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Baye Niass ra

Informations Generale

NOM DE NAISSANCE : Ibrahima Niass

DATE DE NAISSANCE : 08/11/1900

DATE DE DECES : 26/07/1975

LIEU DE NAISSANCE : Taiba niassaine

ACTIVITE : Marabout

GENRE : Soufis

TARIKHA : Tidjane

ECOLE : Malikiyou

Le Cheikh Al Islam est le maître de plus de deux cent millions (200 000 000) de disciples disséminés dans le monde et dont le moins illustre est exempt du pire pêché qui enlaidit et engourdit l’homme l’associationnisme qui a justifié l’envoi de messagers par Dieu à toute l’humanité il est beaucoup plus appelé Baye au Sénégal car à l’image du prophète Ibrahim (as) père du pure monothéisme, le Cheikh a ouvré toute sa vie durant à extirper les croyants de la langue poisseuse de l’associationnisme afin de les baigner dans la mer purificatrice de l’Unitude divine. Les ouvres reflétant l’homme, il est considéré à juste titre comme un étirement dans le temps de la réalité de notre père Ibrahim (AS) dont il a perpétué l’exaltante mission de purification intérieure.LA SOLUTION AU DESARROI ACTUEL
En ces temps troubles grevés par de plates vanités les hommes fiévreux opprimés par le glaive des désirs fuligineux d’une époque en ébullition cherchent à se dégager des ténèbres qui noient leur âme et leur raison comme des être aux abois tous cherchent à s’évaporer vers les cieux immenses à l’horizon desquels brillent des lueurs d’apothéose.
Le chancre du siècle est le pogrom qui pétrifie les cœurs rend opaque la vie et baisse l’entendement. Tout pourra être essayé pour lui survivre mais seul le rétablissement du lien rompu entre le ciel et la terre est garant du salut.
Comment parvenir à desserrer l’étau de notre étroite condition ? Comment débrider l’âme et l’esprit ? Comment les débarrasser de leur langueur monotone ? Comment voler vers le ciel du bonheur, de la sérénité, de la délivrance et du salut ? C’est désireux d’apporter une médecine à la componction de notre âme en réalisant notre vocation spirituelle et de prendre l’envol vers le ciel de la libération, de la délivrance et du salut que nous nous sommes conciliés les grâces du Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niasse (RA) dont l’ouvre a provoqué une révolution copernicienne dans le gotha spirituel .Il reflète dans tout l’éclat de sa splendeur l’image des savants légataires des prophètes et marche à contre-courant du thaumaturge, de l’être sanctifié solitaire dans sa tour de retraite et du prétendu guide religieux, enveloppant l’inepte raison d’êtres désemparés d’une obscurité blafarde. Il a épousseté les centres subtils (lataa-iful abd ) de ceux qui se sont donnés à lui pour les unir dans les liens inextricables des présences divines (hadrâtul ilâhi), leur a permis d’accéder à la connaissance de la transcendance et de l’immanence divines et leur a fait retrouver la sérénité des beaux jours par la sur-existence (bagâ) en le prophète(SAW).Parler de lui, c’est parler de ce qu’il incarne au plus haut point et dont il a porte très haut l’oriflamme: la connaissance unitive (Ma’rifat) qui justifie la manifestation et notre présence ici bas.

Chaine Genealogique

1. fils de El Hadji Abdoulaye
2. fils de Seyyidi Muhammad
3. fils de Mademba
4. fils de Bakary
5. fils de Muhammad Al Amin
6. fils de Demba
7. fils de Rida
8. fils de Chamsou Dine Missina
9. fils de Ahmad
10. fils de Abiboullah
11. fils de Baba
12. fils de Ibrahima
13. fils de As-Siddiq
14. fils de Ibn Naafiah
15. fils de Qays
16. fils de ‘Aqil
17. fils de Amr

BIOGRAPHIE

1. LA NAISSANCE DU CHEIKH AL ISLAM

Le Cheikh est né de deux parents croyants, nobles, vertueux, endurants, et cultivant la crainte. Sa mère Astou JANQAA, fille de Ibrahim est d’une lignée noble. Son père, AL Hadji ‘Abdallâhi Niasse, fils de Bakari, fils de Muhammadu AL Amîn, fils de Samba fils de Ridâ détenait un immense savoir et maîtrisait le Coran dont il fut un éminent exégète. Il s’est occupé seul de l’éducation de tous ses enfants, triomphant ainsi sur la volonté des autorités coloniales d’enseigner le français aux fils de marabouts afin de les bouter hors de la culture islamique. Cheikh Ibrahim fut sans conteste le plus illustre d’eux , lui qui naquit un jeudi après (‘Asr), le 15 du mois de Rajab en l’an 1320 après l’hégire du Prophète (SAW), soit en 1901 après la naissance de ‘Issâ (AS), dans un village dénommé Taïba niassène localité fondée par son père.

 

Taïba 1 (qui signifie ce qui est pur) est sémantiquement et physiquement auréolé d’un halo de pureté dont les senteurs exhalées font prendre à l’âme qui la hume son essor vers la nue de la perfection. La pureté de TaÏba lui est-elle intrinsèque? Son épicentre est-elle l’être des ascendants de Baye qui l’on incarné dans toute sa splendeur? Ou sa pureté est-elle l’empreinte de celle du Cheikh Al Islam? Quelque soit l’origine de la pureté de la localité, le voyage vers Taïba est le symbole de l’élan vers la pureté intérieure dont le terme est la parfaite illumination. .

2. LE CHEIKH AL ISLAM ET SES ETUDES

Le Cheikh Al Islam étudiait le coran sous la direction de son père et le mémorisa entièrement selon la version «warch» alors qu’il était dans sa tendre enfance, ce qui lui valut le titre de «Hâfiz». Il rechercha le savoir, dont il maîtrisait différentes branches, auprès de son père, alors que la lumière de la beauté divine brillait sur lui et que le secret de la guidée du Prophète (SAW) était enfoui en lui.
Après le décès de son père, en l’an 1340 de l’hégire, à l’âge de 76 ans (de l’année lunaire) alors qu’il n’avait que 20ans, il n’étudia plus chez aucun maître. Et pourtant la totalité des savants qu’il a croisés durant ses longs et riches périples ont proclamé l’excellence et la vastitude de son savoir plus qu’encyclopédique. Il commença l’exégèse du Coran avec une maîtrise et une originalité stupéfiantes. Il ajoutait dans ses séances plus que n’en disaient les livres des exégètes et se donnait l’ample liberté d’apporter des correctifs dans le sens des traductions habituelles. De la lettre du texte brut, il tirait l’esprit en ne se fondant que sur le Saint livre. Il enseignant d’ailleurs que c’est le Coran qui lui expliquait le coran. Pour cette raison il ne s’aidait que du Coran et des Hadith. Pour l’interprétation du livre. Pour sa première séance d’exégèse du coran, il envoya emprunter à l’un de ses frères le livre «Hâchiya Sâwi» qui fait autorité dans ce domaine. Celui-ci lui opposa son refus sans demander de qui il tenait l’autorisation d’une telle initiative. Il rétorqua à celui qu’il avait dépêché: «Mon frère un tel ne sait-il pas que si tout le savoir était perdu, je pourrais par la préférence(fadl) et la louange (rendue à Dieu) ramenait tout ce savoir sans que rien n’y manque?». Je n’ai emprunté ce livre que par respect et quête de bénédictions de notre père qui s’en servait, mais nullement pour y baser et rechercher un quelconque savoir». De nombreuses communautés d’étudiants, de gens en quête de savoir et des savants affluaient vers lui. Il disait«Mon ouverture (à Dieu) était complète alors que j’étais au berceau et c’est depuis, que l’ensemble des hommes du caché se sont soumis à mes décrets. Aucun pas, d’Est en Ouest, n’est franchi sinon pour embrasser ma boue (constitutive). Et comment cela pourrait-il ne pas être alors que mon être est celui de Muhammad (SAW), son essence s’étant entièrement incarnée en mon être et ma beauté ?

Qui me voit, voit le Prophète (SAW), son essence et sa forme. Tous mes contemporains sont saufs et s’élèvent à l’exception de celui qui refuse de suivre ma voie, prisonnier qu’il est de sa passion.

Ce que j’avance, je ne l’énonce ni sous l’emprise de l’euphorie, ni à des fins de prosélytisme. Je suis celui qui accorde à chacun des élus mon aval avant qu’il ne soit agréé. C’est par moi que guérira l’énorme plaie du monde. C’est par mon effusion que la religion élèvera son étendard. Qui veut viendra à cette effusion de grâces divines avant sa mort, qui veut t également se détournera comme le font les damnés Quiconque cherche à éteindre cette lumière, Allah refuse de l’éteindre quelques répulsions qu’en éprouve mes ennemis»

3. QUELQUES QUALITES DE CHEIKH IBRAHIM NIASS

Le Cheikh possédait de très belles et nobles qualités, toutes marquées du sceau de la complétude lesquelles suscitaient l’attirance de tous ceux qui le connurent. Il entretenait des relations avec des personnes de nationalités diverses. Il ne proférait que les meilleures paroles et était d’une grande générosité. Il était véridique et son cœur pur était rempli de crainte pieuse. Il était magnanime et disait «j’ai un regard pour le fils d’Adam par lequel il m’est impossible de le détester». Il était toujours occupé et ne connu jamais de moments de répit. Il n’était pas prisonnier du repos et du prélassement. Il dit un jour à un de ses fils :«Tu ne dois accorder aucun crédit au mot repos dans ce monde, car il n’y en point». Il était tour à tour l’Imam qui lisait les prônes et dirigeait les prières, le professeur émérite, le juge droit et juste, le prêcheur vivifiant, l’éducateur et l’élévateur aux hautes stations spirituelles, l’invoquant par le zikr, l’exégète et le savant au savoir pur et sublime. Il était un lecteur assidu du Coran qu’il clôturait bi hebdomadairement: il lisait et récitait hebdomadairement le Saint Livre.

Il était très préoccupait par la communauté de Muhammad (SAW) et disait : «Mon dessein est de la conduire à la présence du Bon Très Miséricordieux qu’est Allah». Il n’adoreront ainsi plus personne sinon Allah. Il tenait en estime ses disciples et les couvrit de bienfaits qui les lièrent à sa personne au point qu’un noble savant mauritanien Al Mukhtar Old Muhamd Baba écrivit ses vers : «Je suis l’esclave du Cheikh Ibrahim. S’il veux il me vend, s’il veut il m’anobli. Il m’a asservi par les honneur, car l’honneur possède le noble.» Il plaçait une solide confiance en Dieu et le priait en toute pitié malgré la faveur qui lui était accordé. Il disait : «Allah m’a donné le savoir et le pouvoir d’agir sur les choses. Si j’ordonne en disant «soit» mon injonction sera suivi sans tarder d’effet. Mais j’ai pris Allah pour garant. Je ne suis pas et c’est par l’ordre divin que j’agis. Cela par politesse et bonne conduite. Pour cela il m’a choisi (pour être son) ami.» Beaucoup de gens ont agit autrement après avoir bénéficier du secret du «Kun», Soit ! Il était doux, indulgent, patient et ne nourrissait aucune animosité pour ses ennemis.

4. AMOUREUX ET PASSIONNEE DU PROFETE ET FERVANT TIDJANE

Le Cheikh était réellement un musulman soumis, croyant vertueux dont l’amour ardent et passionné pour le Prophète (SAW) l’a consumé jusqu à faire disparaître son égöité. Il disait : « Je suis absent à lui dans une présence.
Cette maladie qui défit tous les médecins, c’est de me séparer de celui qui s’unit à moi à tout moment.»
Dans un diwan intitulé Taïsir el-wusûl îla hadratir Rasûl ou
«Moyen d’atteindre facilement l’apôtre»,
il écrivait :
«Mon Cœur tient absolument à s’éprendre du Prophète, à mourir d’amour et de passion pour lui. J’ai passé la nuit entière en veillant en priant au souvenir de celui qui a été excellent du début à la fin de son existence. J’ai défié, lors de cette nuit là, les tourterelles qui gémissaient tandis que la nuit et les voisins dormaient et que les paupières voyaient passer des torrents de larmes de passion.

J’ai disposé harmonieusement les perles des mots pour mieux exalter ses qualités. Quelles sont belles les qualités de la Pleine Lune, telles des perles précieuses soigneusement enfilées dans un collier !
Muhammad est la clé des révélations. Il est un seigneur. Il a clos la liste des apôtres. En étant le dernier et le premier.
C’est grâce à lui que les Prophètes ont reçu la faveur que l’on sait. Il est la parure des assemblées prophétiques donc, vénère le et exalte-le. Il fut désigné comme Apôtre par le Seigneur avant qu’Adam ne fût créé. Et restera un messager qu’on exaltera jusqu’à la consommation des siècles. Sa première éducation était formée uniquement d’un trésor de vérités. Voilà pourquoi il est venu à nous assigner à chacun sa tâche et arranger les affaires avec méthode. Muhammad résume en lui tous les signes des autres envoyés. Tout procède de lui et se ramène à lui d’une façon générale.

Le meilleur don que le Maître du Trône nous ait fait, c’est de nous avoir envoyé Tâhâ: Muhammad. Il est la miséricorde divine. Dieu est miséricordieux. Combien il est généreux!Il est porteur de bonnes nouvelles, avertisseur, équitable quand il partage, généreux, noble, libéral, bienfaiteur. Il est un modèle excellent, honnête, défenseur, choisi par excellence, ami de Dieu du Trône du début jusqu’à la fin des siècles. Il est de teint clair et les nuées s’abreuvent des ondées de son visage; grâce à lui la nuit de l’ignorance qui était si obscure s’est illuminée. Par sa lumière il a redonné vie au cour de toutes les créatures. Il a revivifié et purifié leur langue; il les a instruites.

Par Allâh, on ne saurait trouver un second Muhammad car Muhammad est unique. Il est un joyau qui ne se partage pas.
Si vous me demandez qui est mon ami, et mon maître (je vous répondrai que) c’est Tâhâ l’ami de Dieu, pas un autre, pas un autre.
Mon temps, mes heures, je les consacre en prières et en louanges pour l’exalter, si bien que je suis devenu une nouvelle lune.
Celui-là entreprend une tâche impossible et prohibée qui voudra m’égaler dans mon amour pour notre prophète. Il sera comme le prétentieux qui voudrait décrocher la lune avec ses mains ou comme le farceur qui tenterait de ramener hier à aujourd’hui. Il sera comme ceux, nombreux, qui voudraient décrire comme il convient Muhammad, mais qui ne font que reprendre une rengaine.
Il a fait signe au nuage qui s’est mis à pleuvoir sans arrêt, et lorsqu’il a voulu l’arrêter, il lui en a tout simplement intimé l’ordre.

Les Quraychites l’ont dénigré et vilipendé alors la pleine lune, pour l’honorer s’est fendue en deux moitiés dans les airs.
C’est pour l’honorer aussi que le Soleil, un peu après son coucher fut ramené dans le ciel, au dessus de l’horizon. Comme on le taxa d’imposture, Dieu le Véridique lui a fait descendre un livre bien fait.
Il a taillé en pièce des troupes armés rien qu’avec une poignée de sable. Oh! Quelle merveille que cette poignée qui a défait une armée!

C’est à la lumière de ses miracles que Dieu a mis dans le droit chemin des peuples. C’est par le sabre que la Pleine Lune a bien dirigé ceux qui n’étaient que des pêcheurs. Il a fait couler à flots pressés des sciences et des faveurs obtenues sans effort; il a anéanti bien des armées de l’égarement.
Et la terre entière a marché, de gré ou de force, dans le droit chemin. C’est ainsi qu’il a bien dirigé tous les arabes et les non arabes.
C’est ainsi encore que nous avons finalement reçu la Foi, la Science et la Piété, le tout consolidé par le Prophète Que Dieu a en Soit remercié!
Et nous voilà devenus musulmans avec des Imâms savants, saints et honorables. Nous avons des hommes qui sont en tout les premiers; nous avons le sceau des pôles, considère cela comme un trésor magique.»

Le Cheikh était de rite malékite, mais il dit un jour :
«Les gens de l’ouverture ne se focalisent point sur une école juridique. Au contraire, ils évoluent avec la vérité auprès de leur Seigneur Très Haut».
Il était affilié à la Tarîqa Tijân et écrivait à propos du wird :
«Si tu me demandes si le wird que j’ai est la voie de Muhammad, je te répondrai par l’affirmative, car mon wird, en effet, n’est autre chose que la récitation du nom de Dieu seul avec la prière sur l’élu, le meilleur des hommes. D’ailleurs mon wird est, pour le mal d’un adorateur, la source des remèdes!
Tout beau! Ne rejetez pas mon wird par ignorance, par esprit de rébellion, par animosité, par insolence ni par cruauté.
Les Chefs sont des guides qui doivent imiter notre Prophète afin qu’en fasse autant quiconque veut sans contestation prendre exemple sur lui.» Son adhésion à la voie Tijân, lui qui était en tout point conforme au Coran et à la Sunna, est un argument massue de la véracité de cette congrégation. Il disait que: «La Voie Tijân est la meilleure voie», et du Cheikh Ahmad At Tijaani, il écrivit ceci: «Le Cheikh Ahmed Tijân est la meilleure des créatures divines après le prophète (SAW) et ses compagnons.

Par ma vie! Ce maître est l’être même de la sainteté Jailli de la mer et de la prophétie et sanctifié, si au-delà de l’intellect, si je l’avais révélé un supposé partisan fera verser mon sang. Le maître est le petit fils du choisi (SAW), son être pour tout dire Héritier de l’effaceur de l’ignorance, lui même effaceur depuis toujours Tout ce qui vient de l’être des prophètes ne passe nulle part Sinon par le Seigneur Cheikh qui pourvoit ceux qui doit être pourvus».

VOYAGES ET RELATIONS INTERNATIONALE

 

El Hadji Ibrahima Niass a beaucoup voyagé dans sa vie ; voyages qui l’ont mené en Afrique (Niger Nigeria, Tchad, Guinée, …), en Europe et en Asie.

L’objectif majeur de ses voyages était de mieux s’imprégner des problèmes de l’Islam et de la UMMAH islamique en général. Il a pris conscience de son apport à l’édifice de l’Islam tel que le voulait le Prophète Mohamad (S.A.S). Il a compris que l’Islam pouvait être un moyen de rapprochement des peuples et des nations. C’est la raison pour laquelle il était membre ; secrétaire général précisément de l’organisation appelée (RABBITA AL ‘ALAM) qui devait rassembler tous les musulmans de la planète.
Partout où il est passé, il s’est distingué de par sa haute connaissance de l’Islam dans le sens large du terme en prenant le Prophète (S.A.S) comme son guide et le Coran comme sa référence. Il se plaisait toujours à dire « Notre religion est l’Islam, notre livre est le Coran, notre Qibla est la Mecque notre Prophète est Mohamed (S.A.S). »
Sa connaissance éclairée du Coran, sa maîtrise et sa compréhension des Hadiths du Prophète se reflète dans toutes ses activités.
Car son leitmotiv était
« la connaissance doit toujours être le principe directeur de toute action dans l’islam ». NDR « Tabsiratoul amam bi anal ‘ilma huwal imam »
Rappelons qu’il a assuré à plusieurs reprises l’exégèse du Coran devant ses disciples. Donc pour toutes ces raisons et pour d’autres que nous ignorons la UMMAH islamique lui a attribué le nom de Cheikh Al Islam. (NDR Université Al Azar (Egypte) 1961.

1. EN 1937, BAYE EFFECTUE SON PREMIER PÈLERINAGE À LA MECQUE

Juste après avoir annoncé son projet d’aller à la Mecque pour un premier pèlerinage, Baye avait provoqué une peur chez ses premiers disciples, qui voyaient que le Cheikh, avec lequel sans lui on peut plus mener une vie sans sa présence sur terre, n’allait par revenir une fois à la Mecque. Baye leur répondit :
« vous craignez que je revienne plus parmi vous ? Sachez que j’ai vu mon retour en premier avant mon départ ».
Il prit le chemin de la ville louée (Maqatal Moukaram) avec des moyens de transport mieux que ceux qu’ont employé ses anciens. Il était accompagné de quelques de ses proches disciples Baye Aladji Abdou Niang, Baye Aladji Amine Sokhna, ainsi que son fils ainé El hadji Abdoulaye Niasse. Son premier voyage à la Mecque était fructueux et ouvra beaucoup de porte. En même temps sa mission d’être le Docteur « des maladies des cœurs soifs de Dieu » commença.

Cela se prouve par le réglage du Tawhidi à certains qui ont eu la chance de lui exposer « leurs maladies ».
Par exemple ce très pieux soudanais qui alla voir Baye pour lui exposer le problème suivant :
Je voyais fréquemment le Prophète en songe durant mon sommeil, mais il est arrivé un moment je le voie plus. J’ai peur d’avoir fait quelque chose de mal sans m’en rendre compte. Je suis foutu ! Se plaignant en ces termes le Soudanien.
Baye lui répondit : « Dit Alhamdoulilah »
« Je voyais le Saint Prophète, je le vois plus maintenant et vous me recommandez de louer le seigneur ? » se demande le fidèle.
« Dit Alhamdoulilah, le Prophète te tenait la main, il t’a conduit à un stade où tu n’a plus besoin d’aide pour avancer dans l’Islam. Le fait que tu ne le vois plus veut alors dire qu’il est parti sauver d’autres personnes qui sont pas encore arrivées à ton niveau avant que ça ne soit trop tard pour eux », lui répondit Cheikh Ibrahim Niasse.
D’une manière simple et très adéquate, Baye a rénové le cœur de ce croyant qu’on peut aussi classer parmi « ces malades de l’époque ».
Il fait un pèlerinage normal comme tout musulman. Il s’est bousculé entre les croyants aux mêmes horaires et aux mêmes endroits. Il s’est même bousculer jusqu’à ce qu’il puisse monter sur la Kaaba. C’est alors qu’Ali Cheyib (le détenteur des clés de la Kaaba) l’aperçu dans la bousculade et lui dit : « fallait me dire que tu veux monter et je te donnerai une heure exclusive à toi seul et tu y entreras avec tes compagnons ». Baye y entra avec ses disciples à l’heure convenue. Baye dit « On y est monté et on y a passé un temps que nul n’a le prix ni en Dirham ni en Dinar ».
Durant aussi ce fameux pèlerinage, Baye nous révèle aussi : «…. Allah m’a donné l’opportunité de tourner autour de la Kaaba tout seul, je n’y ai trouvé personne et nul n’a pu m’y rejoindre ». Ça paraît absurde mais Allah a accordé à Baye cette faveur. Un pèlerinage d’un vrai croyant. A l’étape de la lancée JAMR, Il s’approcha du grand trou pour, à son tour, lancer ses pierres. Certains pèlerins, par erreur, l’ont touché en jetant leurs pierres. Baye demanda le pardon du seigneur sur celui qui vient lancer sa pierre sur l’ennemi de l’ennemi (par référence à IBLISS) de celui qui devait encaisser ces pierres.

Il passa à Médina en premier, un peu partout où il passait il achetait des livres et sympathisait avec des gens pieux qu’il croisait. A noter que certains parvenaient à le distinguer parmi les milliers de pèlerins à travers sa beauté, sa forme et la lumière (de Cheikh Al Islam) qui l’accompagnaient. « J’avais des places ou j’ai commencé à exalter les qualités de Mouhammad (psl) . Après la prière de FAJR, poursuit Baye, je reviens après le petit-déjeuner à la place où le Prophète disait qu’il n’est pas de ce monde pour y prier et exalter mes poèmes sur mon guide Tahaa Nabil tout en étant à ses cotés ».

Une rencontre cruciale s’est aussi produite durant ce pèlerinage : Un homme qu’on avait déjà recommandé d’aller voir Cheikh Ibrahim Niasse se dirigea vers lui et lui indexa à ces propos :
« C’est de toi qu’il s’agit si je me trompe pas ».
Baye lui demanda
« pourrai-je comprendre ? ».
Cet homme haoussa venu vers Barham est bel et bien Abdoulaye Ben ABBAS Bayero.
Ce dernier lui fait savoir qu’il était celui qu’il cherchait car il avait fait des souhaits déjà exaucés : d’être le Roi de Kanô, d’effectuer le pèlerinage à la Mecque. Il ne lui reste qu’un seul souhait en vain, il est Tidiane et il a supplié dieu de le montrer le Khalife de Cheikh Ahmed Tijan Cherif sur terre. Des lors, Baye lui montra mieux à ce qu’il s’attendait et lui fait découvrir a cet homme de nombreux secrets d’un pèlerinage réussi en réactualisant son Wird Tijan. C’est ainsi que Bayero, Roi d’un peuple supérieur à celui du Sénégal, devient Talibé Baye.*

Baye nous dit que chacune de ses prières à la Mecque se sont suivies de pluie. On peut voir à travers cela des vœux exaucés. Il a fait un pèlerinage digne de ce nom en traitent des incompréhensions, en donnant des Li jazzas et du Wird Tijan. Il a pu s’asseoir dans le même salon que le Roi de la Mecque de cette époque, Malik Abdoul Aziz, qui n’a pas pu s’empêcher d’écouter un savoir aussi cohérent venant d’un Cheikh de race noire du Soudan Occidental. Il a combattu des ennemis de la Tijaniya. Certains sont venus lui demander s’il est Tijan. Il leur dit qu’il est dans une communauté dans laquelle on pratique habituellement trois évocations : l’un qui demande le pardon de Dieu, le second qui prie sur son prophète et le troisième qui l’exalte à travers
LAHILAHA ILALAH.
En résumé, Baye avait fait un premier pèlerinage plein.

2. BAYE ET LE PANAFRICANISME

Il est impérieux de rappeler à l’humanité toute entière l’énorme contribution de Cheikh Ibrahim Niass dans la propagation de la sunna, dans l’épanouissement culturel et religieux des peuples d’Afrique et de sa fabuleuse investigation dans le panafricanisme.
Le moment choisi est aussi plein de symboles. Cette visite effectuée à la veille du sommet de l’U.A. n’est pas fortuite non plus.

Le lieu qui abrite le sommet constitue un autre symbole, la Gambie première conquête de Baye Niass dans sa démarche panafricaniste où il noua une amitié avec GARBA JAHUMPA Président de l’Assemblée Nationale de l’époque, un autre panafricaniste ami de feu KWAME KRUMAH ancien Président de Gold Coast(Ghana). Sir Jahumpa avait eu l`amabilité d`introduire NKRUMAH à Cheikh Al Islam. (Birds of same feather flow together)
Cheikh Ibrahim fut parmi les membres fondateurs des organisations mondiales islamiques qui avaient pour objectif de tenir l`Islam en dehors des sphères politiques. Dans sa mission de défenseur de l`Islam, le Cheikh n`a jamais accepté que la religion soit détournée à des fins politiques. Nous regrettons son absence physique en ces moments tumultueux de l`histoire de l`humanité.
Cheikh Ibrahim, avait évité que le nom de l`Islam soit associé à des bains de sang pendant les années sombres du règne de François Tombal Baye, Cheikh Ibrahim est parti en Haute Volta parler à la communauté musulmane et aux autorités temporelles de ce pays, ce qui a conduit à la concorde civile.
Cheikh Ibrahim fut pendant de longues années le Conseiller privilégié de plusieurs chefs d`Etats et rois, parmi lesquels Gamal Abdel Nasser fervent défenseur du panarabisme.
Les Egyptiens des classes supérieures se demandent aujourd’hui encore si Gamal Abdel Nasser aurait réussi à mobiliser le monde arabe autour de sa cause, sans les prestigieux conseils du saint homme.
Les princes Wahhabites avaient, à l`époque, émis le vœu de déplacer la stèle appelée Makhama Ibrahim qui se trouve dans l`enceinte de la Kaaba, grâce à la détermination de Cheikh Ibrahim, les princes ont dû ajourner sine die leur décision après l`avoir écouté.
Tout son argumentaire était fondé sur les préceptes du Coran et de la Sunna. A la suite de ces rencontres, le roi Fayçal Ben Abdel Aziz d`Arabie prenait son avis avant toute décision relative aux réformes touchant les deux lieux saints de l`Islam.
Au cours d`une audience durant le mois de Mai 2004, le Prince Abdallah d`Arabie a récemment rappelé à Cheikh Mamoune Niass (fils de Cheikh Ibrahim), l`apport du saint homme dans la propagation d`un Islam civilisé, ouvert aux mutations contemporaines qui tire sa source dans ce que le Prophète Mouhamad P.S.L a dit à ses compagnons.
En fin théologien de l`Islam, Baye Niass a su expliquer à des gens venus d`horizons divers, l`exégèse du coran et la quintessence de la Sunna. Durant ses nombreux voyages à l`étranger Cheikh Ibrahim a eu à croiser le fer avec les plus grands Oulémas sur l`interprétation de certaines dispositions du livre saint en adéquation avec la Sunna, ce qui a conduit nombres de ces oulémas à faire allégeance et à adopter ou renouveler leur Wird auprès du Patriarche.
Ce fut un des nombreux succès diplomatiques pour le Sénégal pour ne pas dire l`Afrique noire et plus particulièrement pour l`Ecole Niassène qui est une branche de la Tariqa Tijani.
Un autre domaine dans lequel il est important de souligner la réussite de Cheikh Ibrahim c`est sur le plan pédagogique. C`est le cas de Cheikh Ibrahim avec ses Moukhadams à travers le monde. Ils ont reçu du Cheikh la meilleure formation sur le plan ésotérique. A titre posthume, ces Moukhadams lui ont fait l`honneur de transférer ce savoir sans réserve aux nouvelles générations en ouvrant des écoles dans de multiples langues, en gratifiant des cours d`exégèse du coran, de la sunna et des vertus du soufisme.

Le mérite du Saint Homme réside dans le fait qu`il a entamé sa mission en un moment ou voyager n`était pas chose aisée, l’Afrique notre continent était sous domination coloniale, le téléphone portable n`existait pas, l`ordinateur n`était pas encore inventé, et le monde était à la veille de la seconde guerre mondiale.
Un éminent diplomate sénégalais disait de Cheikh Ibrahim qu`il a réussi là où les hommes politiques ont échoué c`est d`avoir concrétisé l`Unité Africaine. Aujourd’hui, il est facile de rencontrer ses disciples de Dakar à Mogadiscio, du Cap au Caire.

3. VISION POLITIQUE

Baye et l’administration coloniale

Il ne serait pas exagéré de dire que Cheikh Ibrahim Niass est l’une des personnalités musulmanes ayant le plus intrigué l’administration coloniale en AOF, de la fin des années 1940 à l’indépendance. Tout en proclamant à chaque fois qu’il se rendait à l’étranger sa loyauté à la France et en prenant notamment soin de rendre des visites de courtoisie aux consulats français, il a toujours gardé une relative autonomie vis-à-vis de l’administration coloniale.

Celle-ci n’était certes pas dupe de ses proclamations de loyalisme, mais dans la mesure où il a toujours pris soin de ne pas s’opposer à elle, et parce qu’il avait une importante clientèle dans toute l’Afrique Occidentale, cette dernière n’a jamais jugé opportun de l’arrêter ou de le déporter comme elle l’a fait pour Hamdallah ou Ahmadou Bamba.

De nombreux témoignages dans ce sens se trouvent dans différents rapports du Bureau des Affaires Politiques du Gouvernement général de l’AOF au ministère de la France d’Outre-mer, qui se trouvent aux Archives du ministère de la France d’Outre-mer basées à Aix-enProvence. Il convient de noter que sur les dossiers personnels des chefs religieux musulmans de l’AOF figurant dans le dossier 5 du carton 2258 conservés dans ces archives, celui de Cheikh Ibrahim Niass était le plus volumineux. Il est constitué en partie de rapports spéciaux de surveillance, et des rapports généraux sur l’Islam en Afrique de l’Ouest. La sous-chemise de Cheikh Ibrahim Niass fait plus de cent pages. Bien que son père fût connu des autorités coloniales, Cheikh Ibrahim Niass n’a attiré l’attention de celles-ci qu’à partir de la fin des années 1940, plus exactement à partir de 1948. Une correspondance abondante entre le ministère de la France d’Outre-mer et le gouvernement général conseillant une surveillance vigilante de Cheikh Ibrahim Niass se trouve dans cette sous-chemise.

Plusieurs raisons poussaient les autorités coloniales à la méfiance. D’abord, du fait qu’Abdoulaye Niass avait toujours gardé ses distances vis-à-vis de l’administration coloniale et n’avait à proprement parler jamais eu sa confiance, cettedernière gardera toujours un préjugé défavorable pour ses successeurs. Ensuite, la diffusion du mouvement de Cheikh Ibrahim Niass s’est faite dans une période relativement courte, entre 1948 et le début des années 1950, période pendant laquelle, nous le savons, étaient formulées des demandes d’émancipation dans les colonies, ainsi qu’un mouvement de panarabisme et panislamisme en provenance des pays arabes dont l’administration coloniale craignait qu’il n’ait d’écho dans les colonies au sud du Sahara.
Par ailleurs, Ibrahim Niass gardait ses distances par rapport au gouvernement général. Plusieurs rapports d’administrateurs témoignent dans ce sens dont nous citerons les suivants :
« Cet homme qui n’a jamais demandé au gouvernement le moindre soutien officiel, la moindre lettre d’introduction, a manifesté récemment le désir de voir le gouvernement local se faire représenter au prochain Mawlid à Kaolack».
Dans le même ordre d’idées :
« Contrairement à ses collègues, grands marabouts, voyageurs et quêteurs, il est bon de noter qu’Ibrahim Niass n’a jamais demandé aucune recommandation ni aucune facilité aux autorités administratives, en échange de ses proclamations de loyalisme».

En mars 1952, soit un an après que Cheikh Ibrahim Niass eut fait sa première apparition publique au Nord-Nigeria et eut été : « ovationné par une foule délirante venue de 300 à 400 kilomètres à la ronde », le commandant Mangin, alors chef du service des affaires musulmanes de l’AOF, avait effectué une mission au Nigeria. Dans son rapport, il faisait en ces termes état de la popularité de Cheikh Ibrahim Niass: Si l’on demande aux musulmans à Kumasi, à Accra, à Lagos, à Porto-Novo, à Ibadan, à Zinder ou dans le Nord du Nigeria, quel grand personnage religieux ils connaissent, tous vous répondent d’une seule voix
« Ibrahima Kaolacki ».

Peu d’entre eux l’ont vu cependant car il n’a fait que deux brefs séjours à Kano et une seule escale entre deux avions à Lagos et à Accra. Rien dans le rapport ne permet de dire que l’objectif de la visite de Mangin était de faire le point sur le mouvement de Cheikh Ibrahim Niass. Toutefois, il y a peu de doute que la diffusion du mouvement en Afrique de l’Ouest préoccupait suffisamment les Français pour justifier à la fois un voyage du chef des services musulmans de l’AOF et la recherche d’une coopération francobritannique pour suivre son mouvement et d’autres mouvements de plus près, comme le prouve le rapport suivant :

Personnage d’une grande intelligence, très lettré dont le loyalisme qu’il manifeste à chaque occasion à notre égard n’est peut-être pas à toute épreuve, mais qu’il y a intérêt à ménager, Cheikh Ibrahim Niass représente une des composantes essentielles des forces islamiques en AOF où son influence se développe continuellement au Sénégal, au Soudan et surtout au Niger.
Ce n’est pas sans inquiétude que l’on voit un homme exercer sur des masses considérables et sans cesse croissantes une attraction poussée fréquemment jusqu’à l’anthropolâtrie et les encadrer dans une organisation qu’il tient bien en main, mais aussi convient-il tout en nous employant à entretenir son loyalisme à l’égard de la France, de suivre son action avec vigilance.

Nous avons donc Français et Britanniques intérêt à poursuivre et à rendre plus complets nos échanges d’informations sur les activités du Cheikh Ibrahim Niass et sur le développement de la force de la Tijaniyya qu’il représente.
Cette note de cinq pages consacrée essentiellement à Cheikh Ibrahim Niass est confortée par de nombreuses autres dans le même sens, y compris celle-ci : L’influence extraordinaire que le Marabout sénégalais Ibrahim Niass de Kaolack a acquise en quelques années au Nigeria, en Gold Coast, et à un moindre degré en Gambie, mériterait d’être suivie de près conjointement par les Britanniques et par nous-mêmes. La discrétion avec laquelle il a mené son action d’organisation de la Confrérie Tijania dans ces régions, la réserve dont il fait preuve visà-vis des administrations coloniales, la passion qu’il a mise au cours de la dernière campagne électorale au Sénégal – à soutenir le thème de la « Défense de l’Islam » constituent, du point de vue de ses relations avec nous, un passif que ne peuvent compenser les exhortations qu’il fait publiquement à ses fidèles d’avoir à obéir aux autorités européennes dont ils dépendent.
L’administration coloniale britannique en Afrique occidentale nourrissait une méfiance tant vis-à-vis des mouvements de réforme au sein de la Tijaniyya que vis-à-vis du mouvement de Cheikh Ibrahim Niass. En 1925, un rapport en ce sens incitait à la vigilance à leur égard :
Special vigilance with regard to Tijani must not be relaxed. It is not the ordinary spread of the Tijani creed so much as the reactionary scheming of pretended revivalists that might rightly cause apprehension… These attempts at reform lead to passionate discussions, excite religious feeling, awaken fanaticism and sometimes provokes bitter conflict, they have also the specially undesirable effect of recalling the minds of the sectaries to the original Morrocan conceptions. These tendencies are moreover especially dangerous in that the doctrine and the simplified rites attract the youthful element with its inclination to disorderly behaviour and its susceptibility to the influence of the hot-beds of pan-Islamic Fanaticism.
En ce qui concerne l’administration britannique, elle se méfiait de Cheikh Ibrahim Niass autant que l’administration française. Mais la forte popularité de Cheikh Ibrahim Niass ainsi que le parrainage des autorités émirales sur lesquelles rappelons-le, les Britanniques s’appuyaient pour gouverner le Nord-Nigeria, jouèrent en sa faveur. Le témoignage suivant est illustratif à cet égard: Les autorités britanniques sont très inquiètes de la prochaine venue d’Ibrahim Niass au Nigeria (de 1957). Elles seraient fort désireuses de s’opposer à ce déplacement, mais n’osent le faire en raison du respect que lui porte l’Emir de Kano, et de la popularité extrême dont il jouit dans la Northern Region. Même si d’une manière générale, la stratégie de Cheikh Ibrahim Niass vis-à-vis de l’administration coloniale était de cultiver le consensus, en janvier 1960, il a fait exception à cette règle. Des déclarations de Monseigneur Lefebvre, futur chef de file de l’église intégriste, avaient suscité une grande polémique et poussé Cheikh Ibrahim Niass à adopter des positions anticléricales et anticoloniales. Dans la France catholique du 18 décembre 1959, Monseigneur Lefebvre déclarait que : On a lancé des phrases qui portent à la révolution : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit à l’indépendance… La mainmise de la Russie ou de la Chine sur l’Afrique devient de jour en jour une réalité ! Chose inattendue pour ceux qui connaissent mal l’Islam : ce sont les pays à majorité musulmane qui se détachent le plus rapidement de l’Occident et font appel aux méthodes communistes, assez semblables à celles de l’Islam : fanatisme, collectivisme, esclavage vis-à-vis des faibles, sont dans la tradition de l’Islam. Cette déclaration provoqua une vive émotion au sein de la communauté musulmane, Cheikh Ibrahim Niass adressa le 5 janvier 1960 une lettre ouverte à Monseigneur Lefebvre, qui se trouvait être un pamphlet très controversé. Il récusa le fait que la liberté, l’égalité et la fraternité aient été réalisées en Europe en citant un auteur occidental qui dénonce lesdroits et privilèges dont continuaient à bénéficier nobles, aristocrates, hommes d’église en Occident et s’en prit à l’église en ces termes : Les travailleurs pauvres et les paysans malheureux paient des impôts de plus en plus lourds, tandis que les prêtres paresseux et oisifs voient leurs biens augmenter à leur profit au point que chacun d’eux détient une richesse beaucoup plus considérable que celle d’un milliard de ses concitoyens réunis, malgré le tapage que font ces privilégiés autour de l’équité, la justice et l’égalité. Il accusa l’église de vivre en s’enrichissant sur le dos des travailleurs. L’église « dont l’œuvre éducative, fit valoir Ibrahim Niass, n’atteint pas le dixième des efforts déployés par les musulmans dans la plus grande partie de l’Afrique pour éduquer les masses ». Il dénonça également le colonisateur et promit une libération prochaine du joug colonial : « quant à la servitude des Africains, voici la question que je pose à ce sujet : ce sont les quelques Européens chrétiens, envahisseurs et colonisateurs de l’Africain, qui ont essayé de les asservir, ou est-ce le contraire ? Ce vingtième siècle est parcouru par un courant de liberté et de nationalisme que rien ne saurait arrêter, par conséquent tous les pays seront gouvernés par leur populations…, l’ère du gouvernement d’un pays par des étrangers est à jamais révolue. Donc l’Afrique aux Africains ! ». Même si Cheikh Ibrahim Niass avait participé en 1952 au mouvement de la «Défense de l’Islam qui fut le thème principal du Congrès socialiste de 1952 », ce dont les administrateurs coloniaux semblent lui avoir tenu rigueur à l’exception de l’épisode Lefèbvre, il a toujours fait montre, à l’instar des autres chefs religieux musulmans sénégalais de volonté de coexistence pacifique. De même la réaction vigoureuse à l’encontre de Monseigneur Lefebvre ne signifie point qu’il soit un antichrétien notoire. Dans ses archives personnelles de Kaolack, on trouve une correspondance datée des années 1970 entre Ibrahim Niasse et différentes autorités catholiques, notamment l’ancien Nonce apostolique d’Afrique occidentale Mario Oliveri, mais aussi avec le Cardinal Marella qui présidait le Secrétariat du Vatican chargé des relations avec les nonchrétiens. Dans une lettre adressée au Nonce apostolique du Sénégal, Cheikh Ibrahim Niass ne disait-il pas : En 1971 déjà, j’avais salué les efforts renouvelés de Sa Sainteté le Pape Paul VI vers la rencontre des religions révélées. A mon humble avis cette attitude n’est point une innovation pour un musulman éclairé, car le Coran nous dit : « Oui, ceux qui ont cru et ceux qui se sont judaïsés, et les Nazaréens et les Sabéens, quiconque a cru en Dieu et au Jour dernier et fait œuvre bonne, pour ceux-là, leur récompense est auprès de leur Seigneur. Sur eux, nulle crainte, et point ne seront affligés ».

4. BAYE A L’INTERNATIONAL

L’année 1937 marque un tournant décisif dans la vie de Cheikh Ibrahim Niass. C’est à cette date qu’il effectua son premier voyage hors du Sénégal et se rend en pèlerinage à la Mecque. Il fait une escale à Fez. Le Shaikh Abd al-Salam al-Sa’id qui, en 1937, était le muqaddam de la zawiya de Fez, après s’être entretenu avec lui, lui dit qu’il était « le successeur (Khalifa) d’Ahmad al-Tijani et l’intermédiaire entre le Prophète, les hommes et Ahmad al-Tijani ».

Fort de cette reconnaissance de la maison mère, Cheikh Ibrahim Niass continue sa route vers la Mecque. Il y fera la rencontre de l’Emir de Kano Abdullahi Bayero, une rencontre, qui non seulement transformera sa vie, mais entraînera une redistribution des cartes dans le champ confrérique ouest africain. De nombreux auteurs sont unanimes sur l’idée que l’émir Abdullahi Bayero vivait une crise psychologico-mystique intense et qu’il s’était rendu au pèlerinage dansle but de rencontrer le qutb al-zaman (pôle du temps). Il se laissa persuader que Cheikh Ibrahim Niass était bien le qutb alzaman qu’il recherchait. Abdullahi Bayero, après avoir renouvelé son affiliation à la Tijaniyya auprès d’Ibrahim Niass, l’invite à lui rendre visite à Kano, au Nord Nigeria. Ce qu’il fit, non pas en 1937, comme l’ont dit certains auteurs, mais en 1946, soit neuf ans après le pèlerinage. La guerre qui a eu lieu entre-temps a dû l’empêcher d’effectuer le voyage.

Lors de sa première visite privée de 1946 qui n’a duré que quelques jours, Cheikh Ibrahim Niass ne rencontre pas la plupart des ulémas de Kano. Toutefois, il avait laissé quelques exemplaires de son ouvrage Kashifoul-albas. A la lecture du Kashifoul-albas qui est une énorme fiche de lecture de la plupart des traités de tasawwuf, les ulémas furent très impressionnés par l’érudition de Cheikh Ibrahim Niass et sa connaissance des plus fines subtilités du tasawwuf. De là, à ce qu’ils se convainquent qu’il était le Qutbou-zaman, il n’y avait qu’un pas à franchir. Ce pas sera vite franchi du fait de l’adhésion de l’émir lui-même et de sa cour, mais aussi des ulémas Salgawa, à la Faydha.
A la différence de Zaria et Katsina, réputées pour l’enseignement de la grammaire arabe. Borno pour la mémorisation du Coran, Sokoto pour le mysticisme, Kano était un centre réputé d’apprentissage de la jurisprudence (fiqh). Le shaikh Mahmud Salga (m. 1937/1356), fondateur de l’école de Salga, était un des spécialistes les plus réputés du fiqh maliki à Kano.
Un nombre important d’ulémas du Burkina Faso, du Niger, du Cameroun, du Tchad et du Nigeria (Sokoto, Kaduna, Zaria, Katsina), ont fréquenté l’école et sont devenus disciples des Salgawa. Après l’allégeance des fils de Salga à Ibrahim Niass à la fin des années 1940, la plupart de leurs disciples et anciens élèves vont reconnaître l’autorité de Cheikh Ibrahim Niass. Ceci a facilité la présence du mouvement de Baye Niass dans beaucoup de pays de la sous région.

Les Salgawa, par leurs écrits, leur prosélytisme, vont contribuer plus que tous les autres à faire connaître Cheikh Ibrahim Niass dès la fin des années 1940 au Nord du Nigeria, au Niger, au Tchad, au Ghana et au-delà. Le mouvement Fityanoul-Islam, fondé par Mahmud Salga au début des années 1960, deviendra par la suite un relais particulièrement actif de la Tijaniyya au Nigeria.

Entre le début des années 1950 et le début des années 1960, le mouvement de Cheikh Ibrahim Niass se diffusa dans tout le Nigeria comme le décrit John Paden.
Reformed Tijaniyya also spread to non-northern urban centers, such as Lagos and Ibadan, owing largely to the influence of Kano traders in those cities and to the devotion of certain key Yoruba leaders to Ibrahim Niass. Reformed Tijaniyya spread to the non Muslim towas of the Middle Belt, such as Wukari. Makurdi and Lokoja. In the Eastern Region, Afikpo became the major center, but there were significant zawiyas in Enugu, Onitsha, and Nsukka. In the Western Region,Reformed Tijaniyya spread to Yoruba towns such as Agege, Shagamu, and IFo. In the mid-west, many of the urban Beni and Itsekiri peoples converted to Islam and followed the leadership of Ibrahim Niasse. Such towns as Yola, Gwambe, and Shellam became predominantly associated with Reformed Tijaniyya… (it) also spread to Muslim cities that had traditionally been opposed to Sokoto, such as Gusau (the center of Zamfara Hausa), Argungu (which fought Sokoto most of the nineteenth century), and Maiduguri, a successor city to Kukawa, which resisted the Fulani jihad.
A la fin de la période coloniale, Cheikh Ibrahim Niass comptait plusieurs millions de disciples dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest, notamment en Mauritanie, au Niger, au Togo, Guinée, Ghana, Burkina Faso, Tchad, mais aussi au Nord du Cameroun.
En Mauritanie, et où de nombreux descendants directs de Muhammadoul-Hafiz lui ont fait allégeance.

5.VISITE DE BAYE AU GHANA

Malgré les contacts déjà établis par El Hadj Baba Makkaranta, venu s’initier au mysticisme à Kaolack, Cheikh Ibrahima Niass n’y pas l’occasion de visiter le Ghana assez tôt. Pourtant, ses relations avec le Ghana seront une donnée très importante de son itinéraire, avec l’amitié qu’il nouera avec Kurumah.

Baye Niass passera une première fois en 1948, sur le chemin de la Mecque, par bâteau (selon le khalife Kâmil Al-amîn). A l’époque,il y avait trois lieux de passages pour les pélerins. celle de 1848, il revint en 1951/52, lors d’une visite grandiose décrite par Baba-alwa-iz. Lors de cette visite, des milliers de personnes se sont converties à l’Islam et à la Tijaniyya. Surtout à yendi, pays des Dagomba, plus de 4.000 personnes se sont converties, en une seule après-midi. Ce fait est corroboré par les colons anglais. Nous ferons suivre la description de Cheikh Baba-al wa-iz. Il revient aussi en visite en pompe en 1963. Après la chute de Kurumah en 1966, il ne serait revenu au Ghana qu’en 1971, lors d’un bref passage. Pour raison de santé, il n’a pu recevoir les disciples. Ils se sont contentés de le saluer à travers une baie vitrée. La renommée Chekh Ibrahim prit de l’ampleur et bientôt des foules déferlantes commençaient à l’accueillir en particulier lors de la visite de 1954. Bientôt Nkuruma commença à s’intéresser à Cheikh Il lui rendit visite un jour et noua de solides relations avec lui. Il continua son compagnonnage avec Baye, lors la visite de Queen Elizabeth, de la construction du barrage d’Abosombé, de l’organisation du sommet de l’OUA à Accra, etc… Il l’appelait affectueusement Papa et ne s’asseyait jamais avec au même niveau.

En ce qui concerne le Ghana, les disciples de Cheikh Ibrahim Niass se sont surtout basés à Accra, Takoradi, Kumasi et Tamalé. Au nord de Tamalé et notamment dans les zones de l’Islam jula, la Tijaniyya omarienne avait d’importants bastions qui n’ont pas répondu favorablement à l’appel de Cheikh Ibrahim Niass. Au Togo où l’Islam est minoritaire, ses disciples sont quelques milliers de personnes, répartis entre les principaux centres de Tchamba, Bafilo, Kri-Kri, Atakpamé, Palimé et Lomé.
Ils appartiennent souvent à l’ethnie Kotokoli et sont constitués en grande partie de jeunes. Dans une étude relativement récente sur la Tijaniyya au Soudan, Sidi ‘Awad Al-Karshani signale que Cheikh Ibrahim Niass compte un nombre important de disciples dans le Darfour et invite à ce que des recherches soient menées à ce sujet. Sean O’Fahey par ailleurs fait valoir que le mouvement de Baye Niass continue à l’heure actuelle d’accueillir des disciples au Darfour et à Kordofan.

Un nombre important de disciples ou de sympathisants de Cheikh Ibrahim Niass le vénérait en raison de leur croyance à ses pouvoirs surnaturels. Il en est ainsi certainement de Kwame Nkrumah l’ancien président du Ghana à qui, il avait été présenté par son disciple Alhaji Noga. Le leader panafricaniste lui vouait une profonde admiration, parce que convaincu de ses pouvoirs exceptionnels. C’est d’ailleurs Kwame Nkrumah qui, au début des années 1960, l’a recommandé à Gamal Abdal Nasser en écrivant à ce dernier pour l’informer de l’arrivée prochaine de Cheikh Ibrahim Niass en Egypte. Nasser reçut Cheikh Ibrahim Niass à son arrivée au Caire.

Le président égyptien fut fortement impressionné par la grande érudition et l’arabophilie de Cheikh Ibrahim Niass. Nasser était convaincu d’avoir rencontré l’homme qui relayerait sa pensée, sa vision panarabe et anticoloniale en Afrique subsaharienne. A partir de cette période, commença entre les deux hommes une coopération à la faveur de laquelle le prestige de Cheikh Ibrahim Niass ne cessera de se renforcer dans le monde arabe où il fut nommé Shaikh al-Islam.

Il présida la prière de vendredi dans la mosquée arabe d’Al-Azhar en 1961, privilège qui auparavant n’avait été donné à aucun Africain de l’Ouest. Au début des années 1960, il fut nommé membre de l’Académie de recherches de l’Université d’Al-Azhar, ensuite Secrétaire Général adjoint de la Ligue Mondiale Islamique basée à la Mecque dont il avait été membre fondateur, puis Vice-président du Congrès Mondial Islamique basé à Karachi.

Au Cameroun, Baye Niass va trouver des adhérents auprès des Jeunes du Pays Bamoon où son mouvement prend la forme d’une opposition larvée aux Lamidos.

Parmi les différents facteurs ayant été déterminants dans la popularité d’Ibrahim Niasse en Afrique de l’Ouest, il faut mentionner son pouvoir charismatique. Selon Mervyn Hiskett, « there is no doubt that the power of his du’a to save or damm was one of the things that laya t the root of Shaykh Ibrahim‘s influence over his millions of followers ».

Baye Niass s’est ainsi fait remarqué à l’occasion de toutes ses pérégrinations à travers maints pays, son bâton de pèlerin à la main, semant la bonne parole axée sur les dogmes de la religion. Que ce soit au Nigeria, en Arabie Saoudite, en Chine, au Ghana, au Nigeria, en Mauritanie, il s’est taillé une renommée qui tire sa source dans sa vaste culture puisant à tous les domaines. Un trait à son honneur: il a converti, contre vents et marées des milliers de gens de races différentes, à la religion musulmane. Baye Niass a donc, toute sa vie durant visiter tous les coins et recoins du monde. Un monde en quête de civilisations et de valeurs. Ainsi De l’Afrique (Maroc, Nigeria, Egypte, Ghana…) à l’Europe (France, Angleterre…) et même jusqu’en Asie (Chine, Arabie Saoudite…) le Cheikh al Islam a su lever haut le drapeau de l’islam et répandre la sunna du prophète (P.S.L) avec brio.

Comme pour dire que c’est un homme qui a devance sa génération car c’est plusieurs décennies après sa disparition qu’on parle de « village planétaire », de mondialisation et ce n’est pas pour rien que le président Senghor après un tête-à-tête avec le saint homme lui dit
« il n’y a aucun doute que vous êtes l’ambassadeur du Sénégal dans le monde entier.»

LES SAGESSES DE BAYE

La religion musulmane est composée de trois degrés ou états spirituels :
1. Islam (Soumission)
2. Iman (La foi)
3. Ihsân (La bonne conduite, perfection)
Et si tu veux tu peux dire la charia (loi), la voie, et la réalité. Et il a 9 stations dans ces 3 degrés : la première est le repentir et la dernière est la connaissance. Les 3 étapes de la religion ont chacune 3 degrés, stations ou demeures.

1°) L’Islam : La première des étapes de l’islam (Soumission à Allah) est appelée : Le repentir (A Tawba), sa réalité consiste à se repentir de l’acte de repentir lui même, car comme le verset Coranique le dit : « Allah est celui qui accepte le repentir, Il est la miséricorde ».
La Deuxième étape de l’islam est :
La rectitude (al istiqaama) c’est-à-dire être sur le droit chemin. Sa réalité essentielle est la permanence en Dieu (Al Baqqa), après l’effacement en Dieu (Al fannaa), car comme le souligne le verset suivant « Allah juge ce qu’il veut ».
La troisième étape de l’islam est :
La crainte révérencielle (A taquwa), elle consiste à se conformer aux lois Divine en pratiquant les vœux d’Allah et s’éloigner de ses interdits sur le plan ésotérique (bâtin) et exotérique (zâhir), craindre Allah en public et en privé. La réalité de cette étape consiste à éviter d’imaginer de son esprit des choses en dehors de Dieu. « Car Allah est la réalité ».

2°) L’Iman :
La deuxième station de la religion s’appelle : La Foi (iman)
La Première étape de cet état spirituel est :
La Véridicité (çidq), elle consiste à pratiquer avec piété la religion et tendre vers le visage de Dieu « Tout périt sauf son visage ».
La Deuxième Station de la foi s’appelle :
La Consécration sincère (Ikhlâs), il s’agit à ce niveau d’appliquer les lois Divines pour le compte du propre visage de Dieu. La réalité de cette étape consiste à comprendre que tout vient de Dieu et tout va vers lui .L’homme n’a aucune responsabilité à ce stade, il n’est impliqué ni de prêt ni de loin dans les actes qui ne sont pas ni de lui ni pour lui. « A Dieu appartient tout ce qui est sur les cieux et sur terre et c’est vers lui que tout retourne .Il a la royauté et la louange »

La troisième station s’appelle : La quiétude de l’âme (Touma’niyatou), il s’agit d’une quiétude par Dieu et pour Dieu. Se suffire en Dieu et avoir la certitude qu’il ne reste pour l’âme aucune alternative en dehors de Dieu .La réalité de cette station est de ne pas espérer de changer ce qui existe ni à vouloir réaliser ce qui n’existe pas encore « Dieu sait quant à vous, Vous ne savez pas », « On ne Lui demande pas de rendre compte, mais on leur demande à eux. »

3°) L’Ihsân :
Cette étape s’appelle l’Ihsân ou la bonne conduite, vertu suprême.
La Première étape de cette station s’appelle :
La vigilance (Mouraqaba) qui consiste à être continuellement en Dieu .Et avoir la certitude que Dieu vous suit de prés et ne jamais enlever cette pensée de votre esprit. C’est l’une des plus importantes stations que les hommes de Dieu connaissent. En effet à cet étape capitale pour ceux qui connaissent Dieu, ils se servent de leurs Vues, l’Ouie pour voir et entendre Dieu dans les manifestations externes du monde .Toute image et tout son renvoient automatiquement à l’unicité de Dieu .Ceux qui sont dans cette étape s’abreuvent directement de la source de la connaissance de Divine, c’est le fruit de la connaissance divine elle-même.

La Deuxième étape s’appelle : La contemplation (Moucha-hadatou) qui consiste de voir Dieu directement sans doute et sans illusion. Cette vision est indescriptible par le Comment et le Pourquoi et elle n’a pas de limite. Et tant que l’homme n’a pas tout effacé en Dieu, il ne pourra atteindre cet échelon. Il doit d’abord s’effacer de lui-même remettre en cause l’existence de « autre et d’autrui » et ramener tout à Dieu.

La Troisième étape de cette station est : La Connaissance (Ma’rifa), c’est la stabilité de l’âme et sa quiétude dans la présence de l’admiration Divine avec un effacement total et une permanence en Dieu. Sa réalité est l’effacement dans l’essence de Dieu (Zàtou) une fois et l’effacement dans l’attribut de Dieu (siffa) Deux ou Trois fois et enfin l’effacement dans le nom de Dieu (ismou) une fois, et le maintient de l’existence par les réalités Divines .Et maintenir également tous les noms dans l’Unique nom de Dieu .Ainsi la connaissance est la dernière des Trois Stations de la religion, le repentir étant la première.

Connaitre les Trois Grands Stations de la religion Musulmane vous guide vers la Distinction entre les Rayons de L’intuition de la Vision intérieur, la Clairvoyance et l’essence de la Clairvoyance .Elle permet également de distinguer nettement entre la Science de la Certitude, la Vision de la Certitude et la Réalité de la Certitude. Elle permet également de faire la différence entre le Devoir envers Dieu, être serviteur et être homme de Dieu.

1. BAYE: LE VIVIFICATEUR DE LA SUNNA MOHAMMADIENNE

Cheikh Ibrahim Niass était un avocat dévoué à la restauration et à la stricte observance des rites de la Sunna du Prophète (P.S.L). Cela, a une époque où certains musulmans, devenus négligents, commerçaient à omettre quelques pratiques recommandées par le prophète (P.S.L)

C’était vrai surtout en ce qui concerne la prière canonique musulmane (le salat), un problème d’une acuité particulière en Afrique. Le Cheikh concentrait ses efforts sur les plus fréquentes omissions de la prière rituelle, en se fondant sur la tradition prophétique : « Priez comme vous me voyez prier ».
Ces omissions était le Qabdu qui consiste à placer la main droite sur la main gauche et le tout sur la poitrine, la récitation de la formule Bismilahi-Rahman-Rahim avant le chapitred’ouverture (Suratul-Fatiha) ; la récitation de sourates du Coran à haute voix, quand la prière est à faire tout haut et voix basse, quand elle doit être faite en silence enfin, lever les mains avant de et après les ruku (se courber). t des Hadiths pour étayer sa position .Dans ce livre , il vilipende les fausses doctrines et aveuglantes et plaide en faveur d’une pratique enracinée essentiellement dans le livre Saint et la Sunna.

2. MYSTÈRE DE LA RÉALITÉ MOUHAMADIENNE

La première chose qu’Allah le très haut a fait exister est la perle blanche (dourratul beydaa) et c’est la réalité mohammadienne. Il jeta sur elle un regard de majesté et à partir d’elle les océans coulèrent par transpiration. Et ces océans continuent de trembler et de s’agiter depuis ce temps jusqu’à nos jours à cause de l’intensité de ce regard majestueux que le tout puissant avait jeté sur la perle blanche.

Et il mit l’eau sur le dos des vents. Tout cela avant la création des cieux et de la terre. Et il créa les cieux et la terre et il créa le siège (kursiy), il créa le trône (arsh). Et le trône est au dessus de tous les univers et il contourne tous les univers et c’est la plus grande des créatures physiques dans la mesure où toutes les créatures sont intégrées en ce trône.
Il créa les sept cieux et les sept terres et il les mit sous le dos d’un poisson. Un poisson dont la tête et la queue se joignent au niveau du trône. Et ce poisson est sur la corne d’un taureau. Il a mis ce poisson qui porte les univers entiers entre les cornes du taureau et le taureau est sur un rocher. Et le rocher est sur la main d’Allah le très haut. (…). Et si Allah veut anéantir ce monde, le poisson ouvre son museau et les océans coulent vers ce museau et s’assèchent en un laps de temps rapide.
« Son trône était sur l’eau » avant qu’il ne conçoive les cieux et la terre. L’eau est la première chose créée après la réalité mohammadienne.
Et le fait que le trône soit sur l’eau ne signifie pas que les deux étaient adjacents l’un à l’autre ; mais l’eau était en dessous et le trône au-dessus. Et entre les deux il n’y avait rien jusqu’à ce qu’Allah créa les cieux et les terres et tout ce qui est sur eux comme créatures.
Allah fit d’Adam le vicaire sur terre et l’installa sur elle. Et les descendants d’Adam y vivront jusqu’à la fin des temps. Les anges ont habité les cieux, les messagers doués de fermeté (ouloul azmi minar rusli) parmi les prophètes ont habité le trône par leurs esprits. Et l’esprit du dernier des prophètes a habité sur le trône et cet esprit qui habite le trône est la réalité mohammadienne et c’est le sens de : « Le Tout Miséricordieux S’est établi «Istawâ» sur le Trône » ce fameux verset qui intrigue les savants qui ne l’ont jamais compris…

3. SON ENSEIGNEMENT ET SON UNIVERSITE

Message de Baye NIASS aux étudiants Louange à Dieu qui a recommandé aux croyants de se rappeler mutuellement. Dieu a dit dans le Coran :
« Et rappelle; car le rappel profite aux croyants ».
Paix et salut soient sur le meilleur des créatures qui dit qu’en Islam il est question d’échange de vues et de conseils.
Ceci dit, à l’occasion du départ des étudiants du Sénégal, je m’adresse, au nom de La mission scientifique, aux étudiants qui se rendent au Caire,
« asimat al ilm » (capitale du savoir islamique) : il leur est recommandé de ne ménager aucun effort dans leur recherche du savoir et d’approfondissement de leurs
connaissances tout en s’accrochant aux sublimes principes de l’islam.
Ceux-ci consistent à craindre Dieu aussi bien ouvertement que dans votre for intérieur; ne manquez pas de L’observer en toute circonstance selon vos capacités et cramponnez vous au Coran de manière à ce que le Livre saint soit constamment sous vos yeux.

Car Dieu Le Très Haut nous a fait don de Sa grâce divine d’avoir la possibilité de rassembler dans notre cœur cette grande Constitution (le Coran) qui nous garantit le bonheur éternel. Ne l’échangez point contre quoi que ce soit :
« Voulez vous échanger le meilleur pour le moins bon ? ».
En fait, j’avais débuté cette lettre en mettant l’accent sur la crainte de Dieu, parce qu’elle est la clé du savoir. Ne vous laissez pas séduire par le matérialisme au détriment du spiritualisme. Si le matérialisme a ses propres adeptes, le spiritualisme a également les siens.
Evitez toute ressemblance avec les gens de cette époque, ceux qui ont été submergés par le matérialisme : « Ceux qui se ressemblent s’assemblent. »
Si vous parvenez à être au service de la religion et à participer au développement du monde, alors ce sera mieux, sinon consacrez vous au service de l’Islam.
Approfondissez vos connaissances en matière de religion. Devenez des soufis, maîtrisez bien tout ce que vous apprenez afin de retourner au pays, et que, parmi vous, l’on puisse constater des avocats, prêcheurs, leaders, mufti, professeurs, écrivains, éducateurs, complets et complémentaires.
Ne souillez jamais votre honneur par des bassesses notamment par des vices qui conduisent à l’enfer. Quel mauvais sort! Donnez la préséance à l’islam puis au patriotisme car le patriotisme fait partie de la croyance.
Ne touchez jamais à la cigarette parce qu’elle est sale de par son nom, son corps et son aspect.
De surcroît, elle est détestée par les anges, ceci est si visible à l’œil nu qu’il n’a même pas besoin d’explication.
Consommez ce qui est licite. Et si je vous ai interdit certaines choses que les autres ulémas ont autorisé ne le faites pas à plus forte raison lorsque ces dernières sont textuellement interdites ou déconseillées par la charia.
La crainte en Dieu est d’obéir à Ses ordres et de ne pas transgresser Ses limites.
Préservez-vous contre tout contact avec les mauvais compagnons surtout les mauvaises.
Imam Malick disait qu’il n’avait jamais fréquenté des débiles. C’est ainsi que je m’adresse à vous en ces termes : « Dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es ».
Dieu a dit dans le Coran
« Par le temps! L’homme est certes, en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance ».
Je vous assure que je reste toujours pour vous un père affectueux et un soutien dans tous les domaines tant sur le plan matériel que sur le plan moral aussi longtemps que vous vous rassemblerez en une seule et unique force. Chacun d’entre vous doit être le soutien de son prochain. Celui qui se met à l’écart du groupe, sera isolé de ma personne. Sachez que j’avais demandé à Dieu que vous soyez tous des saints et Dieu a exaucé ma prière.
Je vous ai donnés tous, dès votre naissance, le nom de ma source de bonheur, mon bien aimé et le bien aimé de Dieu: Muhamed ben Abdullah; serviteur de Dieu et son envoyé. Que Dieu lui accorde Sa Prières et Son Salut. Nezirul umma, Mahyl kufr, Hadyl Bachar, Aminul wahay, Aqibur rusl, Al hasane, Al maky, et Al mamun. J’espère que vous ne choisirez que le chemin que je vous ai tracé : celui que mon père avait choisi pour moi. Ne réservez pas votre savoir pour vous même mais faites en bénéficier à votre communauté, votre pays, enfin au monde entier. Je prie Dieu de prendre protection de votre religion, votre honnêteté et la finalité de vos œuvres. Et je prie Dieu seul qu’Il vous guide vers le droit chemin.
Signé El hadji Ibrahim ibn Al hadji Abdoulah NIASS à Médina Kaolack en 1963.
Son école se trouve dans le cadre de la tradition sénégalaise de formation des étudiants arabisants qu’il a réussi à moderniser plus tard. Effectivement selon, le professeur El Hadji Moustapha Guèye, l’université comprenait 3 sections :
Je vous ai donnés tous, dès votre naissance, le nom de ma source de bonheur, mon bien aimé et le bien aimé de Dieu: Muhamed ben Abdullah; serviteur de Dieu et son envoyé. Que Dieu lui accorde Sa Prières et Son Salut. Nezirul umma, Mahyl kufr, Hadyl Bachar, Aminul wahay, Aqibur rusl, Al hasane, Al maky, et Al mamun.
J’espère que vous ne choisirez que le chemin que je vous ai tracé : celui que mon père avait choisi pour moi. Ne réservez pas votre savoir pour vous même mais faites en bénéficier à votre communauté, votre pays, enfin au monde entier.
Je prie Dieu de prendre protection de votre religion, votre honnêteté et la finalité de vos œuvres. Et je prie Dieu seul qu’Il vous guide vers le droit chemin.
Signé El hadji Ibrahim ibn Al hadji Abdoulah NIASS à Médina Kaolack en 1963.
Son école se trouve dans le cadre de la tradition sénégalaise de formation des étudiants arabisants qu’il a réussi à moderniser plus tard. Effectivement selon, le professeur El Hadji Moustapha Guèye, l’université comprenait 3 sections :
La première correspond à l’élémentaire où les enfants apprennent à lire et s’appliquent à la mémorisation du coran.
Les Daras abondaient dans la cité religieuse et la plupart des enfants mémorisait intégralement le livre au bout d’une plus ou moins longue formation et les séances de récitation se fêtaient comme il se devait. Les différents compagnons que Cheikh Al Islam avaient implanté une école dans la presque totalité de leur maison. Sa motivation est allée jusqu’à emmener des maures authentiques à Médine pour qu’ils puissent transmettre une vocalisation sans ambigüité des lettres et des mots.
Le deuxième niveau partait de l’apprentissage entre autre de la grammaire, de la conjugaison, du droit musulman. Cette école comptait des professeurs spécialistes que Cheikh Al Islam avait personnellement formés.
Le troisième niveau de formation universitaire voir doctoral s’intéressait aux grands débats philosophiques, au sommet de la littérature arabe, aux matières les moins accessibles notamment l’exégèse du livre Saint qu’il assurait lui-même.
Dans le cadre de la réforme de modernisation, il créa un lycée du nom de son père dans la quartier de Sam où on assurait la continuité de la formation des enfants dans un cadre académique reconnu avec des programmes leur permettant d’intégrer les universités étrangères. Cette initiative a vu l’avènement des premiers coopérants tunisiens, marocains et égyptiens envoyés par leurs pays respectifs à médina Baye.

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