart, va mener à l’eau, source de vie dans le désert, c’est-à-dire la parole divine.

Mais tout en respectant scrupuleusement les obligations prescrites, pour être tout simplement un musulman qui obéit aux prescriptions divines, le soufi va s’engager sur une Voie, qui porte le nom de Tariqa (tariq : la rue), que les soufis disent être une voie d’amour, et qui doit leur permettre de réaliser l’Unité à laquelle ils aspirent.
Cette aspiration part de l’idée, vécue ou non, que l ’âme, en s ’incarnant, descend du monde de la lumière dans celui des ténèbres.
En descendant dans ce corps chargé de désirs, de passions plus ou moins louables, cette âme s’alourdit, elle devient dense et opaque.
Il lui est donc difficile de se détacher de sa glaise, et elle souffre car elle aspire à retourner au lieu d’où elle est partie.

Et lorsque le croyant prend conscience du côté illusoire de la vie et qu’il aspire à retourner à la lumière de l ’unité, c’est à ce moment que se situe l ’éveil. Cette prise de conscience peut se produire à différents moments, et dans diverses circonstances (souffrance, maladie, mort, etc..).
Il va s’adresser à un maître spirituel, un cheikh dont le but est de l’amener à la purification de son âme, à travers une série de stations, que l ’on appelle des « Maqamat », et à chaque station correspond un état psychique, ou « ahwal « .
Au bout de ce voyage spirituel, le soufi atteint le moyeu de la roue, qui est fixe, et qui représente DIEU, la Haqiqa (la réalité).
A ce stade, le « moi « disparaît « fana « pour rester en Dieu, c’est l ’état de « baqa « celui de la pérennité. La contingence s’annihile dans l’Etre qui est la seule réalité.

La TARIQA

Le disciple est donc rentré dans un ordre de soufis, dirigé par un maître, le morchid, et ce maître va le conduire d’étape en étape au but qu’il désire.
Il va passer par trois stades
a – novice, c’est le mourid
b – progressant, c’est le salik
c – parfait, c’est le kamil ou muhaqqiq
Cette progression peut s’étaler sur une vie entière. Les « maqamats « sont – en général – au nombre de sept :
1 – le repentir ou « tawba «
2 – le scrupule de conscience ou « wara’ «
3 – le renoncement aux biens de ce monde, même légitimes ou « zuhd « (ascèse)
4 – la pauvreté ou « faqr « (conséquence de la précédente. Mais certains ordres refusent la mendicité).
5 – supporter l’adversité ou « sabr «
6 – confiance en Dieu ou « tawakkul «
7 – l’agrément donné à tout ce qui arrive. Ce n’est plus seulement l’acceptation de l’adversité, mais dire que tout ce qui arrive est bien, bénéfique, car voulu par Dieu.
Toutes ces étapes peuvent durer un temps plus ou moins long et seul le chef de l’ordre soufi peut décider du moment où va commencer l ’étape suivante. C’est tout un travail de perfectionnement sous la direction du maître spirituel.
Le novice doit être formé à l’humilité, au remords de ses fautes, à faire silence, à jeûner.
C’est ainsi que dans certaines confréries soufies, dont celle des derviches tourneurs, on donnait au novice, afin de le mortifier et de le tester, un travail fatigant ou rebutant : balayer le plancher, nettoyer les latrines, réparer les chaussures etc. et cela durant sa « retraite « . En effet, certaines confréries imposent des moments de retraite à leurs novices, retraites qui peuvent durer quarante jours.
Il couche sans matelas, ni couverture, et s’il fait froid il a seulement le droit de ne pas se déshabiller..Les repas sont pris en commun, et sont très frugaux.
Certains ordres vont même jusqu’à exiger de leurs adeptes une position inconfortable pour qu’ils n’aient qu’une envie, quitter la table le plus vite possible.

Entre le maître et le novice vont se tisser des liens très étroits, car ce maître n’est pas ce que l’on appelait à une époque en France un « directeur de conscience « .
Il n’est pas là uniquement pour enseigner une méthode, conformément aux aptitudes d’hommes aspirant à une vie spirituelle.
Il est aussi le transmetteur d’une Initiation, au sens fort du terme, d’une influence spirituelle dont il est le dépositaire, car il est un élément d’une chaîne qui remonte au prophète, et il va transmettre cet influx divin, ce don que l’on appelle la « baraka « .
Ce rite d’initiation est symbolisé par la remise au novice d’un manteau, et cela n’est pas sans faire penser à la prise de froc d’un moine. ou à d’autres rites initiatiques.
Un dicton dit que le novice doit être dans les mains de son maître comme le mort dans les mains du laveur.
Cela va induire une notion de fraternité entre tous les novices, fraternité indivisible due à des liens spirituels qui sont peut-être plus puissants que ceux du sang, tous ces hommes étant unis dans le même amour de Dieu, et au sein d’une Tariqa (ordre ou confrérie) ce sont les notions d’humanité, de fraternité, d’humilité et surtout de Tolérance qui vont prédominer.. mais aussi dans la vie quotidienne.

Il faut insister sur cette notion de tolérance, car l ’intolérance est le reproche le plus souvent entendu à propos de l’Islam.
Cela est normal car, pour un musulman orthodoxe qui a été élevé dans l’idée de la supériorité indéniable de sa religion sur les autres – elle EST la parole de Dieu qui annule toutes les religions précédentes – le prosélytisme est une attitude logique et morale. Pour un soufi, la vision est différente.
Tous les soufis, de par l’intériorisation de leur foi, ont parfaitement compris que si les religions sont différentes, elles ont toutes le même but, et c’est cela qui compte. Peu importe le sentier suivi si c’est pour se diriger vers le même sommet.

Cette attitude leur a souvent valu la colère et les critiques des tenants de l ’orthodoxie, comme Ibn Tammiya, au 14è siècle.
Le novice, avec l ’aide de son maître spirituel va donc tenter, à travers toutes les étapes mentionnées, qui constituent une ascèse, de parvenir à la Haqiqa.
Une image très fréquente dans la pensée soufie est celle du miroir, opaque et terni au début et que ces étapes vont peu à peu nettoyer jusqu’à ce qu’il soit net, exempt de toute souillure.
Le coeur – car c’est lui le miroir, et non le mental – pourra alors refléter l’image de Dieu. Il est évident que cette netteté représente l’intégrité morale.

Le travail principal auquel les soufis doivent s’astreindre a lieu lors de séances de méditation durant lesquelles le murid ou novice va apprendre les techniques nécessaires pour atteindre l’état d’union à Dieu auquel il aspire.

La plus importante, et qui existe dans tous les ordres soufis, est le DHIKR, c ’est à dire la répétition incessante de la moitié de la chahada, ou du mot Allah. Le DHIKR

Le DHIKR

l’église orthodoxe, ou le membustu japonais.
Le nombre de « re-citations « varie selon l’état du novice, et un chapelet de 99 grains (les 99 noms du prophète) peut l’aider.
Il est évident que prononcer la même formule, voire le même mot, durant des heures, et souvent en accélérant la prononciation, nécessite une technique du souffle très particulière, ce d’autant que cette récitation n’a de sens que si elle est accompagnée de l’intention « droite « , c’est à dire qu’elle ne doit absolument pas devenir un automatisme.
Il faut une attention constante du coeur sur l’Objet mentionné dans la formule. Toute sensation ou imagination doit être exclue Cette discipline du souffle s’accompagne d’une gestuelle appropriée, ainsi que d’une manière particulière de prononcer le Dhikr.
C’est ainsi qu’il faut être assis sur le sol, jambes croisées, les genoux levés, bras autour des jambes, la tête baissée entre le genoux et les yeux fermés.
L’assise est aussi celle de l’âme qui doit faire face aux perturbations des sentiments, des instincts, des désirs. Les deux genoux sont le Coran et la Sunna que le croyant serre entre ses bras pour s’en pénétrer et s’assurer de leur présence, la tête est baissée en direction du coeur, et les yeux sont fermés pour que aucune distraction extérieure ne vienne s’interposer.

La illaha : « Il n’y a pas d’autre divinité « on relève la tête vers la droite et à ce moment on prononce illa « si ce n’est « très fortement car il faut que cette négation se grave dans tout le corps puis on baisse la tête et l’on prononce le nom Allah, « DIEU « énergiquement, en face du coeur..

Le DHIKR est donc une intériorisation, une réalisation intime du dogme de l ’absolue transcendance de Dieu. Aucune autre divinité ne peut lui être associée, mais lorsque le soufi affirme cette transcendance, il ne fait pas uniquement allusion aux divinités païennes du monde arabe avant l’Islam, mais aussi à toutes les « divinités « dont l’homme risque d’être l’esclave : le pouvoir, la puissance, la gloire, l’argent, le sexe etc.
Lorsque cette récitation a pénétré le coeur de celui qui prie, il passe au seul nom d’Allah, et la gestuelle va changer. Puis à Huwa (LUI), et les deux syllabes qui constituent ce mot vont petit à petit ne plus être audibles pour laisser place au seul bruit du souffle.
Car dans ce souffle qui est celui de Dieu créateur du monde, le soufi va abolir son identité.
Il s’annihile et atteint le « fana’« .
Il faut préciser que, au fur et à mesure que se poursuit cette récitation, tous les soufis font état de phénomènes visuels qu’ils interprètent comme étant une lumière divine.
Ce dont il faut se souvenir est que l’être humain, dans cette vision musulmane, comme dans la perception orientale de l ’être humain, est composé d’une âme et d’un corps, mais aussi d’un souffle.
L’âme, en arabe « nafs « , est la psyché, l’âme charnelle, pleine de désirs Jism, le corps et le souffle, ruh, l’esprit divin.

Un problème se pose avec le Dhikr collectif. En effet, technique du souffle, rythme respiratoire et gestuelle, pratiqués par un groupe de personnes risquent de provoquer une transe qui n’a plus rien de comparable avec l’absorption en Dieu qui est le but final de la séance, et qui peut s’apparenter à une hypnose collective.
La pensée fondamentale du soufi est que le monde contingent n’est que le reflet manifesté de la seule essence divine, et l’esprit humain une émanation directe de l’essence incréée.
L’existence n’a donc aucune profondeur d’être et doit s’abolir (fana’) en Dieu qui seul perdure.
Il est évident qu’une telle interprétation du texte coranique était beaucoup trop éloignée des milieux populaires qui ressentaient eux aussi ce besoin d’une religion moins formelle et plus vivante, plus charnelle.

Toutes ces spéculations étaient beaucoup trop difficiles à comprendre, et l’on a assisté dans le monde musulman à la naissance des « confréries « . L’émergence de ces ordres soufis et de ces confréries est liée à l’éclatement du monde musulman au 13e siècle, lorsqu’il s’est morcelé en pays différents.
L’unité de la OUMMA a disparu, et l’on a assisté dans les régions nouvellement converties, à un retour des survivances, des modes de pensée, des traditions que l’islam orthodoxe avait occultés mais non effacés.

A ce retour d’une identité marginalisée, viennent s’ajouter des problèmes religieux ou politiques, car, et il ne faut jamais l’oublier – le monde contemporain en est un excellent exemple – toutes les contestations, toutes les révolutions, toutes les oppositions, ont pour origine une interprétation du texte religieux, la religion étant le seul terrain se prêtant à la contestation politique, dans la mesure où il n ’y en a pas d ’autre.
Fondamentalisme, intégrisme, islamisme etc., tous ces mouvements qui font parler d’eux en ces temps troublés ont une base essentiellement religieuse, mais orientée vers un but politique.
C’est ainsi que certaines confréries se sont disqualifiées, notamment au début du XXème siècle par leur compromission avec la colonisation, et d’autres par le fait que pour atteindre l’extase, tous les moyens risquent d’être utilisés, y compris les excitants ou même les stupéfiants.
On aboutit alors à des confréries qui n’ont de mystique que le nom, et qui s ’adonnent à des excès très spectaculaires, car leurs adeptes arrivent à une insensibilisation telle qu’ils sont capables de se brûler, de se meurtrir, sans manifester la moindre douleur.
Aïssaouas, Hamadchas, etc. Cela dit, on ne peut oublier l’une des manifestations les plus célèbres du DHIKR collectif : la danse cosmique des derviches tourneurs.
Bien entendu le mot danse ne doit pas faire sourire, car en fait il s’agit d’un office liturgique, dont chaque geste est symbolique et a une signification.
C’est Jalal ed Din Roumi qui l’a rendu célèbre, avec son maître, Shams de Tabriz. La danse est cosmique, car elle symbolise la ronde des sphères, et la musique est celle précisément de ces sphères.
Le corps du danseur est l’axe du monde, qui relie le ciel et la terre. il reçoit le flux divin, la grâce, par la main droite dont la paume est tournée vers le ciel, et il restitue cette énergie divine par la main gauche dont la paume est tournée vers le sol. Il est donc le réceptacle de cette énergie divine et il en est transformé.
Il tourne jusqu’à l’extase.
Avant de commencer à danser les derviches font trois fois le tour de la piste, ce chiffre 3 représentant les 3 étapes qui rapprochent de Dieu :
la science (charia),
la Tariqa, et enfin
la Haqiqa, l’Union.
Après les danseurs abandonnent leur manteau noir, comme s’ils se dépouillaient d’une peau, s’avancent vêtus de blanc, signe d’une renaissance, et se mettent à tourner au son de la flûte.
A Konya, lorsque l’on entre dans le mausolée de Rumi, on peut lire la phrase suivante :
« Viens, qui que tu sois, croyant ou incroyant, viens ; c’est icila demeure de l’espoir « tien Il est un temple pour les idoles Il est la « kaaba « du pèlerin Il est la table de la loi de Moïse Il est le Saint Coran Ma religion est l’amour De quelque côté que se tournent mes montures L’AMOUR est ma religion et ma foi..