Les Ablutions en image

                                    

                                         

                                                                      

                                                

                                                                      

                                      

                                                                      

                   


A-1 Introduction

La purification est un préalable indispensable à la prière. Dieu dit dans le Saint Coran :  «…Dieu aime ceux qui se repentent et ceux qui se purifient.» (2 La Vache : 222).

Principes généraux de la purification (at-tahaarâ) :

 La purification du corps.

La purification des habits.

La purification du lieu de l’accomplissement de la prière.

On entend par purification l’enlèvement de toutes impuretés de notre corps, de nos vêtements et de notre lieu de prière (ex. : tapis de prière), qui sont classées traditionnellement comme suit :  Le sang Le pus

Le vomi

Les urines et les selles (et généralement tout ce qui sort des deux voies naturelles.

Notez qu’il est recommandé de ne pas parler pendant qu’on fait ses besoins, encore moins de prononcer le nom d’Allâh. Après, les parties intimes doivent être soigneusement nettoyées de la main gauche avec de l’eau contre toutes formes d’impuretés. Cet acte s’appelle l’istinjaa. La toilette est un lieu d’isolement pour ses besoins ; il importe de délimiter et distinguer la toilette du reste de la salle de bain.

Du’a en entrant aux toilettes : « Bismillah, Allââhoumma innî aoudhou bika minalroubthi wal-râba’ïth. » (Au nom de Dieu, Ô Seigneur, je prends refuge auprès de Toi contre les démons mâles et femelles.)

Du’a en sortant des toilettes : « Roufraanak » (Ton pardon, Ô Seigneur.)

Le sperme (et généralement tout ce qui est sorti du sexe avec ou sans plaisir.)

La salive du chien et du porc (selon certains : même les traces de viande de porc et d’autres animaux licites devraient être nettoyées. Il y a différents points de vue)

Le vin (chez certaines écoles, c’est en général l’alcool qui est impur).

Préambule de l’ablution :

D’abord, il faut avoir au fond du cœur l’intention d’accomplir les ablutions pour valider le reste.

Le lieu où l’on se purifie doit être tenu propre. Une toilette sale ne serait pas convenable.

Dire la basmalah « Bismi Llaahi Rrâhmaani Rrâhîm » (Au nom de Dieu, le Clément et le Miséricordieux) soit avant d’entrer dans la salle de bain à voix audible, soit devant le lavabo ou le bain à voix inaudible.

Ôter tout ce qui fait obstacle entre l’eau et la peau (crème qui ne laisse pas passer l’eau, vernis à ongles, etc.).

Vérifier la pureté et le caractère licite de l’eau utilisée (éviter les choses qui troublent l’odeur, la saveur ou l’apparence).

Commencer toujours chaque étape par la droite.

Exécuter les ablutions sans interruption, sauf très brèves et pour quelque chose de licite.

 

 

A-2 Actes qui rendent obligatoires les ablutions

 

Les ablutions sont annulées pour l’une des raisons suivantes (et doivent être refaites) :

 

Les petites ablutions :

  1. La sortie de quelque chose par les voies naturelles comme : selle, urine, ou gaz (quand on l’entend ou qu’on le sent).
  2. Le sommeil profond. Cependant, on n’a pas nécessairement à refaire les ablutions dans le cas d’une somnolence en position assise. Anas en donne cette confirmation : « Les compagnons du Prophète (sâllAllââhou alayhi wa sallam) attendaient la prière de la nuit (alichaa), agitant la tête de sommeil, puis se levaient et s’acquittaient de leur prière sans qu’ils fassent leurs ablutions. » (Rapporté par Abou Daawoud).
  3. Toucher les organes sexuels directement avec la paume de la main, soit sans tissus ou autre entre la paume et les organes.
  4. Le vomissement (seulement recommandé si en grande quantité).
  5. L’évanouissement, la syncope ou la folie.
  6. L’anesthésie.
  7. Manger de la viande de chameau.

 

Les grandes ablutions :

  1. Suite à l’éjaculation du sperme pour l’homme ou le liquide orgasmique de la femme, et ce, pendant le sommeil ou à l’état d’éveil.
  2. Après l’acte sexuel, soit la rencontre des deux sexes, accomplie lorsque le gland du pénis pénètre dans le vagin, et ce, même si l’éjaculation n’est pas survenue.
  3. Lors de la fin des menstruations et des lochies, soit après la fin de l’écoulement de sang.

De plus, il est recommandé de faire les grandes ablutions au moins une fois par semaine, de préférence le vendredi matin avant la prière du midi à la mosquée (sâlaat joumouaa, obligatoire pour les hommes).

 

A-3 À propos des menstruations et des prières

Si vos règles débutent avant que vous n’ayez effectué la prière dont le temps est déjà commencé, cette prière devra être reprise lorsque vous aurez terminé vos règles et que vous aurez fait vos grandes ablutions.

La fin des règles correspond à au moins un des critères suivant :

(a) l’assèchement du vagin, vérifiable par l’insertion d’un tampon de coton ; (b) le retour des pertes blanches.

Le temps de prière durant lequel vos règles sont terminées, selon le critère a ou b, sera celui à partir duquel vous devez reprendre vos prières. Ainsi, quand vous aurez déterminé la fin de vos règles, vous faites vos grandes ablutions, vous reprenez au besoin la prière que vous n’aviez pas faite à temps avant le début de vos règles, puis vous recommencez à prier à partir de la prière dont le temps correspond à la fin de vos règles selon ce qui est décrit précédemment.

Plusieurs savants sont d’avis qu’il faut reprendre des prières supplémentaires en plus de celles décrites ci-dessus. Si vos règles sont terminées avant l’entrée de maghrib, ils recommandent de prier dhohr en plus de asr, si elles sont terminées avant l’arrivée de l’aube (fajr), ils recommandent de prier maghrib en plus de icha.

Pour plus de détails, nous vous recommandons de vous référer à un livre de jurisprudence (fiqh) ou de vous adresser à l’imam d’une mosquée ou un savant.

A-4 La petite ablution

 

  1. Les petites ablutions commencent par l’intention (an-niyya). Le croyant dit ensuite : « Bismi Llaahi Rrâhmaani Rrâhîm », ce qui signifie : « Au nom d’Allâh, Le Clément, Le Miséricordieux ».
  2. Laver les mains jusqu’aux poignets trois fois, poignets inclus et en faisant couler l’eau entre les doigts.
  3. Rincer la bouche et le nez en prenant une poignée d’eau dans la main droite, moitié pour la bouche, moitié pour le nez, trois fois. Si cela est difficile faire la bouche trois fois en prenant de l’eau à chaque fois et en faisant circuler l’eau dans la bouche pour la recracher ensuite. Puis faire le nez trois fois en inspirant l’eau au creux de sa main afin qu’elle entre assez profondément sans toutefois se faire mal et l’expirer des narines ensuite. Faire attention en cas de jeûne pour que l’eau ne descende pas à la gorge.
  4. Laver le visage trois fois en vérifiant que l’eau se répand sur tout le visage, de la lisière des cheveux au menton et de la tempe droite à la gauche et qu’elle pénètre bien dans la barbe pour les hommes.
  5. Laver le bras droit à partir du bout des doigts jusqu’au coude trois fois, coude inclus.
  6. Laver le bras gauche à partir du bout des doigts jusqu’au coude trois fois, coude inclus.
  7. Passer les mains mouillées sur la tête d’avant vers l’arrière, revenir de la nuque vers l’avant et masser les oreilles à l’intérieur et extérieur avec l’index dans l’oreille et pouce derrière l’oreille, cela une fois.
  8. Laver le pied droit jusqu’à la cheville, cheville incluse, tout en faisant passer l’eau entre les orteils.
  9. Laver le pied gauche jusqu’à la cheville, cheville incluse, tout en faisant passer l’eau entre les orteils.
  10. Puis pour conclure, au lavabo à voix inaudible ou après être sorti de la salle de bain à voix audible, réciter la chahada :

« Ach’hadou allaa ilaaha illa-Llââh, wahdahou laa charîka lah, wa ach’hadou anna Mouhammadane abdouhou wa râssoûlouh »

ce qui signifie :

« J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu que Dieu, L’Unique, Il n’a point d’associé, et j’atteste que Mouhammad est son serviteur et son messager ».

 

A-5 La grande ablution (rousl)

Si vous faites vos grandes ablutions, vous n’avez pas à faire les petites en plus avant de prier, sauf si ces dernières ont été annulées (voir 5-2 Actes rendant les ablutions obligatoires).

  1. La grande ablution commence par l’intention (an-niyya). Le croyant dit ensuite :’« Bismi Llaahi Rrâhmaani Rrâhîm ». Comme pour la petite ablution, il faut prendre soin à ne pas gaspiller l’eau et n’utiliser que celle dont on a besoin.
  2. Se laver les mains trois fois en commençant par la droite, puis bien purifier les parties intimes ou les endroits souillés, avec de l’eau pure en utilisant la main gauche.
  3. Faire la petite ablution (voir ci-haut) sauf les pieds qu’on garde pour la fin.
  4. Rincer la tête avec trois poignées d’eau afin que celle-ci pénètre jusqu’au cuir chevelu.
  5. Passer de l’eau sur tout le reste du corps (épaule, ventre, dos…) en n’oubliant pas les aisselles et le nombril. Commencer par la partie droite du corps (avant, arrière), puis finir par la partie gauche (avant, arrière) en prenant soins de frotter tout le corps de la main droite.
  6. Enfin, de la main droite, il faut laver les pieds que nous avons laissés lors de l’accomplissement de la petite ablution.
  7. Puis pour conclure, au bain à voix inaudible ou après être sorti de la salle de bain à voix audible, réciter la chahada.

 

5-6 L’ablution sèche (la lustration pulvérale ou at-tayammum)

 

S’il arrive un jour de ne pas avoir d’eau à sa disposition pour faire ses petites ou ses grandes ablutions ou d’être malade et que le contact de l’eau vous est nocif, après s’être assuré que ses parties intimes soient propres, la personne peut faire les ablutions sèches de la façon suivante :

 

Faire l’intention de ses ablutions; le croyant doit dire : « Bismi Llaahi Rrâhmaani Rrâhîm ». Poser les mains sur de la terre, du sable ou une pierre propre, secouer légèrement la poussière des mains. Passer les mains une fois sur le visage. Reposer les mains sur la terre, le sable ou la pierre (selon certains savants il n’est pas obligatoire de reposer les mains sur la terre, le sable ou la pierre), puis essuyer les mains une fois jusqu’aux poignets inclus en commençant par la droite (il est possible aussi d’aller jusqu’aux coudes inclus). Réciter la chahada.

 

Les ablutions sèches peuvent remplacer tant la grande que la petite ablution, mais elles ne servent que pour une seule prière obligatoire (et les râkaats surérogatoires qui la suivent). On refait tayammum avant chaque prière pour se purifier tant qu’on n’a pas assez d’eau ou que d’utiliser l’eau soit contre-indiqué pour des raisons de santé.

 

 

A-7 Les ablutions sur le foulard ou le turban, les chaussettes ou les souliers

 

La pratique de l’islam est une bénédiction et des options existent pour nous faciliter cette pratique. Allâh, dit dans le Coran : « Allâh ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants. » (5, La Table servie : 6). Ainsi, il est permis d’effectuer ses petites ablutions par-dessus son foulard ou turban et ses chaussettes ou souliers lorsque ces vêtements ont été mis après avoir effectué ses ablutions normalement sur la peau. Cela est une facilité dans notre société, beaucoup plus rapide pour nous, et respectueux des non-initiés à l’islam qui pourraient être étonnés ou choqués de voir des musulmans se mettre les pieds dans les lavabos.

 

La procédure est similaire aux ablutions normales. Faire l’intention de ses ablutions, dire « Bismi Llaahi Rrâhmaani Rrâhîm », laver les mains trois fois, rincer la bouche et le nez trois fois, laver le visage trois fois, laver le bras droit, puis le bras gauche trois fois, passer ses doigts mouillés à la lisière des cheveux, puis passer une fois les mains mouillées sur le foulard ou le turban, masser les oreilles une fois, passer les mains mouillées une seule fois sur le dessus des chaussettes ou des souliers (pas le dessous), réciter la chahada.

 

Il est permis de faire ses ablutions ainsi pendant un jour et une nuit depuis les dernières ablutions pour le résident et trois jours et trois nuits pour le voyageur. Cependant, cette permission cesse si ces vêtements sont retirés, si la période permise est écoulée ou s’il y a nécessité de faire le rousl (la grande ablution). Prenez toujours la peine de faire vos ablutions avant de vous habiller et de sortir, cela facilitera votre pratique à l’extérieur!

 

 

 

A-8 Mérite des ablutions

 

Selon Oumar Ibn Al-Khattaab, le Prophète (sâllAllââhou alayhi wa sallam) a dit :

« Toutes les fois que l’un de vous fait ses ablutions avec le plus grand soin, puis dit : « J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu que Dieu, L’Unique, Il n’a point d’associé, et j’atteste que Mouhammad est son serviteur et son messager », aussitôt les huit portes du Paradis lui sont ouvertes et il y entre par celle qu’il veut. » (Rapporté par Mouslim et At-Tirmidhi).

Selon Abdoullâh El Sanabijy, le Messager de Dieu (sâllAllââhou alayhi wa sallam) a dit :

« Quand le Serviteur de Dieu fait ses ablutions, il rince sa bouche alors les péchés sortent de la bouche, il inspire et expire l’eau et les péchés sortent de son nez, lorsqu’il se lave le visage, les péchés s’en dégagent même dessous de ses cils, il lave les mains, et les péchés sortent même d’en dessous de ses ongles, lorsqu’il s’essuie la tête, les péchés sortent même de ses oreilles, lorsqu’il se lave les pieds, les péchés s’en dégagent même d’en dessous des ongles de ses orteils, puis à la fin, lorsqu’il marche vers la mosquée, ses pas et sa prière seront des actes surérogatoires. » (Rapporté par Malek, Nasaiy, Ibn Maja et Hakim).

Selon un autre hadith (rapporté par Mouslim) le Prophète (sâllAllââhou alayhi wa sallam) a dit :

« Voulez-vous que je vous indique ce qui absout les péchés et élève en degrés ? Oui, dirent les compagnons. C’est, répondit-il, bien faire ses ablutions, là où il est malaisé de les accomplir, parcourir de longues distances pour se rendre aux mosquées et attendre la prière. »

 

Après l’ablution on peut dire l’invocation suivante (rapportée par At-Tirmidhi) :

«Ach’hadou allaa ilaaha illa-Llââh wahdahou laa charîka lah ;  wa ach’hadou anna Mouhammadane abdouhou wa râssoûlouh ; 

Allââhoumma jalnî minat tawwaabîna, wa jalnî minal moutatâhhirîne. »

 

« J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu que Dieu, L’Unique, Il n’a point d’associé ; 

et j’atteste que Mouhammad est son serviteur et son messager ;  mon Seigneur, compte-moi parmi les repentants et les purifiés. »