Mawlânâ Cheikh Ahmad Ibn Mohammad Ibn Moukhtâr at.-Tidjâni est né à Aynou-Mâdhi (Algérie), dans la nuit du 18 safar, en l’an 1150 (lundi 17 juin1737). Son père s’appelait Mohammad Moukhtâr et sa mère Ayshâ Bint Mohammad Sanoussi at.-Tidjâni. Sa famille paternelle appartenait à la branche des Maddawayi. A sept ans, le jeune Ahmad aura mémorisé les 114 sourates du saint Coran sous la conduite de Mohammad Ibn Hammou at.-Tidjâni, un maître de renom. Il apprit le droit musulman à l’école mâlikite et étudia les différents traités de jurisprudence auprès du connaissant d’Allah,le savant Mabrouk Ibn Boû’afiya Madawi at.-Tidjâni. Ahmad at.-Tidjâni était intelligent, pieux, modeste, assidu dans ses études et plein de volonté ; « tout ce qu’il entamait, il le terminait », soutenait son entourage. Un jour, en sortant de ses cours, devant lui, il vit une lumière qui montait jusqu’au ciel, puis le Prophète (sas.) apparut et lui dit : « Continue car tu es dans la vérité ! »

A maintes reprises, le Prophète (s a s) lui apparut tant à l’état de veille qu’en rêve. Mieux, la plupart du temps, Cheikh at.-Tidjâni se voyait sur un trône commandant des milliers de créatures. A 15 ans, il était mufti ou docteur de la loi. Sur une forte recommandation de ses parents, il contracta son premier mariage aux alentours de ses 16 ans ; mais cette union n’a pas fait long feu.C’est également à l’âge de 16 ans que, suite à une épidémie de peste, il perdit ses parents, le même jour. Les défunts furent inhumés dans une tombe commune. A 21 ans, il avait déjà fait le tour des savoirs livresques et tous les savants lui reconnaissaient déjà le titre très enviable d’«Océan du savoir. »C’est à l’état de veille que le Prophète Mohammad (sas.) lui confirma qu’il était son petit-fils en lui assurant : « Réellement tu es mon fils. »

Chaîne Généalogique

1. Fils de Mohammad
2. Fils de Moukhtâr
3. Fils d’Ahmad
4. Fils de Mohammad
5. Fils de Salim
6. Fils d’Abi-l’Ayid
7. Fils de Salim
8. Fils d’Ahmad Alwani
9. Fils d’Ahmad
10. Fils d’Ali
12. Fils d’Abbâs
13. Fils d’Abd-el-Jabbâr
14. Fils d’Idriss II
15. Fils d’Ishâq
16. Fils d’Ali Zeyn el Abidîn
17. Fils d’Ahmad
18. Fils de Mohammad Nafs Zakkiya
19. Fils d’Abd Allah Kâmil
20. Fils de Hasan Mouççanna
21. Fils de Hasan Moujtabâ
22. Fils d’Ali et de Sayda Fatoumata Bint Rasouloulâh (s a s)

INTRODUCTION

C’est également à l’âge de 21 ans, qu’il quitta Aynou-Mâdhi pour Fès (Maroc), siège de la grande Université-Mosquée Qarawiyyin. En un temps record, il acquit tous les titres académiques auxquels il aspirait. Malgré tout, cela ne le grisa nullement parce qu’il tenait à aller encore plus loin pour étancher sa soif de savoir. Il retourna à Aynou-Mâdhi, puis se rendit à Abid-Sîdi-Cheikh auprès de Sîdi Cheikh Ben ed-dîn, ensuite il séjourna à Tlemcen en 1768. Il avait alors 31 ans. Il y enseigna plusieurs années durant. Tout au long de son cursus initiatique, Cheikh Ahmad at.-Tidjâni aura embrassé six voies et rencontré d’éminents savants tels Mawlânâ Tayb Ibn Mohammad. Il a été Qâdr à Fès, nasri auprès du wali Sîdi Mohammad Ibn Abdallâh Tazani…Il a côtoyé le Pôle Sîdi Ahmad el-Habib Ibn Mohammad connu sous le nom de Ghamary Sejelmasi. Il fréquenta d’autres saints comme Sîdi Mohammed Ibn el-Hasan el-Wanjali, Sîdi Abou el-Hasan Chadili, Sîdi Abdallâh Ibn Sîdi Ibn Arbi ibn Ahmad du Waled Ma’am el-Andaloussi. A juste raison, il affirmait qu’il n’avait pas reçu son savoir que d’une seule personne, mais de tous ceux qu’il a rencontrés.

En 1773, Cheikh Ahmad at.-Tidjâni sentit le besoin d’accomplir le pèlerinage à La Mecque, cinquième pilier du culte islamique. C’est au cours de ce long périple que, dans les environs d’Alger, il s’initia à la voie Khalwatiya, auprès de Sîdi Mohammad Ibn Abd er-Rahman el-Azhari. Il séjourna une année en Tunisie où il enseigna les Hikam d’Ibn Ata Allâh. Sur son chemin, il s’arrêta au Caire et y rencontra le wâli, Sîdi Mahmoud al-Kourdiy, originaire d’Irak. Les deux saints eurent une discussion mystique au terme de laquelle Al-Kurdiy révéla à Cheikh at-Tidjâni que Dieu lui réservait une carrière exceptionnelle et qu’il serait même plus grand qu’al-Qoutbaniyal-ouzma. Cheikh at-Tidjâni poursuivit son voyage et arriva à La Mecque où il entra en contact avec Cheikh Sîdi Ahmad Ibn Abd Allâh el-Hindy. Ce dernier lui fit entendre ceci :
« Tu es l’héritier de ma science, de mes secrets, de mes
dons et de mes lumières. » A cette occasion, El-Hindy transmit
à Cheikh at-Tidjâni tout ce dont il disposait et rendit l’âme peu après.
Par la suite, Cheikh Ahmad at-Tidjâni joignit Madîna où il rencontra
Sîdi Mouhammad Ibn Abd el-Karîm Sâman.

Après une retraite spirituelle (khalwa) de trois jours, Cheikh Sâman lui donna d’autres merveilles dont Hizboul Bahri, Moussaba’ atoul ashri, Dawroul a’lâ etc…Cheikh at-Tidjâni y visita la tombe du Prophète Mouhammad (s a s) et retourna au Caire où Sîdi Mahmoûd al-Kourdiy lui transmit la voie Khalwatiya (basée en partie sur la Salâtoul Fâtihî dont la composition a été attribuée à Mouhammad el-Bakri), en lui délivrant le diplôme d’autorisation afin qu’il initiât et formât ses disciples à cette voie ; c’est ce wird que le Cheikh transmit en premier lieu à Mouhammad al-Mishriy qu’il rencontra vers 1768 et à El-Hâdj Aliy Harâzîm dont il fit la connaissance, en route de Fès, à Wadjda vers 1778.
D‘ailleurs, à propos de l’origine de la Salâtoul Fâtihî,
le Prophète (s a s) a révélé au Cheikh ceci :
« Salâtoul Fâtihî n’a pas été composée par El-Bakri,
mais ce dernier s’est orienté vers Allâh pendant une
longue durée (60 ans ?) afin que lui soit révélée la
prière (sur le Prophète) qui contient plus de mérite
que l’ensemble des autres prières et qui contient le
secret de l’ensemble des autres prières. Sa demande fut
longue mais exaucée. Un ange est alors venu à lui avec
cette prière écrite sur un écriteau de lumière. »

Cheikh at-Tidjâni lui-même a dit :
« Parmi les supplications, il en est une qui équivaut à
la récompense de la nuit du Destin telle que Sayfiyou,
or le Nom suprême équivaut à 36 millions de nuits du Destin ;
une seule fois le Nom Suprême équivaut à 6000 Salâtoul Fâtihî
et une Salâtoul Fâtihî équivaut à 6000 supplications telle que
Sayfiyou ; donc si tu multiplies 6000 par 6000, tu trouves 36
millions et cela concerne une seule récitation de Salâtoul Fâtihî. »

Cheikh at-Tidjâni a ajouté :
« Si les habitants des sept cieux et tous ceux qu’ils contiennent
et les habitants des sept terres et tous ceux qu’elles contiennent
se rassemblent pour décrire la valeur de Salâtoul Fâtihî,
ils n’en seraient pas capables… Car elle provient de l’invisible
sous cette forme et tout ce qui provient de l’invisible,
sa perfection est confirmée ; elle ne provient pas d’une composition écrite. »

Mawlânâ Cheikh a aussi déclaré :
« Salâtoul Fâtihî est une grâce divine qui ne laisse pas de place à la raison humaine.
S’il y’avait 100 000 communautés et que chacune soit composée de 100 000 tribus
et que chaque tribu soit composée de 100 000 hommes et que chacun de ces hommes
vive 100 000 ans en récitant chaque jour 100 000 prières sur le Prophète (sas)
autre que la Salâtoul-Fâtihî, et qu’on rassemble toute la récompense de ces
communautés durant toute cette période, on n’arriverait pas à la récompense
de l’évocation d’une seule Salâtoul Fâtihî. »
A ce propos, Cheikh Ahmad at-Tidjâni a enfin dit :
« …Une seule Salâtoul Fâtihi équivaut à toutes les évocations, toutes les formules
de glorification, toutes les demandes de pardon, toutes les implorations accomplies
dans l’univers, qu’elles soient petites ou grandes, le tout multiplié par 6000.»
Pour résumer, Cheikh Tidjâne soutient :
«Tout ce que vous avez entendu sur les mérites de cette salât comparé à ce qui est
resté caché est semblable à une goutte d’eau dans un océan… Le Prophète (sas) m’a dit :
Personne n’a prié sur moi qu’avec la Salâtoul Fâtihi. »

Quant à la Perle de la perfection ou Jawharatoul-kamâl, elle a été révélée par le Prophète (s a s) à Seydî Mouhammad Ibn ‘Arabi at-Tâzi ad-Damrâwi, un disciple et compagnon du Cheikh Ahmad at-Tidjâni (décédé en 1789-1790 à 28 ans). Les deux hommes se sont connus à Tlemcen vers 1782. C’est à Ad-Damrâwi que le Prophète dicta cette prière afin qu’il la transmît directement au Cheikh Ahmad at-Tidjâni qui en était le principal destinataire. De Jawharatoul-kamâl, nous dirons ceci :
• Celui qui la récite sept fois et plus, alors l’esprit béni du Prophète et des quatre califes râshidun viennent en sa présence tant qu’il l’évoque.
• Celui qui la récite régulièrement plus de sept fois, alors le Prophète l’aimera d’un amour particulier et il mourra en étant un wâli.
• Celui qui la récite avant de dormir, dans une pureté totale, sur un lit ou une natte propre, verra le Prophète.
• L’évocation d’une seule Jawharatoul équivaut en récompense à trois fois la glorification du monde entier.

En 1782, à l’âge de 46 ans, entre Challala et Abi-Samghour, le Cheikh eut sa grande ouverture, fat’houl’akbar. Il retourna au Maghreb, plus précisément dans le désert algérien et y resta de 1784 à 1798. Entre-temps, en 1786, il reçut du Prophète 100 lâ illaha illa lâh, ce qui compléta le wird qui devint alors le triptyque Takhalli, Tahalli, Tadjalli, substances s’appuyant sur le Coran :

A l’état de veille, le Prophète (sas.) lui annonça :
« Je suis désormais ton Initiateur, ton maître,
aucun être humain ne prétendra être ton initiateur,
il te faut par conséquent abandonner toutes les voies
auxquelles tu étais affilié précédemment ;
personne n’aura de reproche à te faire car c’est moi qui serai
ton intermédiaire auprès d’Allâh et aussi ton auxiliaire. »

Le Prophète lui recommanda la récitation de 100 Astagh firoulâh et 100 Salâtoul fâtihî limâ ouqliqa tout en lui disant :
« Prends cela et fais-en ta Voie. Quiconque la prend de toi entre
au Paradis avec ses deux parents, ses enfants, ses épouses et ses gendres,
sans être jugés ni châtiés. Et, ils habiteront avec moi au Paradis le plus élevé.
Tu es celui qui intercède pour tout pécheur qui dépend de toi.
Maintiens cette voie sans te retirer du monde, ni rompre avec
le commerce des hommes jusqu’à ce que tu atteignes la station spirituelle
qui t’est promise, tout en gardant ton état, sans grande gêne,
ni effort cultuel excessif. Passe-toi de tous les saints !»

Cheikh at-Tidjâni devint ainsi le dépositaire de la voie spirituelle du Prophète lui-même, voie renfermant toutes les autres voies. C’est la tarîqa Ahmadiyya-Mouhammadiyya-Ibrâhîmiyya-Hanifiyya pleine de grâces jusque-là jamais atteintes. Il obtint alors l’ordre de propager cette voie et d’initier tout musulman qui se présenterait à lui. L’évidence coranique est la suivante :
« Ô vous qui croyez, craignez Dieu et trouvez le moyen (wassila)
de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause,
peut-être serez-vous de ceux qui réussissent » 
5, V.35.
Cette ascension attira l’aversion de l’establishment turc et la jalousie de certains de ses compatriotes tant et si bien que le Cheikh dut partir du village d’Abi-Samghour, en Algérie, le 17 rabi’ awwal 1213 (mercredi, 29 août1798) pour Fez où il arriva dix-neuf jours après, c’est-à-dire, le 6 rabi çânî (lundi17septembre1798).
Son émigration au Maroc était définitive.
Sîdi Aliy Harâzîm entama la rédaction de Djawahiroul Mâni en 1798-1799. Conscient de la conformité de sa voie avec la loi islamique, Mawlânâ Cheikh Ahmad at-Tidjâni a tenu à dire:
« Si vous écoutez de ma part quelque chose, pesez-le avec la balance
de la chari’â (loi) ; si cela concorde, oeuvrez !
Si cela est en contradiction, délaissez-le ! » 
Le jour-même où il est arrivé à Fès, le Cheikh obtint sa grande station, celle du Khatmoul-wilâyati.

En 1799, à Arafat, il reçut le grade de Qoutbaniya al-ouzma ou Sceau de la sainteté. La même année, plus précisément, le 18 mouharram (dimanche 23 juin 1214) à 0 h 30mn, Dieu fit du Cheikh Son représentant sur terre et le vicaire du Prophète (s a s) dans la religion : c’est le grade de Qutb al-maktoum ; c’est-à-dire celui qui détient le décret de toute chose. Le verset 09 de la Sourate 42 nous y édifie :
«…Quoi ! Prendront-ils patrons en dehors de Lui ?
Mais Dieu, c’est Lui le patron (walîyou) et c’est lui qui donne la vie aux morts ;
et c’est lui qui est capable de tout. » Dans le même ordre d’idées, un hadith rapporté par Omar Ibn Ambassata affirme:
« J’ai entendu le Prophète (sas) dire:
« Je jure par la main droite du Miséricordieux,
et toutes Ses deux mains sont droites, il y a des hommes
qui ne sont ni prophètes, ni martyrs, cependant la lumière de
leurs visages éblouira ceux qui les regarderont et c’est à peine
si on les voyait à cause de (l’intensité) cette lumière.
Et les prophètes et les martyrs leur envient la magnificence de leur
position et leur grande proximité de Dieu Glorieux et Exalté ».
On lui demanda : O Prophète (sas) qui sont ces gens ? Il répondit :
« C’est une communauté issue de plusieurs races, qui se réunit pour mentionner
le Nom de Dieu et disant des paroles pures à l’odeur et au goût aussi agréables que la meilleure des dattes ».

La grande communauté de Mawlânâ Cheikh Ibrâhîm NIASS s’est toujours inscrite dans cette voie. Mieux, parallèlement au respect scrupuleux qu’elle voue à la chari’â, tel que Cheikh Bâye l’a recommandé à ses disciples dans une de ses lettres qu’il a rédigées en 1930, notre Jama’a a toujours fait du zikru lâh sa préoccupation première. Grâce à Dieu, At-Tidjâni a atteint deux stations uniques dans la hiérarchie spirituelle des saints : celle de Khatmiya (Sceau des saints, clôturant pour toujours les degrés de sainteté) et celle de Katmiya (Pôle caché, station connue seulement d’Allâh et de son Prophète). C’était le 18 safar de l’an 1214 (lundi 22 juillet 1799). C’est à propos de cette station hors du commun que Mouniyyatoul Moûrîd du nom d’Ibn Bâba al-Alawi a écrit :
«Après un mois et des nuits, il s’éleva
A sa station noble et pure
Station dissimulée à l’ensemble des créatures.
Hormis la prophétie,
Rien n’est plus élevé que cette station. »

Mawlânâ Cheikh Ahmad at-Tidjâni surclasse tous les saints depuis Adam jusqu’à la fin des temps. Aussi a-t-il déclaré :
« Le Maître de l’existence m’a informé de vive voix que
je suis le Pôle caché, cela à l’état de veille et non en
rêve…et que tout saint ne boit et n’est abreuvé que de
notre océan depuis la création jusqu’au jour où on soufflera
sur la trompe…L’essence du Prophète irrigue
les essences des messagers et prophètes ; mon essence irrigue
les pôles, les Connaissants d’Allâh et les wâlis depuis
la préexistence et, ce, jusqu’à l’éternité. »
 Cheikh Ahmad at-Tidjâni ne se vantait nullement pas, mais il se conformait à une injonction d’Allâh.
« Et quant aux bienfaits de ton Seigneur, raconte-les !». (S. 93 ; V.11).
Mawlânâ Ahmad at-Tidjâni avait aussi avancé cette boutade :
« Mes deux pieds que voici sont sur la nuque de chaque wâli ». 
On lui rétorqua que c’est ce que Sîdi Abd el-Qâdr Dieylani avait également déclaré à son époque. Cheikh Ahmad at-Tidjâni acquiesça en ajoutant : «…mais Sîdi Abd-el Qâdr ne parlait que des wâlis de son époque, quant à moi, je dis que mes deux pieds que voici n’ont jamais cessé d’être sur la nuque de tout wâli.)

Sîdi Mouhammad al-Ghâli, un de ses illustres disciples renforça : « C’est par son intermédiaire que tous les saints, sans en avoir conscience, reçoivent l’influx des Prophètes. » Seulement, il convient de préciser que l’expression
« Sceau de la sainteté » ne saurait signifier le dernier des saints, loin de là, mais le degré de parachèvement de la sainteté car après Cheikh Ahmad at-Tidjâni des saints sont nés et d’autres naîtront sûrement. Avant de terminer ce chapitre, nous portons à l’attention de cet aréopage d’â’arifun billâh le fruit du rêve d’un grand soufi qui soutient :
« La voix du Seigneur résonna dans mon cœur et fit trembler tout mon être.
Dieu dit :
« Lorsque j’ai fini de créer le monde, j’ai créé les hommes en prenant soin de les répartir en dix groupes.
Neuf d’entre eux se sont laissé fasciner par les plaisirs terrestres et inconsistants.
Ils m’ont oublié et se mirent à courir après leur âme charnelle et concupiscente et leur « moi égoïste »
pour satisfaire leurs moindres désirs. Alors j’ai créé l’Enfer. Ceux qui étaient restés avec moi se sont à
leur tour divisés en dix groupes.

La crainte des feux de l’Enfer fit que neuf groupes parmi les dix m’ont oublié, s’adonnant aux actions pieuses et autres rituels religieux dans l’espoir de se mettre à l’abri de ce châtiment. Ainsi, ils s’éloignèrent de moi et se noyèrent dans la pratique formaliste de la religion. C’est alors que j’ai créé le Paradis. Là encore ceux qui ne m’avaient pas quitté se sont divisés en dix groupes. Neuf d’entre eux choisirent le Paradis et m’ont oublié, bercés par l’espoir d’avoir la félicité éternelle. De tous les hommes que j’avais créés, il ne restait qu’un petit groupe de fidèles ne voulant me quitter à aucun prix. Ceux là me cherchaient, me demandaient à chaque souffle. J’ai connu en eux les véritables amoureux de ma Cour». Plaise à Allah que nous soyons de ceux-là ! Décès à Badr de Sîdî Aliy Harâzîm Barâda en 1803 et de Sîdî Mouhammad I Mishriy en 1808.

Mawlânâ Cheikh Ahmad at-Tidjâni quitta ce bas-monde le jeudi 17 shawwal 1230 correspondant au 21 septembre 1815, après la prière de l’aube, à 78 ans ou 80 ans selon le calendrier lunaire. A ce moment-là, il comptait un nombre de disciples équivalent à celui des prophètes et des envoyés, soit 124 000. Mouhammad el Mançoûr el Mouhiedin Tidjâni le peint sous la forme suivante :
« Les traits de son visage radieux,
d’un blanc rosé, son allure princière,
bien qu’il soit le plus humble, marquent
en lui sa haute lignée.
Imitant le prophète Mouhammad (sas) dans tous
les actes et conditions, sa barbe,
filée de poils gris resplendissant,
faisait jaillir de lui une lumière mystérieuse.
Riche par Dieu, ne demandant rien à personne,
il fut honoré de grâce qui faisait qu’il ne comptait que sur Dieu.
Il dévoila ce qui est permis et cacha ce qui pouvait perturber l’esprit.
Par Tâhâ, son maître et compagnon, tel le soleil et la lune,
nul ne pourrait plus séparer ces deux Sceaux de la même famille
pour l’amour qu’ils avaient pour Lui. »

Cheikh Ahmad at-Tidjâni a laissé deux héritiers: Mouhammad al-Kabîr (issu de son union avec Lalla Mabroûka) décédé en 1826 sans enfant et Mouhammad al-Habîb (issu de son ménage avec Lalla Barakatou) décédé en 1852). Cheikh at-Tidjâni confia ses deux fils à son disciple Aliy Tamasiniy dont il a fait la connaissance à Aynou- Mâdhi dès 1789. Ce dernier décéda en 1844. Soit dit en passant, la photo qui orne la plupart de nos salons n’est pas celle du Cheikh, mais plutôt de son petit-fils, Sîdi Ammar Ibn Sîdi Mouhammad al-Habîb at-Tidjâni, qui, en 1871, épousa Aurélie Picard, née le 12 juin 1849 à Montigny-le-Roi et surnommée Lalla Yamîna. Claude Picard, le père d’Aurélie, avait servi en Algérie comme gendarme. Sîdi Ammar aurait vécu de 1826 à 1896 et, compte tenu de son opposition à la colonisation, il fut assigné à résidence surveillée à Bordeaux par l’occupant français d’alors. Il assuma la réalité du califat de 1870 à 1896. Lui ont succédé :
• Sîdi Bachîr Tidjâni de 1896 à 1910
• Sîdi Allal Tidjâni de 1910 à 1919
• Sîdi Mouhammad el Kabîr Tidjâni de 1919 à 1931
• Sîdi Mahmoûd Tidjâni de 1931 à 1934
• Sîdi Tâyib Tidjâni de 1934 à 1973
• Sîdi Ali Tidjâni de 1973 à 1990
• Sîdi Abd el Jabbâr Tidjâni de 1990 à 2005
• Sîdi Hâjj Mouhammad Tidjâni de 2006 à 2010
• Sîdi Ali alias Bel Arbi Tidjâni depuis le 04 octobre 2010

C’est vers 1828 que, devant la tombe du Prophète Mouhammad (sas), Sîdi Mouhammad al-Ghâli rencontra Cheikh Omar al-Foûtiyou Tâl, futur auteur d’ar-Rimah ou le «livre des lances ». Lances acérées encerclant Djawahiroul Mâni qu’elles protègent des stratagèmes de Satan et de ses suppôts humains. Al-Ghâli conféra à El-Hâdj Omar le titre de calife de la Tidjâniyya en Afrique noire. Toutefois, il convient de rappeler que Cheikh Omar a été initié à cette confrérie par Seydî Abdoul Karîm Ahmad DIALLO, lui-même disciple de Cheikh Mawlûd FÂL. L’évènement s’est produit dans les parages de Podor, entre 1815 et 1820, en tout cas avant que Cheikh Omar n’ait entrepris son célèbre pèlerinage à La Mecque et son très bénéfique séjour à Madînat-munawwara.

L’œuvre de Mawlânâ Cheikh Ahmad at-Tidjâni est immense. Elle s’inscrit harmonieusement dans un cadre plus large fondé sur les enseignements du Prophète Mouhammad (sas), lesquels enseignements sont issus de la religion pure (hanif) d’Abrâham. Les conditions ou principes qui sous-tendent la Târîqâ Tidjâne sont, comme précisé plus haut, en parfaite adéquation avec la Sounnah ou tradition mouhammadienne.

BIOGRAPHIE DE CHEIKH AHMAD AL TIJANI (RA)

La naissance de Cheikh Ahmad At-Tijani (RA) :

Le Cheikh Ahmad at- Tijâni (Ra) est né dans un village béni, nommé Aïni Maadi, sis dans l’actuelle Algérie, dans la nuit du 18 du mois de safar de l’an 1150 après l’hégire du Prophète (sas). Son père était un noble Charif et un grand savant très humble. Il enseignait le hadith et l’exégèse du Coran. Il s’appelait Muhammad, fils de Mukhtâr. Sa mère était une noble de pure souche. Elle s’appelait Aïcha, fille de Muhammad, fils de Sunussiyi Tijâni. On le classait dans la branche des Maddawiyi. Que Dieu agrée ses deux parents et agrée l’ensemble des nobles pères et l’ensemble des nobles mères de par la station de notre Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA). Ämîn.

Les caractéristiques physiques et morales de Cheikh Ahmad At-Tijani (RA) :

C’était un homme doté de tous les attributs, d’une belle apparence, à la peau extrêmement blanche et à la taille moyenne. Son corps n’était ni maigre ni en embonpoint, mais au juste milieu. Sa voix était claire et puissante. Il avait un beau sourire. Il se taisait beaucoup et ne parlait que pour dire de l’utile et de l’important. On en déduit qu’il est défendu de parler beaucoup, mais cela est permis et c’est utile. Il avait une démarche sereine ; il n’était jamais pressé : comme le Prophète (SAS). Il ne se déplaçait que lorsque c’était nécessaire, et son déplacement était toujours utile à tout son parcours. Il était respectueux et pudique à la fois. Ses préoccupations étaient très élevées et orientées en direction de grandes œuvres. Il ne reculait jamais dans ses engagements et ne tergiversait pas. Et il obtenait tout ce qu’il recherchait parce qu’il y allait avec foi et assurance. Il achevait toujours ce qu’il entreprenait
ainsi que l’a rapporté Sayyidi Al-Hajdji Aliy Harazim (RA) :

« Parmi mes traits caractéristiques, je ne recule jamais sur ce que j’entreprends et j’achève toujours tout ce que je commence ».

Fasse Dieu que les bénédictions de ses hautes préoccupations nous soient capitalisées. Aamîn. Louanges à Dieu.

Les études de Cheikh Ahmad At-Tijani (RA) :

Le Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) a appris le Coran très jeune et l’a complètement assimilé – et de quelle belle manière – à sept ans. Ce qui préfigurait l’impossibilité d’un oubli quelconque. Il commença ensuite à apprendre l’ensemble des savoirs et obtient grâce à Dieu d’assimiler la grande majorité du savoir. Il avait une compréhension extrêmement aigue de ces savoirs.

Tout ceci se déroula alors que ses deux parents- à la vie utile et bénie- étaient vivants. Cheikh Ahmad at-Tijâni (radiyallahou anhou) perdit ses parents à l’âge de 16 ans. Qu’Allah soit Satisfait d’eux et Satisfait de Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA). A l’âge de 21 ans, il avait déjà fait le tour des savoirs livresques et tous les savants lui reconnaissaient déjà le titre tant envié d’océan de savoir. A cette époque, ses deux parents- à la vie utile et bénie- étaient vivants. Que Dieu soit Satisfait d’eux et Satisfait de Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA).

La montée de l’esprit de Cheikh Ahmad At-Tijani (RA) :

Dans la matinée du Jeudi 17 Chawâl 1230 de l’hégire, après la prière du matin, le Cheikh (ra), couché sur son coté droit, a demandé de l’eau à boire. Après avoir bu, son esprit pur a quitté la demeure d’ici bas pour celle de l’au-delà dans sa place purifiée (ra). On l’enterra à Fez, dans sa mosquée bénie. Cette mosquée qui réunie la crème des membres de la communauté du Prophète Muhammad (SAS).

Un grand est parti, mais c’est son corps seulement qui a disparu, son secret, son essence demeurent ici encore. Fasse Dieu que nous le connaissions et en tirions profit. Aamîn. Au moment de sa mort, il comptait un nombre de disciples équivalent à celui des Prophètes et des Envoyés, soit cent vingt quatre mille.

Il a laissé deux fils bénis : Sayyidi Muhammad al-Kabîr et Sayyidi Muhammad al-Habîb, qu’il confia à son grand disciples Aliy Tamasiniy qui prit sa place en ce qui les concerne, comme le fait un père pour ses enfants qu’il éduque dans le droit chemin. Il avait d’autres enfants, garçons et filles plus âgés que ceux-ci, mais ils moururent tous à Fez avant lui.

L’ascension spirituelle de Cheikh Ahmad At-Tijani (RA) :

– L’appel de la lumière

Après ses brillantes et bénéfiques études, son père entreprit de le marier à une noble.

A quelque temps de là, ses deux parents moururent le même jour, des suites d’une épidémie et furent enterrés dans un même tombeau. Le Cheikh resta un an ferme avec sa femme avant de succomber à l’appel de la Lumière Divine qui fait retentir la poitrine des hommes. Lorsque cette lumière fuse dans le cour de ceux qui s’isolent pour Dieu dans le déroulement de l’Unicité Divine, ceux-ci ne pourront que foncer en direction de ce qui procure cette connaissance.

Ainsi la poitrine du Cheikh (RA) chauffait de par ces lumières et ses yeux versèrent de chaudes larmes à cause de l’amour qu’il avait pour la présence de Son Seigneur.

Il entreprit donc d’aller à la recherche des amis de Dieu, les saints, pour, grâce à eux, se diriger vers Son Seigneur. Et cela parce que Dieu a fait savoir que pour parvenir à Lui, il faut un unificateur (Wasîla), Cor., S.5, V ; 35 et S.17, V. 57. C’est cela qui fait que les hommes se relient entre eux afin de parvenir au Seigneur

Ne voulant pas enfermer sa noble femme dans sa maison paternelle, qui était sans ses parents, et ne voulant pas non plus l’embarquer dans des voyages dont il ne connaissait ni l’itinéraire ni les points d’ancrage et en en sachant les difficultés, il la répudia afin de la libérer et permettre ainsi de refaire sa vie.

– Sur la voie : De l’Algérie à l’Egypte, passant par à la Tunisie et le Maroc

Il quitta donc Aïnu Maadi pour Jabal Zeytûn et se fît hôte d’un grand saint et savant, connu pour la beauté de sa lecture du Coran en version « Tajwîd ». Le Cheikh resta un an auprès de lui et y apprit la science du « Tajwîd ».

Après cela, il se rendit en Tunisie où il séjourna une année, enseignant l’ensemble des branches du savoir aux étudiants. De tous les coins du pays lui parvenaient constamment les questions de savants. Lorsque les membres du gouvernement se rendirent compte de la stature du Cheikh (RA) et comprirent les avantages qu’ils pouvaient tirer de sa science, ils lui envoyèrent une lettre dans laquelle ils lui proposaient d’être le Directeur de l’Enseignement dans tout le pays. Lorsque le Cheikh reçut la lettre et en prit connaissance après la prière médiane, il l’a mis dans sa poche et n’en parla à personne. Sachant le désir du gouvernement et connaissant son objectif, il sortit du pays à l’aube sans dire au revoir à personne. Il se rendit à Tlemcen, au Maroc, et se remit à enseigner l’ensemble des branches du savoir dix ans durant. Par la suite, il se rendit en Egypte, au Caire, alors que son objectif était d’effectuer le pèlerinage à la Mecque. Il descendit chez un saint et savant très célèbre, nommé Sayyid Mahmud al – Kurdy. Ils échangèrent leurs expériences et savoirs, de façon extrêmement utile pour leurs contemporains comme pour les générations ultérieures, car ces échanges étaient écrits. Que Dieu agrée les hommes de ces générations ainsi que ceux des générations ultérieures. Ämin. Après un long séjour au Caire, Cheikh Ahmad at – Tijâni (RA) entreprit de poursuivre son voyage fructueux et béni en direction de la Mecque Anoblie.

– Sur la voie : Séjour à la Mecque et Medine avec Ahmad ibn Abdallah al Hindy et Abdul Karim Simân

Un grand saint du nom de Ahmed Ibn Abdallah al – Hindy le vit à son arrivée à la Mecque, mais d’une façon singulière. Car il ne s’agit pas d’une vision opérée par les deux yeux, mais du soulèvement (par Dieu) des violes (kachf), soulèvement qui lui permet de savoir qu’un grand saint était entré dans la ville sainte. Il envoya son valet remettre une lettre au Cheikh (RA) dans laquelle il lui disait :
« Monseigneur Ahmad at – Tijâni, tu es celui qui a hérité de mon savoir,
le porteur de ma lumière et de mes stations, mes états (anwars) et mes
ouvertures en Dieu. Tu es mon remplaçant, mon tenant-lieu. C’est toi
seul que j’attendais car ma mort a sonnée depuis un an, mais j’avais
demandé à Dieu mon Seigneur de me donner une année de plus afin que
je puisse demeurer ici jusqu’à ton arrivée pour que je te voie ».

A la lecture de cette grande missive, le Cheikh Ahmad at – Tjjâni (RA) accompagna le valet et vint voir le saint Ahmad Ibn Abdallah al- Hindy (RA). Mais lorsque le Cheikh voulut entrer dans sa chambre afin de voir son noble visage, il reçut le refus polis de Ahmad Ibn Abdallah al – Hindy(RA) car, dit-il :
« Pour le reste de ma vie je ne dois plus voir personne ; mon devoir est
de me cloîtrer dans une chambre. Qu’il te suffise que tu rencontreras un Axe,
pôle (Qutbu), du nom de Abdul Karim Simân (RA), qui se trouve à Maditatul Munnawara (Médine) ».

Car le Cheikh est en pèlerinage et doit effectuer une Ziyâra à son ancêtre, l’Envoyé d’Allah (SAS). En plus des secrets grandioses que le Cheikh (RA) allait recevoir de l’Axe du savoir, sis à Médine, et qui devaient largement lui suffire, il lui donna par écrit l’ensemble des secrets dont il disposait. Dans un autre écrit, il lui confia son fils, le priant de l’encadrer dans tout ce qui a trait à Dieu, de le préparer et de l’aider dans tout ce dont il est digne dans ce domaine. Il fit savoir au Cheikh Ahmad at – Tijâni (RA) que lui Al-Hindy (RA) allait mourir le 10 du mois de Zul Hijja en l’an du pèlerinage du Cheikh. Après le rituel funèbre, le Cheikh Ahmad at -Tijâni (RA) s’enferma avec le fils d’Al -Hindy (RA) et lui remit l’ensemble des secrets dont il était digne, respectant ainsi son engagement. Que Dieu nous serve par ses secrets de par la bénédiction du Cheikh Ahmad at -Tijâni (RA).

Le Cheikh se rendit à Médine afin de visiter son ancêtre, l’Envoyé de Dieu (SAS). Après cette Ziyâra acceptée – qui engendrée nombre de bénéfices manifestes et cachées pour l’ensemble de ses disciples – le Cheikh entreprit de rechercher Abdul Karim Simân (RA). Lorsqu’ils se rencontrèrent, le saint Simân (RA) honora grandement le Cheikh Ahmad at -Tijâni (RA) et lui dit :
« Sois le bienvenu. Je te demanderai de faire une retraite (Khalwa) de trois jours,
afin que je puisse te plonger entièrement dans la position d’obtention d’une grande ouverture ».

Mais le Cheikh (RA) déclina cette requête parce qu’il ne voulait point entreprendre de retraite pour cela. Alors le Cheikh Simân (RA) lui dit de demander, de formuler des voux. Le Cheikh formula de hautes demandes parmi lesquelles la possibilité de voir son ancêtre le Prophète Muhammad (SAS) à l’état de veille et non en sommeil.

Ce qu’il attendait de la rencontre avec le Prophète (SAS), c’était de recevoir de lui la Voie par laquelle il pourrait conduire ses disciples sur le droit chemin, jusqu’à les amener à l’Unicité de Dieu, sans entrer en retraite, sans se priver de sommeil ou de nourriture, sans endurer les longues fatigues. Et cela parce qu’il voulait épargner à ses disciples toutes ces difficultés car, en le faisant, il les condamnait à en faire de même. Que Dieu le récompense par quelque chose de meilleur. Le Cheikh Simân (RA) l’exauça, c’est-à-dire le fit rencontrer le Prophète Muhammad (SAS). Il lui demanda également beaucoup de secrets, secrets qui sont aujourd’hui ceux de la voie tijânie et les disciples s’en servent. On peut citer parmi ces merveilles, « hizbul bahri », le « musaba hâtul achri », « dawrul a’laa » etc. Ensuite, l’axe du savoir qu’est Simân (RA) gratifia le Cheikh Ahmad at – Tijâni (RA) et lui dit
« Tu es en réalité le grand axe qui réunit en lui l’ensemble des dons divins et cela ne fait aucun doute ». 
Puis ils firent des échanges secrets qui ont engendrés beaucoup de bénédictions pour ses disciples et que l’on ne peut citer du fait de leur profondeur (secrète).

– Sur la voie : Retour au Maghreb et prise de la tariqa Khalwa-tiyya-Rencontre avec Aliy Harazim

Enfin le Cheikh (RA) retourna au Caire, accompagné des pèlerins. Là, il retrouva Mahmud al – Kurdy ‘RA) qui était d’origine irakienne. Ce dernier l’honora par-dessus tout et le pria de lui rendre beaucoup visite le temps qu’il serait au Caire. Ce que le Cheikh accepta (RA).
A chaque visite, il recevait des questions profondes et fines, axées sur les sommets de la science. Il répondait à toutes ces questions avec science et pédagogie, de façon claire et dans une langue arabe raffinée. Les savants égyptiens ne tarirent point. Ils venaient de tous les coins du pays pour rencontrer le Cheikh Ahmad at -Tijâni (RA) à cause des miracles qui découlaient de son savoir. Toutes ses réponses, basées sur le Coran et les Hadiths, provoquaient l’étonnement et la perplexité des savants Egyptiens. Il était très rare de rencontrer un tel puits de science. A cause de la lumière qu’elle portait, sa parole pénétrait les cours. Durant ces jours, il obtint du grand saint Mahmud al-Kurdy (RA) les invocations (Wird, pl. Awrad) nommées « Khalwa-tiyya ». C’est ce wird qu’il donna en premier à ses deux disciples Muhammad al- Miçri et al-Hadji Aliy Harazim (RA). Après cela, il se rendit au Maroc, transitant par la Tunisie. Il demeura dix ans à Tlemcen, éduquant les hommes, les amenant à la Présence du Seigneur qui est la Vérité, Le Charitable Tout Miséricordieux, Dieu Glorieux et Exalté. Présence à l’arrivée de laquelle on obtient tout bien et toute paix éternelle.
En l’an 1191 de l’hégire, le Cheikh Ahmad art-Tijâni (RA) se rendit à Fez en vue d’effectuer une visite pieuse (Ziyâra) en direction de Cheikh al-Idriss-le-petit. C’est sur le chemin qu’il rencontra Aliy Harazim, pour la première fois. Il lui dit :
« Tu as vu, il y a longtemps de cela en songe que ton initiateur dans la Voie est Ahmad at-Tijâni ».
« Oui, c’est vrai ». Répondit Aliy Harazim.
– « Je suis Ahmad at -Tijâni ».

Sur l’heure, Aliy Harazim (RA) lui prêta le serment d’allégeance. Le Cheikh (RA) lui remit alors le wird « Khalwatiyya » qu’il avait de Mahmud al Kurdy. Après sa Ziyâra il retourna à Tlemcen, non sans avoir fait le vœux de revenir habiter à Fez qu’il avait trouvée à sa convenance.

– Sur la voie : Rencontre avec le Prophète Muhammad (PSL)

De Tlemcen, il se rendit à « Al-baladul Abyad » où se trouve le tombeau du saint homme nommé Abdul qadr al-Maghriby. Il y demeura cinq ans, avec toujours la même occupation d’initiateur et d’éducateur. Il se rendit ensuite dans une ville nommée Chlalâla qu’il quitta au bout d’un certain temps pour le pays du grand Axe (Qutbu) Abi Samghon où il demeura dix- sept ans avec toujours la même occupation. En l’an 1196 de l’hégire (à Abi Samghon) il sentit quelque chose battre dans sa poitrine : la lumière de l’ouverture du Seigneur provenant de la présence du Prophète (SAS). Cette lumière est celle qui invariablement atteint l’individu que le Prophète -SAS) doit rencontrer et ce avant cette rencontre.
A chaque fois que Dieu veut faire rencontrer un de Ses serviteurs avec le Prophète (SAS), Il lui envoie cette lumière. Cette lumière est extrêmement intense, elle brûle les cours et les corps comme se consume tout ce qui est inflammable près du feu. Cependant cette brûlure est douce, agréable, porteuse d’espoirs. C’est une brûlure qui préserve de celle du feu de l’enfer. A ce moment, il vit concrètement le Prophète Muhammad (SAS) qui lui dit :
« Ô Ahmad at Tijâni, tu es mon fils en toute vérité (Il lui répéta cela trois fois).
Abandonne tous les maîtres et l’ensemble des wirds (invocations). Je suis ton maître,
ton initiateur et ton responsable ». 

Il lui donna alors le wird de sa Voie :
– 100 fois Astaghfiru Allah (je demande pardon à Dieu)
– 100 fois çalâtu al-Fatiha Limâ ‘Ughliga la prière de l’ouverture de ce qui était clos), et lui dit
« Prends cela et fais-en ta Voie. Quiconque le prend de toi entre au paradis
avec ses deux parents, ses enfants, ses femmes et ses gendres, sans être jugés ni châtiés.
Et ils habiteront avec moi au paradis le plus élevé. Tu est celui qui intercède pour tout
pêcheur qui dépend de toi. Prends cette Voie en dehors de toute fatigue pour ton âme.
Et tiens-toi à cela jusqu’à ce tu obtiennes la station qui t’était promise ».
C’est à partir de ces douces paroles du Prophète (SAS) que le Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) prit confiance en le fait que sa chaîne d’or était reliée directement au Prophète (SAS). C’est également à ce moment qu’il accepta sans aucun doute possible son lignage de Charif ; de descendant du Prophète (SAS). La rencontre était celle de Muhammad et de Ahmad dans leur dimension adamique, alors qu’au niveau du caché, Muhammad et Ahmad ne se sont jamais séparés. C’est de cette rencontre grandiose et bénie, avec les sensations adamiques, que le Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) obtint la grande ouverture vers Dieu sur les plans manifeste (apparent) et caché.
L’ouverture étant totale (englobant tous les domaines), tous convergeaient vers lui. Les hommes commencèrent à venir en masse de partout lui rendre visite afin de pouvoir se faire servir par lui, avec un amour sans faille. Cet amour est le fondement des bénéfices et utilités que les hommes cherchent à obtenir auprès du détenteur de la station la plus grande, l’héritier du Prophète (SAS). Il leur fallait en outre purifier leurs relations apparentes et cachées avec lui. Que Dieu nous serve par la bénédiction du Cheikh (RA) et de sa rencontre avec le Prophète (SAS).
Quatre ans après cette rencontre, en l’an 1200 de l’hégire, le Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) reçut du Prophète (SAS) 100 fois Lâ Ilâha Illa Allah, ce qui compléta la litanie « lâ’zim » ou pratique clef de la remémoration (wird) qui devint ainsi le triptyque takhalli, tahalli, tajalli :
Takhalli signifiant se dépouiller de l’ensemble des fautes, s’en purifier, et cela par les 100 Astaghfiru’ Allah, ou demande de pardon que le disciple tijâni fait dans son Lâ’zim. Tahalli signifiant se parer des lumières du Prophète (SAS), grâce à la prière sur le Prophète (SAS) de la Voie tijânie, c’est-à-dire la çalâtul al Fatihi limâ ‘Ughliga. Tajalli signifiant l’ascension selon les stations de la religion islamique qui sont au nombre de trois : Islam, Imân, Ihsân, par la formule :
Lâ Ilâha Illa Allah.

Ces trois étapes constituent le wird Lâ’zim de la Voie tijâne.
Cette même année est celle où mourut le saint Abdul Karim Simân (RA), l’Axe qui vivait à Médine. C’est la station de l’Axe de la distribution complète ou la grande station. C’est celle qui est attachée à son dépositaire tant qu’il est en vie parce que relevant du domaine de l’élection divine. Dieu ne destitue jamais ses élus. C’est donc avec le décès de Simân (RA) que le Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) hérita de cette station et devint ainsi le grand Axe (Qutbu). Le détenteur de cette station est le tenant-lieu du Prophète à cette époque. Les autres axes (Qutbu) existants (s’ils existent) sont nécessairement sous lui. Que Dieu nous serve par cette station. Âmîn.
Or tout disciple du Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) est servi par cette station. Fasse Dieu que nous soyons membres de sa famille.

Après plusieurs événements aussi importants les uns les autres et générateurs de progrès réels 17 ans durant, il quitta Abi Samghon dans les derniers jours de l’an 1213 pour Fez où il arriva le mercredi du 1er Muharram 1214. Cette année là correspond à la publication du livre de Cheikh ‘Umar al-Fûtiya :
Rimâhu hizbu Rahîmi Ilâ nuhûri hizbi Rajîmi.
Ce saint est détenteur d’une haute station, très savant et grand combattant dans le sentier de Dieu. Il a donc vécu dix-sept ans avec le Cheikh at-Tijâni (RA).
Le Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) a obtenu enfin sa grande station, celle du Khatmul Wilâyati, c’est-à-dire celle de l’intervalle qui sépare la sainteté de la prophétie le jour où il est entré dans Fez.
C’est un jour béni, l’entrée est pure et porteuse, c’est pourquoi jusqu’à ce jour, Fez est une ville prospère, qui en tire des bénéfices divers.

– Sur la voie : Cheikh Qutbul Maktum et détenteur de la Katmiya

Dans la nuit du dimanche 12 du mois de Muharram 1214 à 0h 30, Dieu fit de Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) Son Représentant sur Terre et le représentant du Prophète (SAS) dans la religion. C’est ce que l’on appelle la nuit du serment d’allégeance avec la Réalité Muhammadienne et la Représentation de Dieu dans Sa Seigneurie. Là où Dieu est Dieu, c’est le
« Qutbu al maktûm »
qui détient le décret de toute chose. C’est une très grande station et le Cheikh (RA) en est le détenteur de tous les temps ; il en sera le dépositaire à jamais. Quiconque donc l’y représente ne sera que le Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) dans un autre aspect, mais la réalité demeure la même. C’est pourquoi il est le seul qui pourvoit tous en tout ce qui provient de la Présence de Dieu dans tous les temps. C’est cela le désir de Dieu et Il l’a réalisé. Fasse Dieu que nous soyons membres de sa communauté ainsi que tous nos parents et alliés jusqu’au moment de l’Héritage de la terre par Dieu. Aamîn.
Le 18 Safar de l’an 1214,
le Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) fut élevé à la station de la
« Katmiya »,
dont le secret est immense et qui est dans sa réalité entièrement caché comme l’indique le nom même, « Katm » signifiant ce qui caché entièrement. Car la station de la « Khatmiyatu » est déjà immense. Ce qui la suit ne peut être que caché. La nuit et la plume sont impuissantes à la décrire, même l’intellect est incapable de l’appréhender entièrement. Il s’agit de croire, de confirmer et d’aimer son dépositaire. C’est partant de l’élévation du Cheikh à cette station, que l’auteur du livre intitulé :
Muniyyatul Murîd du nom de Ibn Bâba al Alâwi (RA) dit :

« Après un mois et des nuits, il s’éleva
A sa station noble et pure
Station dissimulée à l’ensemble des créatures
Hormis la prophétie
Rien n’est plus élevé que cette station. »

Le Cheikh Ahmad at-Tijâni (RA) a vécu trente-quatre ans dans sa Voie, initiant à cette Voie par des invocations qui apaisent l’âme et sauvent l’esprit. Il avait, juste avant d’obtenir la Voie, un nombre d’années correspondant au poids mystique de Waliyu (saint) : c’est-à-dire quarante-six ans. Durant ces quarante-six ans, il cherchait le savoir. On en tire la leçon pratique : la quête du Graal se fait en direction des détenteurs de la science et de la connaissance, c’est cela qui explique ses nombreux voyages. Le Cheikh a donc vécu quatre-vingts ans, soit une vie extrêmement utile à toute l’humanité et singulièrement à ses amis, compagnons et disciples, qui sont ainsi devant tous les autres. Que Dieu l’agrée et nous agrée par là. Aamîn.

 

QU’EST-CE QUE LA TARIQA TIDJANE ?

La Tariqa Tidjane dont le socle demeure le Coran et la tradition (sunna) du Prophète Muhammad (PSL) est une voie pure profondément enracinée dans la réalité archétypique de Muhammad (haqîqatul Muhammadiyya).

Elle est l’anse solide, à laquelle s’agrippe l’affilié, celle qui ne rompt jamais, car elle tire son origine de la Vérité qui apaise les esprits et vivifie les cours.

Elle est la porte de la crainte divine dont tous ceux qui traversent le seuil se voient sauvés et prémunis contre les difficultés de toute sorte.

Elle est le point d’effusion de toute manne, perceptible ou non.

Elle est la porte d’accès à tous les dons, manifestés ou non. L’appartenance à cette Tariqa confère des bienfaits de diverse nature nous venant à l’improviste. Elle extirpe les vices et préserve des souillures de toute sorte. .

Elle est la voie droite (sirâtal mustaqîm) dans laquelle nous demandons à Dieu, dix sept fois dans les offices canoniques quotidiens, de nous engager.

Qui sont les tidjanes ?
Les membres de cet ordre sont ceux que Dieu a cités dans Son Sublime livre en ces termes :
«Ainsi qu’à d’autres parmi ceux qui ne les ont pas encore rejoints. C’ est Lui le Puissant, le Sage» S62V3
Ceux qui sont présagés dans ce verset ne vivaient pas du temps du Prophète (PSL) et de ses compagnons, mais ont surgi dans l’existence avec l’épiphanie d’AHMADU.
PAR CHEIKH IBRAHIM ABDALLAH SALL (Qu’Allah soit satisfait de lui).

FONDEMENT CORANIQUE ET SUNNITE DE LA TARIQA

Les fondements de cette Tariqa (Voie) sont le Coran et la Sunna du Prophète (PSL). Ils constituent les deux sources d’où la voie Tidjane tire son origine. Ne peut le percevoir que celui dont l’entendement est perspicace et le cœur éclairé.

Ses chartes ainsi que ses oraisons liturgiques sont conformes au Coran et à la Sunna ce qui illustre l’adéquation de la Tariqa avec eux. De plus, les formules usitées durant les oraisons (lâzim, wazîfa, zikr du vendredi) sont cette trilogie :
1. la demande de pardon à Dieu,
2. la Prière sur le Prophète,
3. l’exaltation de Dieu. (…)

1- Arguments en faveur de la demande de pardon (istighfar)
Les versets qui justifient la demande de pardon dans le Coran sont les Suivants :
« Sache donc qu’en vérité il n’y a point de divinité à part Allah et implore le pardon pour ton péché, ainsi que pour les croyants et les croyantes. Allah connaît vos activités (sur terre) et votre lieu de repos (dans l’au-delà) ». (Muhammad S47V19) Sois attentif sur l’énoncé de ce verset et exerces-y ta perspicacité. Il y a tout d’abord une invitation à la connaissance de
«Lâ ilâha illal-lâh ».
C’est ensuite la maîtrise du contenu de ce haylala qui entraîne la dissolution des pêchés et place le concerné dans la disposition qui lui permet d’intercéder auprès de Dieu pour le pardon des croyants et croyantes.
On comprendra donc qu’il y a une prééminence de la connaissance, du savoir expérientiel du savoir vécu qui induit ipso-facto la rémission des pêchés ; connaissance laquelle, tel un réseau d’influences et d’interactions dissout les pêchés des croyants qui vous sont proches par le cœur.
Autres versets :
« Et implorez le pardon de votre Seigneur et repentez- vous à Lui. Mon Seigneur est vraiment Miséricordieux et plein d’amour ».» S11V90 :
« Allah n’est point tel qu’il les châtie, alors que tu es au milieu d’eux. Et Allah n’est point tel qu’il les châtie alors qu’ils demandent pardon ». S8V33
Tous ces versets prouvent que la demande de pardon relève d’une recommandation divine figurant dûment dans le coran. Si la demande de pardon à Dieu ouvre la porte de la rémission des pêchés, que pourrait-on dire à propos des tidjanes qui y sont continuellement attachés ?
Le Prophète (PSL) a dit dans un hadith, qu’il demande quotidiennement pardon à Dieu 70 fois. Une variante dit qu’il Lui demande pardon cent fois par jour. Le Tidjane qui prononce la formule de pardon autant de fois n’agit donc qu’en conformité avec la tradition prophétique.

2- Arguments en faveur de la Prière sur le Prophète (PSL)
« Certes, Allah et ses Anges prie sur le Prophète; ô vous qui croyez priez sur lui et adressez (lui) vos salutations ».S33V56
En priant donc sur le Prophète Muhammad (PSL), le Tidjane ne fait que vibrer en phase avec une recommandation divine et le faisant avec insistance et l’Exaltant à travers ses nobles Qualités, dans la salâtul fâtihi et dans la Djawharatul Kamâl. Par cette glorification aussi il ne fait que se mettre dans le sillage de l’Agir divin qui a exalté le Prophète en parlant de ses parfaites et nobles qualités (wa innaka la’alâ khuluqin ‘azîm).
« Et tu es certes, d’une moralité imminente ».S68V4
Dieu a non seulement recommandé la prière sur le Prophète, mais Il l’a fait avec insistance et c’est avec la même insistance qu’il s’appesantit sur ses qualités. Quel mal y aurait-il donc à exalter les nobles Qualités de Celui à qui nous aspirons, qui constitue Notre Modèle et le Prototype de l’Homme parfait ? C’est en lui que notre vie ici-bas et dans l’au-delà s’équilibre, s’harmonise et se réalise dans la beauté, la réussite et la gloire. Ceci doit donc justifier pour nous la nécessité de le connaître et de l’imiter.
Son Excellence, sans commune mesure, a atteint des sommets nullement soupçonnés par l’étroitesse de la condition humaine.
Al-Busayrî, un des distingués panégyristes du Prophète (PSL) dans ses louanges dithyrambiques disait de cette Excellence qu’elle est indicible, que les paroles s’épuiseront avant qu’elles ne finissent de l’exprimer.
Comme on ne peut rester indifférent et observer un mutisme à propos de ses Qualités, et comme il nous est pas donné de louer la plénitude de son Excellence, s’ingénier à allonger sa glorification ne peut relever que du méritoire. Aussi n’y a t-il aucune maladresse à lui attribuer toutes les belles qualités imaginables en guise de panégyrique.

Prier sur le Prophète est non seulement impératif, mais revêt aussi une importance capitale et peut apporter une aide et un soutien en tout. A ce propos, ce dire du Prophète nous est rapporté : « Celui qui prie sur Moi une fois, Allah à travers l’Orant décuplera ses Prières ; Celui qui prie sur Moi dix fois, Allah priera à travers lui cent fois. Celui qui priera sur Moi cent fois, Allah priera à travers lui mille fois. Celui qui prie sur Moi mille fois, nous entrerons ensemble au Paradis, épaule contre épaule ». Entrer au Paradis avec le Prophète, épaule contre épaule, signifie qu’il s’est produit un ravissement de l’être de l’Orant à celui du Prophète Muhammad (PSL), une extinction en lui qui génère cette unité d’être avec lui qui fera de son entrée au paradis celle de celui qui s’est réalisé en lui. Donc être le Prophète (PSL), telle est notre vocation qui ne peut se réaliser qu’au moyen de la prière sur Lui, de son imitation et de la parure de ses Nobles Qualités.

3- Arguments en faveur de la récitation de la haylala (lâ ilâha illal-lâh). Allah, dans le Coran, nous enjoint de répéter plusieurs fois cette formule sans assigner un nombre, une limite à cette invocation. Il est donc loisible à quiconque de réciter cette formule autant que faire se pourra.
«O vous qui croyez! invoquez Allah d’une façon abondante » S33V41

Il a encore dit :
«Invoquez-Moi donc ; je vous invoquerai. Soyez reconnaissants envers Moi et ne niez pas les bienfaits que je vous fais parvenir (ne soyez pas ingrats envers Moi) !»S2V152 Adorer Allah, c’est le louer, Lui être reconnaissant. Il a dit :
Et lorsque votre Seigneur proclama :
« Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai (Mes bienfaits) pour vous. Mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera terrible ».S14V7
S’adonner donc à la litanie de la haylala sans limite relève ainsi d’une injonction divine.
Dieu dit dans un Hadith Qudsî que :
« La ilâha illal-lah est ma forteresse et celui qui y entre est préservé de mon châtiment ».(Rapporté par Ali in. Masnad de Chihâb)
Qu’est donc la forteresse de Dieu ? C’est son Etre et l’extinction en Lui est symbolisé par l’accès à la forteresse. Déplacer son centre du moi humain vers le Soi Divin tel est le parcours initiatique que doit effectuer la conscience humaine, ainsi se libérera-t-elle des pesanteurs, des vicissitudes et des avatars de la condition humaine. A ce transfert de la conscience s’accompagne la libération du carcan des violations et du joug des péchés. L’individu subit donc une transmutation spirituelle qui le rend absent à lui et présent à Dieu, s’installant ainsi ad vitam aeternam en Son Être.

Voici une anecdote très suggestive.
Le Prophète a dit, dans le même ordre d’idée :
« l’islam est la clef du paradis et «lâ ilâha illal-lah» est celle de l’Islam ». Personne ne peut entrer en Islam s’il n’a pas prononcé la formule d’adhésion qui est « Lâ ilâha illal-lâh ». Toute femme, au moment où la conscience de son enfant s’éveille, doit l’habituer à cette formule.
Dans un autre hadith, le Prophète dit : « La meilleure parole jamais prononcée par ceux qui m’ont précédé et Moi-même est  » lâ ilâha illal-lah » ».
Donc nous, Tidjanes, ne pouvons que nous réjouir d’avoir dans nos formules du rosaire la Haylala.

4- Justification de la pratique matin et soir de la liturgie tidjane
Elle est tirée du Saint Coran et des Hadiths
Dieu a dit :« et glorifiez-Le à la pointe et au déclin du jour ».S33V42 Il a encore dit :
« Endure donc ce qu’ils disent; et célèbre la louange de ton Seigneur avant le lever du soleil et avant (son) coucher; et célèbre Sa Gloire, une partie de la nuit et à la suite des prosternations (prières) ».S50V39-40
Dieu a encore dit :
« Endure donc, car la promesse d’Allah est vérité, implore le pardon pour ton péché et célèbre la Gloire et la Louange de ton Seigneur, soir et matin ».Ghâfir S40V55 En s’adonnant donc à la mention de Dieu, matin et soir, le tidjane reste toujours conforme aux recommandations divines.

5- Justification de la glorification de Dieu l’après-midi du Vendredi Voici un hadith du Prophète (PSL) rapporté par Jâbir :
« La journée du vendredi (comme les autres jours) est constituée de 12 tranches horaires. Il s’y trouve une heure durant laquelle aucun esclave soumis (musulman) n’invoque son Seigneur sans obtenir ce qu’il souhaite. Cherchez cette heure parmi les dernières, après la prière de l’après-midi(‘Asr) ».
Ces dernières heures du jour coïncident avec le moment qui précède la prière du crépuscule (Maghrib) et lui sont proches. Et c’est en ces moments privilégiés que nous, tidjanes, effectuons notre séance de remémoration du vendredi.
Dans un autre hadith rapporté par Abu Hurayra, le Prophète (PSL) dit :
« L’heure durant laquelle la requête du serviteur à son Seigneur est agréée est la dernière heure du vendredi ».
Ces hadiths sont une preuve éclatante qui corroborent le choix du moment par les tidjanes pour se consacrer à la liturgie du vendredi. Ce choix est aussi en tout point conforme aux injonctions divines qui demandent sa glorification matin et soir. Et donc choisir un soir parmi les soirs pour l’invoquer en l’occurrence le jour du vendredi n’est pas en porte à faux avec les recommandations divines.
Cette Tarîqa Tidjane est en tout point conforme au Coran et à la Sunna (Tradition) du Prophète (PSL). Tu disposes maintenant d’arguments pour faire face aux détracteurs et consolider d’avantage ton adhésion à cette Tariqa.

6- Justification de l’accomplissement du Zikr en assemblée Le Prophète (PSL) a dit :
« Si vous passez à coté des jardins du paradis, profitez-en (faites-y un détour ; faites-y une cueillette ) » ;
Et lorsqu’on lui demanda ce que c’étaient ces jardins, il dit
« ce sont les assemblées de zikr »
Ce que font donc les tidjanes a été cité par le Prophète (PSL) de son vivant.
Le Prophète (PSL) en s’adressant ainsi à ses compagnons parlait à travers eux aux contemporains des tidjanes, leur demandant de se joindre à eux s’il leur advenait de les rencontrer.

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