Les Etapes de La Priére


« roukoû’ »


« soujoûd»


Tachahhoud intermédiaire


Tachahhoud final



La prière en islam (assâlaat)  

 

1-1 L’importance de la prière

 

  • La « sâlaat » (la prière) est le plus important pilier de l’islam après la « chahadah » (la profession de foi).
  • L’une des dernières recommandations du Prophète Mouhammad, sâllAllââhou alayhi wa sallam (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), à l’attention de sa communauté « oummah », avant qu’il ne quitte ce monde, portait sur le respect de la sâlaat.
  • D’après les « hadiths » (paroles et actes rapportés du Prophète, sâllAllââhou alayhi wa sallam), il est clair que la prière sera le premier devoir au sujet duquel les croyants seront questionnés le Jour du Jugement Dernier.

 

  • Le Prophète Mouhammad (sâllAllââhou alayhi wa sallam) affirmait que la fraîcheur de ses yeux était dans la sâlaat.
  • Quand il (sâllAllââhou alayhi wa sallam) était préoccupé par quelque chose, il allait chercher du soutien de Dieu dans la prière.
  • La sâlaat est un moment durant lequel le croyant converse directement avec Allâh, soubhanahou wa Ta’alaa (gloire à Dieu Le Très Haut). En effet, dans un hadith, il est relaté que lorsque le musulman récite les différents versets de la sourate « Al-Faatiha », Allâh (soubhanahou wa Ta’alaa) lui répond.
  • La prière est également pour le croyant un moyen lui permettant d’exprimer par ses gestes et sa conduite sa totale soumission envers Allâh (soubhanahou wa Ta’alaa).
  • La sâlaat est un moyen de purification extraordinaire des péchés pour le musulman, comme l’a évoqué le Prophète Mouhammad (sâllAllââhou alayhi wa sallam) dans de nombreux hadiths :
    1. « Les cinq prières sont comparables à une rivière d’eau douce abondante à la porte de l’un de vous, dans laquelle il plonge cinq fois par jour. Que pensez-vous qu’il reste de ses souillures ? Rien, dirent les compagnons ! Ainsi, dit le Prophète, les cinq prières, débarrassent l’humain de ses péchés, comme l’eau le nettoie de ses saletés. »
    2. « En vérité, entre l’homme et le polythéisme ainsi que la mécréance, il (n’y) a (que) la négligence de la sâlaat. »[2] (Rapporté par Mouslim)
    3. « La clé du paradis est la prière, et la clé de la prière est la pureté. »

Source : publié par Youmna dans Rappels.

 

1-2 Versets choisis sur la prière

 

« Souvenez-vous de Moi donc, Je vous récompenserai. Remerciez-Moi et ne soyez pas ingrats envers Moi. Ô les croyants! Cherchez secours dans l’endurance et la sâlaat. Car Allâh est avec ceux qui sont endurants. » (2 La Vache : 152-153)

« Et cherchez secours dans l’endurance et la sâlaat : certes, la sâlaat est une lourde obligation, sauf pour les humbles. » (2 Les Bestiaux : 45)

« La sâlaat demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés. » (4 Les Femmes : 103)

« Dis : « En vérité, ma sâlaat, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allâh, Seigneur de l’Univers. À Lui nul associé! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre. » » (6 Les Bestiaux : 162-163)

« Bienheureux sont certes les croyants, ceux qui sont humbles dans leur sâlaat, qui se détournent des futilités. » (23 Les Croyants : 1-3)

« Récite ce qui t’est révélé du Livre et accomplis la sâlaat. En vérité la sâlaat préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel d’Allâh est certes ce qu’il y a de plus grand. Et Allâh sait ce que vous faites. » (29 L’Araignée : 45)

« Ô vous qui avez cru! Quand on appelle à la sâlaat du jour du Vendredi, accourez à l’invocation d’Allâh et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez! » (62 Le Vendredi : 9-10)

« Réussit, certes, celui qui se purifie, et se rappelle le nom de son Seigneur, puis célèbre la Sâlaat. » (87 Le Très-Haut : 14-15)

« Nous t’avons certes, accordé l’Abondance. Accomplis la sâlaat pour ton Seigneur et sacrifie. Celui qui te hait sera certes, sans postérité.  » (108 L’Abondance : 1-3)

 

1-3 Horaire des prières

 

L’heure se décale de jour en jour. Par précaution, laissez passer quelques instants après l’entrée de l’heure de la prière au cas où votre horloge ou montre ne serait pas ajustée.

Il est primordial de ne pas retarder inutilement sa prière quand sa période débute. Allâh est notre Seigneur et nous devons l’aimer plus que toute autre chose ou personne. Par la prière, nous pouvons Lui témoigner notre reconnaissance pour Ses innombrables bienfaits.

 

1-4 Nombre de prières et de cycles par prière

 

« Râkaah » (plur. râkaats) signifie un cycle (ou unité) de prière qui commence par le takbîr et se termine par la 2e prosternation (voir section 3-7 Les piliers).

 

Il y a cinq prières obligatoires à accomplir chaque jour :

Selon les prières, il y a des parties qui se récitent à voix basse, d’autres à voix normale. Cependant, les transitions (Allââhou Akbar, Samia Llââhou limane hamidah, Râbbanaa wa  lakal-hamd) et les salutations (Assalaamou alaykoum) se disent toujours à voix normale.

 

  1. FAJR ou SOUBH (prière de l’aube) : son nom change dans certaines régions du globe. Constituée de deux râkaats, à réciter à voix normale. Il est fortement recommandé de la faire précéder de deux râkaats qui sont surérogatoires (non obligatoires ou sounnahs), mais extrêmement importantes, à réciter à voix basse. Le hadith suivant met en relief cette importance:

 

Selon Aïcha (une de ses épouses), le Prophète (sâllAllââhou alayhi wa sallam) a dit: « Les deux unités de prière avant la prière de l’aube valent mieux que ce bas monde et tout ce qu’il renferme ». (Rapporté par Mouslim)

CHOUROUQ (lever du soleil) : ceci n’est pas une prière. Il définit la fin de la période de la première prière de la journée (fajr). Entre après la prière de fajr et le lever du soleil, on ne doit pas faire de prières surérogatoires (non obligatoires).

 

  1. DHOHR (la prière de midi, lorsque le soleil a décliné de son zénith) : constituée de quatre râkaats, à réciter à voix basse.

 

  1. ASR (prière de l’après-midi ou la prière médiane) : constituée de quatre râkaats, à réciter à voix basse. La prière de asr est particulière, car Allâh (soubhanahou wa Ta’alaa) a décrété « Soyez assidus aux sâlaats et surtout la sâlaat médiane; et tenez-vous debout devant Allâh, avec humilité. » (2 La Vache : 238). Entre après la prière de asr et le coucher du soleil, on ne doit pas faire de prières surérogatoires.

 

  1. MAGHRIB (prononcer marrib) (prière après le coucher du soleil) : constituée de trois râkaats, à réciter pour les deux premières râkaats à voix normale et pour la dernière à voix basse.

 

  1. ICHA (prière du soir) : constituée de quatre râkaats, à réciter pour les deux premières râkaats à voix normale et les deux dernières à voix basse.

 

1-5 Prières surérogatoires recommandées (nawaafil)

 

Ces prières ne sont pas obligatoires, mais elles augmentent vos bonnes actions, effacent vos mauvaises actions, accroissent votre foi et vous rapprochent de Dieu. Notez bien qu’on ne fait pas l’« adhaan » (appel à la prière) ni l’« iqââmah » (l’annonce de la prière) pour les prières surérogatoires.

 

Voici le nombre de râkaats (cycles) surérogatoires en lien avec les prières obligatoires (sâlaat) :

On appelle ces prières rawâtib.

 

2 avant fajr 4 (ou 2) avant dhohr 2 après dhohr 2 après maghrib 2 après icha

 

 

Autres prières surérogatoires :

 

Witr : prière très recommandée constituée d’une ou plusieurs râkaats impaires après icha.

Ali (qu’Allâh soit satisfait de lui ) a dit: « La prière du witr n’est pas obligatoire comme le sont les cinq prières, mais le Prophète faisait le witr », puis il a dit: « Ô gens du Coran, faites la prière impaire, car Allâh est impair et Il aime les choses impaires ». (rapporté par At-Tirmidhi)

Les prières surérogatoires se font par groupe de deux râkaats. Pour prier witr, soit qu’on conclue en ne priant qu’une seule râkaah, soit qu’on conclue par un groupe de trois râkaats. Dans ce dernier cas, on ne doit pas faire le tachahhoud après la deuxième râkaah pour ne pas que la prière de witr ressemble à la prière de maghrib.

 

Douha : 2, 4, 6 ou 8 râkaats après le lever du soleil et avant l’arrivée de celui-ci au zénith (c’est-à-dire au plus haut dans le ciel, avant la prière de dhohr).

Abou Hourayra (qu’Allâh soit satisfait de lui)a dit : « Mon ami intime (le Prophète, sâllAllââhou alayhi wa sallam) m’a recommandé d’observer trois choses que je n’abandonnerai qu’à ma mort : jeûner trois jours chaque mois, faire la prière de douha et prier witr avant de dormir. » (rapporté par Al-Boukhârî)

 

Salutation à la mosquée (tahiyyat al-masjid) : Lorsque vous arrivez à la mosquée, pour une sâlaat ou un rendez-vous, il est recommandé d’effectuer une prière de deux râkaats. Par contre, si la prière de groupe est déjà commencée, joignez-vous au groupe.

Selon Aboû Qâtaada As-Soulamî (qu’Allâh soit satisfait de lui), l’Envoyé d’Allâh (sâllAllââhou alayhi wa sallam) a dit: « Lorsque l’un d’entre vous entre dans une mosquée, qu’il fasse une prière de deux râkaats avant de s’asseoir ». (Rapporté par Mouslim et Al-Boukhârî)

 

Moments de la journée où il ne faut pas prier

Il y a trois moments de la journée où il ne faut pas prier: lors du lever du soleil (chourouq), lorsque le soleil est au zénith, et entre la prière de asr et celle de maghrib.

 

Une des raisons est qu’il ne faut pas prier en même temps que ceux qui adorent le soleil. Par contre, les savants sont d’accord sur le fait que les prières obligatoires manquées par sommeil ou oubli doivent être faites tout de suite, même si on se trouve dans une heure où la prière est interdite.

 

1-6 Les conditions de la prière

 

Tous les éléments suivants sont nécessaires pour la validité de la prière ; ils doivent être réunis avant le début de la prière.

Les conditions sont au nombre de huit :

 

  1. L’islam (être musulman).
  2. La raison (être conscient).
  3. L’âge de discernement (entre le bien et le mal) c.-à-d. à la puberté.
  4. La purification (ablutions majeures et mineures – voir section 5- Les ablutions).
  5. La suppression des impuretés du lieu de la prière, des habits et du corps.
  6. Se couvrir les parties intimes (pour l’homme : la partie se trouve entre le nombril et les genoux ; pour la femme : tout le corps sauf le visage et les mains).
  7. L’entrée de l’heure de la prière.
  8. L’orientation vers la Qibla (la maison sacrée de Dieu à la Mecque), sauf pour le voyageur en cas de difficulté pour définir la Qibla, l’opprimé, le malade et la personne en détresse.

 

 

1-7 Les piliers (actes obligatoires) de la prière

 

Ils constituent les fondements de la prière. Si ils sont involontairement oubliés ou ajoutés ils requièrent réparation (voir Annexe, 8-1 Comment réparer sa prière), sinon la prière n’est pas valide. Ils sont prioritaires dans l’apprentissage et sont en rouge à la section 6.

 

Les piliers sont au nombre de quatorze:

  1. L’intention (an-niyya) de faire telle ou telle prière. Celle-ci doit être faite intérieurement.
  2. La quiétude et l’apaisement dans l’accomplissement de chaque pilier.
  3. Respecter l’ordre d’exécution des piliers
  4. Se tenir debout pour celui qui en a la capacité.
  5. Dire : « Allââhou Akbar » (Dieu est Le Plus Grand) au début (takbîrâtoul-ihrââm).
  6. Réciter la sourate L’Ouverture (Al-Faatiha).
  7. S’incliner (roukoû).
  8. Se redresser après l’inclinaison (qiyaam).
  9. Se prosterner (soujoûd) sur sept membres: la tête (front et nez), les mains, les deux genoux et les deux pieds.
  10. Se redresser en position assise (jouloûs) après la prosternation.
  11. Se prosterner une deuxième fois sur sept membres.
  12. Réciter l’attestation finale (tachahhoud) en position assise.
  13. Réciter la prière de salutations sur le Prophète (sâllAllââhou alayhi wa sallam).
  14. Saluer « assalaamou alaykoum » (taslîm) en tournant le visage vers la droite.

 

 

1-8 Les actes qui annulent la prière

 

Il importe de se concentrer durant sa prière. Certaines choses sont interdites durant la prière et on devra la recommencer si l’on fait un de ces actes. Les actes annulant la prière sont au nombre de six :

  1. Manger et boire.
  2. Parler volontairement (autrement que pour ce qui doit être dit).
  3. Multiplier les gestes inutiles de façon ample ou successive durant la prière.
  4. Abandonner volontairement et sans excuse une condition ou une obligation de la prière.
  5. Perdre ses ablutions.

 

1-9 Les actes recommandés « sounnah » de la prière

 

Certaines parties de la prière sont sounnah, c’est-à-dire que le Prophète (sâllAllââhou alayhi wa sallam) avait l’habitude de les pratiquer, mais ces parties ne sont pas obligatoires pour la validité de votre prière. Il y a davantage de récompenses à accomplir ces actes, mais ne pas les faire n’annule pas la prière, nous les accomplissons pour suivre l’exemple de notre Prophète (sâllAllââhou alayhi wa sallam). Parmi les 20 points suivants, il y a en cinq (avec un u) qui si oubliés requièrent réparation en faisant deux prosternations (voir Annexe, 8-1 Comment réparer sa prière). Les actes recommandés sont :

  1. La « soutrah » : objet que l’on place entre soi et la Qibla, pour éviter que quelqu’un passe devant soi pendant la prière. On doit empêcher les gens de couper sa prière.
  2. Lever les mains au moment du « takbîr » (Allââhou Akbar).
  3. Poser la main droite sur la main gauche en les mettant sous sa poitrine.
  4. Avoir les yeux ouverts et regarder vers l’endroit de la prosternation (soujoûd), sauf durant le tachahhoud où l’on regarde son index droit.
  5. Invocation (doua’) dit après le premier « Allââhou Akbar » (Allâh est Le Plus Grand) de l’ouverture (takbîrâtoul-ihrââm).
  6. Dire « al-istiaadhah » à voix basse : « Adhou bi-Llaahi minach-chaytââni rrâjîm » (Je cherche protection auprès d’Allâh contre Satan le maudit) avant la récitation de sourate Al-Faatih
  7. Dire à voix normale : « Aamîîne » à la fin de la récitation de sourate Al-Faatiha (L’Ouverture).
  8. Dans les deux premières râkaats (cycles de prière), après avoir récité la sourate AlFaatiha (L’Ouverture), faire suivre d’un ou plusieurs autres chapitres (sourates) ou versets (ayat), qui peuvent être différents de ceux présentés dans ce document.
  9. (u) Dire tous les takbîrs de transition « Allââhou Akbar » (Allâh est Le Plus Grand); celui du début de la prière qui est un pilier.
  10. Avoir le dos droit durant l’inclinaison (roukoû), qu’un verre d’eau pourrait y tenir.
  11. (u) Dire : « Soubhaana Râbbiyal-Adhîm » (Gloire à mon Seigneur Le Sublime) durant l’inclinaison au moins une fois.
  12. (u) Dire : « Samia Llââhou limane hamidah » (Allâh écoute ceux qui le louent) et « Râbbanaa wa lakal-hamd » (Notre Seigneur ! À Toi la louange) en se levant de l’inclinaison.
  13. Poser les deux mains et ensuite les genoux, puis le front et le nez lors du mouvement de prosternation vers le sol (d’autres savants sont d’avis que nous devons déposer en premier doucement les genoux par terre, puis les mains).
  14. (u) Dire : « Soubhaana Râbbiyal-Aalaa » (Gloire à mon Seigneur Le Très-Haut) durant la prosternation au moins une fois.
  15. Dire : « Râbbirfirlî » (Ô Seigneur pardonne-moi) entre les deux prosternations.
  16. Prendre appui sur ses poings pour se lever vers la râkaah suivante.
  17. (u) Dire la première attestation (tachahhoud) tout en restant assis.
  18. Doua’ (invocation) après la dernière attestation (tachahhoud) et avant la salutation (taslîm).
  19. La seconde salutation en tournant le visage vers la gauche.
  20. Doua’ (invocation) après les salutations.

 

C’est-à-dire que le Prophète tenait à la prière comme à la prunelle de ses yeux.  Pendant la prière, on communique directement avec son Créateur.

C’est-à-dire que la négligence des prières rapproche le fidèle de l’incroyance et du polythéisme.

Par voix basse nous voulons dire de telle sorte que votre récitation soit inaudible pour les gens à côté de vous.