Allah Exalté soit Il a dit : «C’est lui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver (et de savoir) qui de vous est le meilleur en œuvre, et c’est Lui le Puissant, le Pardonneur»

 

I. CONDUITE À TENIR DEVANT UN AGONISANT

A. lorsque la personne est sur le point de mourir il est souhaitable :

a) de lui faire répéter la formule «lâ ilâha illal-lâh»;

Les proches du mourant doivent l’aider très doucement à témoigner une dernière fois l’unicité divine.S’il ne parvient pas à le dire, ceux qui sont prés de lui la diront à voix basse, suffisamment audible au mourant afin qu’il puisse s’en souvenir et la prononcer, même en son for intérieur.

Abî Sa’îd rapporte que le Prophète (saw) a dit : « Faites répéter à vos agonisants lâ ilâha illal-lâh ». Muslim

D’après Mu’âz Ibn Jabal le Prophète (sas) a dit : « Entrera au paradis toute personne dont la dernière parole (avant de mourir) est la lâ ilâha illal-lâh » Abû Dâwuda.

D’après Mu’âz Ibn Jabal le Prophète (sas) a dit : « Entrera au paradis toute personne dont la dernière parole (avant de mourir) est la lâ ilâha illal-lâh » Abû Dâwuda.

 

Attention : Les personnes présentes devront toutefois éviter d’être brutal dans leurs gestes et paroles afin de ne pas provoquer le rejet de la part du mourant, ce qui serait très dommageable pour lui.

b) de l’installer de telle manière que son regard porte vers La Qibla.

Le musulman mourant, doit au moment du trépas, être couché sur le côté droit, la plante des pieds tournée vers La Mecque (qibla).

En cas d’impossibilité, il est couché sur le dos, les pieds dirigés vers la Mecque (qibla)

B. Après le dernier souffle de vie de la personne, il faut :

a) lui fermer les yeux et lui serrer les mâchoires;

b) le déshabiller et le couvrir d’une seule couverture;

c) lui réciter la sourate Yâsîn si possible; [*]

d) mettre un poids léger sur le ventre pour qu’il ne gonfle pas (ou utiliser la réfrigération pour éviter la putréfaction) ;

e) remettre les membres à leurs positions anatomiques avant la rigidité cadavérique (pour faciliter le lavage) ;

f) le mettre sur un lieu surélevé.

D’après Ma’qal Ibn Yasârin, le Prophète (sas) a dit : « réciter la sourate Yâsîn à vos agonisants »

 

II. LA TOILETTE MORTUAIRE

A. Les morts que l’on ne doit pas laver sont :

le non musulman,

l’enfant mort-né de moins quatre mois de grossesse (fotus mort),

la personne ayant perdu les 2/3 de son corps,

le martyr tombé au combat (djihâd ou guerre sainte).

B. Qui doit faire le lavage mortuaire?

Il doit être pratiqué par un musulman majeur et sain d’esprit, connaissant le rituel du lavage mortuaire et imbu de discrétion. Celui qui procède au lavage doit être en état de purification majeure (ghusl) et mineure (wudû’). Le lavage d’un homme mort effectué par une femme et vice versa n’est pas permis. Mais la femme peut accomplir le rituel s’il s’agit de son mari, et le mari s’il s’agit de sa femme. Une mère peut également laver son fils jusqu’à l’âge de six ans.[1]

C. La toilette mortuaire proprement dite

Il serait suffisant de verser de l’eau sur le corps du mort[2], de sorte qu’elle touche toutes les parties du corps. Mais la manière préférable et la plus parfaite est la suivante :

1. formuler l’intention de procéder au lavage mortuaire,

2. Placer le corps du défunt sur un lieu surélevé, en position couché ou assise,

3. le dévêtir entièrement (sunna) et couvrir ses parties intimes (obligation),

4. presser délicatement le ventre et le bas-ventre du défunt [3],

5. laver ensuite les parties intimes en mettant sur sa main un gant de toilette,

6. laver toute saleté ou souillure (sang, etc.) sur le corps. On peut utiliser du savon ou autres désodorisants empiriques (feuilles jujubier) et du shampoing si besoin,

7. enlever les gants et opérer pour le défunt :

• d’abord les petites ablutions (wudû’), comme on le fait pour la prière (selon la sunna, celui qui lave un mort doit commencer par les membres concernés par les ablutions, et en premier ceux de droite.)

• puis les grandes ablutions (ghusl): [le corps est lavé de haut en bas une fois (obligation) avec de l’eau propre (sans savon ni parfum), en commençant, par la tête, puis la partie droite haute, la partie gauche haute, ensuite la partie droite basse, et enfin la partie gauche basse].

S’il y’a nécessité de laver encore le corps, on peut ajouter, en plus de ce premier lavage deux autres lavages (trois au total) sinon plus, en nombre impair, la dernière avec du parfum.

8. imprégner ensuite le corps de camphre ou autre, sauf pour le pèlerin décédé en état de sacralisation (Ihrâm).

9. oindre de camphre, de musc les parties de prosternation du corps (front, bout du nez, paumes, genoux, bout des deux orteils). On peut en mettre sur les autres parties du corps (barbe, oreilles, aisselles, régions inguinales et plis du corps).

10. Si le défunt est une femme, après avoir lavé ses cheveux, et si les cheveux sont longs, les tresser en trois et les mettre derrière la tête.

11. ne pas couper les ongles du défunt ni raser sa tête, ni raccourcir ses moustaches ou sa barbe, ni enlever les autres poils du corps.

12. l’essuyer avec une serviette pour éviter de mouiller les couvertures.

 

[1]- Si un homme accomplit l’ablution mortuaire d’un autre homme et la femme celle d’une autre femme, il leur est permis de voir le corps nu du défunt ou de la défunte, sauf les parties génitales.

Il est interdit de regarder le sexe du mort ou de la morte. Celui qui accomplit le rituel de l’ablution commet, en outrepassant cette interdiction, un péché capital, mais l’ablution ne perd pas pour autant sa valeur.

 

[2]- NB : Si on ne trouve pas d’eau pour laver le défunt, ou qu’il soit un homme parmi des femmes ou une femme parmi des hommes, on le purifiera à sec (c’est-à-dire on remplacera l’eau par le tayammum). Noter que dans ce cas le tayammum de la femme ne doit pas dépasser le poignet.

 

[3]- pour le débarrasser des souillures.

 

III. COMMENT COUVRIR UN MORT? [4]

Les couvertures doivent de préférence être de couleur blanche comme l’a enseigné le Prophète : « Enveloppez vos morts dans des linceuls blancs » (Ahmed). Elles doivent être suffisamment grandes pour couvrir tout le corps. Il est également recommandé que le tissu du linceul soit propre mais il n’est pas nécessaire qu’il soit neuf. Le Prophète (saw) a dit au sujet des linceuls : »N’exagérez pas (dans le choix) des linceuls, ils seront vite abîmés » (Abû Dâwuda)

Il est recommandé d’envelopper le mort dans un nombre impair de couvertures : 3, 5 ou 7.

Cependant une seule couverture peut suffire s’il n’y en a pas assez [5].

POUR L’HOMME, LE LINCEUL EST DE TROIS TISSUS (LIFÂFA) [6]

Utiliser trois grandes couvertures : [7]

1. superposer les trois couvertures avec la plus large en dessous (du moins proche au plus proche du corps)

2. mettre ensuite le mort à dos sur les couvertures et joindre les bras sur le ventre. Sinon faire passer les draps sous le corps.

3. boucher au préalable toutes les orifices avec du coton

4. Envelopper le corps comme suit :

o Le premier tissu: mettre le pan droit autour du corps, puis le pan gauche;

o Ensuite procéder de même pour les deux autres tissus.

 

Utiliser un Qamîs et deux tissus (lifâfatâni)

1. Façonner le qamîs comme suit: sur un morceau de tissu assez long (deux fois la longueur de l’épaule – jambes du mort) pratiquer une ouverture avec des ciseaux au milieu du tissu. Ne rien coudre.

2. procéder à l’introduction du qamîs.

3. envelopper ensuite le corps: mettre le pan droit du premier tissu autour du corps, puis le pan gauche; ensuite procéder de même pour le tissu restant.

Les tissus doivent dépasser la tête et les pieds.

. Utiliser un izâr, un ridâ’ et un tissu

 

1. Mettre un morceau de linceul pour couvrir le bas du corps à partir de la poitrine (izâr);

2. utiliser un second tissu pour couvrir le haut du corps (rida’);

3. enfin terminer avec le tissu restant en enveloppant le corps : mettre le pan droit autour du corps, puis le pan gauche.

Ce dernier tissu doit être une grande couverture dépassant la tête et les pieds.

Une fois la mise en linceul terminé, il faudra attacher les couvertures pour maintenir le linceul en place. On peut pour cela se servir de bandelettes que l’on noue. Ces nœuds ne devront être défaits que lorsqu’on introduit le corps dans la tombe.

 

Bandelettes de tissu pour maintenir le linceul

S’il y a plusieurs morts et que les couvertures ne suffisent pas, on peut mettre 2 à 3 dans une même couverture et les mettre dans la même tombe.

 

POUR LA FEMME IL FAUT AU MOINS CINQ (5) COUVERTURES :

Pour la femme, on utilisera trois tissus de la même manière que pour l’homme.

On pourra, si on le désire, ajouter une bande large de tissu pour maintenir la poitrine en cas de besoin.

Si l’on veut utiliser cinq tissus comme le préconisent certains, en plus d’une large bande de tissu pour maintenir la poitrine en cas de besoin, procéder comme suit:

o un premier morceau de tissu pour couvrir le bas du corps à partir du ventre (izâr);

o un deuxième tissu pour couvrir la tête (khimâr);

o un troisième tissu sous forme de (qamîs)

o enfin deux autres morceaux de tissu (lifâfatâni), chacun enveloppant tout le corps de la défunte, en commençant par le côté droit puis gauche.

 

IV. LA PRIERE FUNEBRE OU SALÂTUL JANÂZA

Il est absolument nécessaire de faire la prière funèbre devant le corps de tout musulman mort, même enfant, avant de le mettre au tombeau. S’il s’agit d’un enfant, il faut qu’il ait six ans révolus, et que ses deux parents, sinon l’un d’eux soient musulmans.

Au moment de l’office funèbre, la dépouille du défunt doit être placée devant l’imam et les priants derrière ce dernier qui s’orientera vers la qibla (la Ka’ba). La position du corps du défunt sera telle que, étendu sur le dos en face de l’imam, la tête sera tournée vers la droite et les pieds seront tournés vers la gauche de l’imam.

La prière funèbre se fait en assemblée, et exclusivement en station debout (pour celui qui en est capable). Elle comporte quatre takbîrât (Allâhu Akbar) et ne comprend ni inclinaisons, ni prosternations.

 

Les gens se mettent, de préférence, en trois rangées au minimum derrière l’Imam, qui se met à hauteur des épaules pour ce qui concerne la femme; et pour l’homme, au milieu du corps.

 

l’Imam formule alors l’intention de faire la prière mortuaire , ensuite il prononce le premier takbîr en levant les mains à la hauteur des oreilles [8]

puis il récite la Fâtiha

après le deuxième takbîr [9], il fait la prière sur le Prophète Muhammad (salâtu ‘alan-nabî)

après le troisième takbîr, il formule des invocations à Allah pour le défunt. On choisira une ou plusieurs des versions classiques enseignées par la Sunna. En voici un exemple qui a un large spectre puisqu’elle concerne, outre le défunt, tous les musulmans ; en plus, il n’y a pas de problèmes grammaticaux quant aux accords à faire et les pronoms à user, suivant qu’il s’agit ou non d’une femme, d’un homme, d’une assemblée ou d’un individu de sexe inconnu :

Allâhumma ighfir li hayyinâ wa mayyitinâ; wa kabîrinâ wa çâghîrinâ; wa zakarinâ wa unsânâ; wa châhidinâ wa ghâi-binâ.

Allâhumma man ah-yaytahû minnâ fah-yihi ‘alal islâm wa man tawaffaytahû minnâ fatawaffahû ‘alal Îmân. Allahumma lâ tahrimnâ ajrahû walâ tudillunâ ba’dahû.

«Ô Allah, pardonne parmi nous: les vivants et les morts; les adultes et les jeunes; les hommes et les femmes; les présents et les absents ;

Ô Allah fais vivre dans l’Islam toute personne parmi nous que Tu laisseras en vie; et fais mourir dans l’Îmân (la foi) toute personne parmi nous à qui Tu décideras de retirer l’âme.

Ô Allah ne nous prives pas de sa rétribution et ne nous voue pas à l’égarement après lui».

Après le quatrième takbîr, l’Imam termine la prière par le salut final (« As-Salâmu ‘alaykum ») qu’il prononce une seule fois, la tête tournée vers la droite.

Si l’on ne maîtrise pas cette prière, il est préférable de dire tout simplement :

«Allâhumma ighfirlahû war-hamhu» (s’agissant d’un homme)

«Allâhumma ighfirlahâ war-hamhâ» (s’agissant d’une femme)

Ce qui signifie: «Ô Allah, accordes lui Ton pardon et fais-lui miséricorde»

Lorsqu’il s’agit d’un enfant dire:«Allâhumma faj’al hu liwâlidayhi salafan wa ajran» qui signifie:

«Ô Allah! Qu’il soit pour ses parents une faveur anticipée et une rétribution»

NB: Le corps du défunt doit être placé dans la tombe du côté droit, de façon qu’il ait la face tournée vers La Mecque

 

V. LES CONDOLEANCES

Lorsqu’il rend visite à la famille éplorée pour présenter ses condoléances, le fidèle leur tient un discours qui va dans le sens de les apaiser en leur rappelant le tawhîd, les vertus d’endurance et de sérénité que dois avoir tout musulman devant n’importe quelle épreuve.

 

On trouve cette belle et pertinente formule dans le Sunna:

«Inna lillâhi mâ akhaza wa lahû mâ a’tâ, wa kullu chay-in ‘indahû bi ajalin musamâ fal taçbir wal tahtasib!»

 

«Certes à Allah appartient ce qu’Il prend et ce qu’il octroie ; Toute chose auprès de Lui, est soumise à un délai bien déterminé. Endures donc et aies espoir en la faveur divine!»

Puisse Allah nous guider dans Son droit chemin et nous conformer à ce qu’Il aime et agrée! Âmîn.

 

[4]- NB : On ne doit pas couvrir le martyr et on l’inhume avec ses vêtements. Quant au pèlerin en état d’ihrâm, on ne doit pas couvrir sa tête.

[5]- (Idrâj) enroulement sur tout le corps

[6]- Images tirés du : Résumé du livre : Les rites funéraires en Islam. Mostapha Brahami. Ed.Tawhid 2005(Lyon-France) ISBN: 2-84862-065-X

[7]- Les tissus doivent dépasser la tête et les pieds

[8]- Les mains sont posées sur la poitrine, celle de droite au dessus de la gauche

[9]- NB : l’Imam lèvera les mains à chaque fois qu’il prononce le Takbîr, et il stationnera au même endroit jusqu’au moment où la dépouille est levée (Rapporté par ‘Umar).